Voici la Prière de repentir d'un pécheur qui est pénétré d'une grande frayeur des jugements de Dieu, mais qui est en même temps plein de confiance dans sa miséricorde « Ô mon Dieu, j'ai honte de lever les yeux devant Vous parce que mes iniquités se sont accumulées sur ma tête » donnée par Monsieur l’Abbé Pierre-Joseph César Bulo (1818-1871), Prêtre du Diocèse de Malines et ancien professeur de Religion à l'Athénée royal d'Anvers, auteur d’un Manuel de Prières dans ces heures d'épreuves de la maladie : « Le Chrétien souffrant ».

La Prière de repentir d'un pécheur « Ô mon Dieu, j'ai honte de lever les yeux devant Vous parce que mes iniquités se sont accumulées sur ma tête » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo :
Peut-être plus près que je ne le crois de comparaître, ô mon Dieu, devant le redoutable Tribunal de votre Majesté, criminel que je suis, que resterait-il à mon âme désolée qu'un affreux désespoir, une confusion et des supplices éternels, si Vous me traitiez comme le mérite la multitude de mes péchés ?
Oui, mon Dieu, je suis dans la confusion, j'ai honte de lever les yeux devant Vous parce que mes iniquités se sont accumulées sur ma tête, et que mes péchés se sont accrus et sont montés jusqu'au Ciel.
Né dans le sein de votre Église, régénéré par les eaux salutaires du Baptême, hélas, que j'ai eu bientôt souillé ma robe d'innocence !
Oui, mon Dieu, je confesserai devant Vous mes iniquités ; je ne suis devant Vous qu'un objet de colère ; je n'ai rien à répliquer devant mon Juge ; non, il ne me reste donc plus qu'une attente effroyable du Jugement et de l'ardeur du feu qui doit dévorer éternellement vos ennemis.
Mais, ô mon Dieu, c'est parce que mes iniquités sont énormes et sans nombre, et que mille vies passées dans les travaux de la pénitence la plus rigoureuse ne seraient pas capables d'en expier la plus légère, c'est pour cette raison que Vous aurez pitié de moi ; car Vous êtes plein de miséricorde, et Vous mettez votre gloire à pardonner de grandes iniquités ; Vous ne voulez pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive ; c'est là mon refuge, ô mon Dieu, c'est là le motif de ma confiance, vos grandes miséricordes.
Père tendre, qui ne châtiez dans cette vie vos enfants que pour leur accorder une miséricorde éternelle, j'accepte, comme un effet de votre amour pour moi, la maladie que Vous venez de m'envoyer.
Faites-moi la Grâce que cette dernière heure de ma journée soit employée à votre service.
Il n'est que trop vrai, j'ai passé la plus grande partie de ma vie sans rien faire ; mais je déplore amèrement ce temps que j'ai perdu en aveugle ; ayez pitié de moi, et faites que la charité que votre Esprit-Saint répand en ce moment dans mon âme supplée à ce qui me manque ; qu'elle purifie mon cœur et l'embrase des flammes du saint amour.
Malheureux que je suis, j'ai commencé trop tard à Vous connaître et à Vous aimer, ô Vérité !
Ô Beauté si ancienne, mais toujours si nouvelle !
Ne dédaignez pas cependant, ô mon Dieu, ce reste de ma vie que je Vous consacre : que mon sacrifice le consomme selon Vous, et qu'il Vous soit agréable.
Je me soumets avec résignation à toutes les suites de la mort, les ténèbres, les vers, la pourriture, l'horreur du tombeau, la dissolution de mon corps.
Il est juste que ce corps, qui a été l'instrument de tant de péchés, ait aussi part à la punition qu'ils méritent ; mais, ô Dieu de mansuétude, faites que ce ne soit pas pour toujours.
Je sais que mon Rédempteur est vivant, et qu'à la fin des temps Il me ressuscitera de la poussière ; et lorsque ces membres seront de nouveau revêtus de ma peau, alors, dans ma chair, je Le verrai de mes propres yeux, et, je l'espère de votre infinie miséricorde, je Le verrai comme Sauveur et non comme un Juge courroucé et implacable dans sa fureur ; je porte ce désir et cette espérance dans mon cœur, comme si tout était déjà accompli, et le fond de mon espérance, ô mon Dieu, c'est la pleine confiance où je suis que Vous aurez pitié de moi et que Vous agréerez ma pénitence, quelque tardive qu'elle soit.
Enfin, mon Dieu, Vous êtes mon Père et le plus tendre des pères.
Un père peut-il oublier son enfant ?
Lorsque l'enfant prodigue, après avoir abandonné la maison paternelle et dissipé tout son bien par ses débauches, revint à Vous, le cœur contrit et humilié, vos entrailles furent émues de compassion, Vous courûtes à lui, les bras ouverts, pour l'embrasser, Vous lui rendîtes la robe d'innocence, Vous fîtes tuer le veau gras, et Vous voulûtes que tout le monde prît part à votre joie.
C'est moi, ô mon Dieu, qui suis cet enfant prodigue ; j'ai péché contre Vous, je n'ose lever les yeux, je ne suis pas digne d'être appelé votre fils, mais Vous ne pouvez oublier que Vous êtes mon père ; je suis la brebis égarée, je suis la drachme perdue et recouvrée, qui produit la joie de tous vos Anges.
Si votre justice Vous empêche encore de Vous rendre à mon humble prière, voici, ô mon Dieu, de quoi désarmer votre bras vengeur, et apaiser votre juste colère : c'est Jésus-Christ, votre Fils unique, ce sont ses Mérites, c'est son Sang précieux qu'Il a versé pour moi, que je Vous offre ; c'est par Lui que j'aurai la paix avec Vous ; étant justifié par son Sang, je serai délivré par Lui de votre colère ; tous ceux qui, unis à cette Victime sainte, espèrent en Vous, ô mon Dieu, ne seront jamais confondus.
Ainsi armé des Mérites de votre Fils, tout couvert de son Sang, à tel point que Vous ne pourriez me frapper sans que vos coups ne tombassent sur Lui-même, je me présenterai avec confiance au pied de votre Tribunal, ou plutôt Il me présentera Lui-même, et, Vous montrant ses plaies, Il Vous dira :
« Ô mon Père, ayez pitié de l'enfant de mes douleurs, pardonnez à cause de moi ».
A cette vue, ô mon Dieu, votre colère s'apaisera ; l'épée qui était déjà levée pour frapper ma tête criminelle rentrera dans le fourreau.
Vous ne pourrez, ô mon Dieu, résister à des objets si touchants, si efficaces.
Je mets donc toute ma confiance en Vous, ô mon divin Sauveur, Médiateur unique entre Dieu et les hommes.
Cachez-moi dans le fond de votre cœur miséricordieux, plaidez Vous-même ma cause, Vous serez certainement écouté : votre Père céleste daignera oublier, par amour pour Vous, toutes mes iniquités passées, et, agréant mon sincère repentir, Il m'admettra encore à chanter ses miséricordes et les Vôtres dans le sein des élus pendant l'éternité. Ainsi soit-il.
Abbé Pierre-Joseph César Bulo (1818-1871) - « Le Chrétien souffrant » dirigé et sanctifié dans la maladie et les infirmités : Manuel d'instructions, de prières et de lectures pieuses dans ces heures d'épreuves, Prière de repentir d'un pécheur qui est pénétré d'une grande frayeur des jugements de Dieu, mais qui est en même temps plein de confiance dans sa miséricorde, pages 280-285, chez H. Dessain, 1866
Voir également de l’Abbé Pierre-Joseph César Bulo :
- La Prière du Matin pour une personne malade « Seigneur, je Vous offre toutes mes souffrances dès l'aube du jour » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière du Soir pour une personne malade « Pendant ce jour qui finit, Seigneur, je Vous remercie de votre Secours dans mes souffrances » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière d’un malade insomniaque « Mon Dieu, je suis saisi de crainte à l'entrée de cette nuit » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière pour se préserver d’une Mort Subite « Seigneur, daignez me préserver d'être surpris par la mort dans l'état du péché » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière pour un bon usage des maladies « Ô mon Jésus, faites-moi la Grâce de ne pas agir en Païen dans l'état de souffrance où votre Justice m'a réduit » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière pour bien connaître ses péchés « Ne permettez pas, Seigneur, que mon amour-propre me cache ou excuse la moindre de mes hontes » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière de repentir d'un pécheur « Ô mon Dieu, j'ai honte de lever les yeux devant Vous parce que mes iniquités se sont accumulées sur ma tête » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- L’Acte de Contrition avant la Confession « Ô Cœur de Jésus, blessé par tant et de si grands péchés, percez le mien de la plus vive douleur » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- L’Acte de bon propos avant la Confession « Ô mon Jésus, je commence dès maintenant sur mon lit de douleur ma pénitence qui ne doit finir qu'avec ma vie » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- Les Prières après l'examen de conscience « Ô mon Dieu, que de péchés encore je viens de découvrir dans ma conscience depuis que je Vous avais si solennellement promis de Vous être fidèle ! » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- Les Prières après la Confession « Oserai-je espérer, ô mon Dieu, que c'est Vous-même qui m'avez donné l'Absolution de mes offenses par la bouche de votre Prêtre ? » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière de Communion spirituelle pour un Malade « Ô Jésus, combien je regrette de ne pouvoir me rendre dans votre saint Temple parmi vos Fidèles pour Vous y recevoir sacramentalement » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière avant la Communion en Viatique d'un Agonisant « Seigneur, mon âme, bien plus malade encore que mon corps, implore votre généreuse Compassion » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière après la Communion en Viatique « Je Vous remercie, ô mon Sauveur, de ce que Vous avez daigné me visiter dans ma maladie » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière avant l'Extrême-Onction « Par votre saint Sacrement, ô mon Sauveur, Vous venez me revêtir d'une nouvelle armure contre les assauts du Démon acharné plus que jamais à ma perte » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière après l'Extrême-Onction « Ô mon Jésus, Vous m'avez remis jusqu'aux restes de mes iniquités par l'Onction sacrée que votre Église vient de m'appliquer en votre Nom » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière sur les désirs et délices du Ciel « Ô mon Jésus, tournez toutes mes pensées et tous mes désirs vers le Ciel d'où je suis tristement exilé » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière d’un Agonisant « Seigneur, je Vous remercie de réveiller en moi, par la maladie, la pensée de la Mort » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo
- La Prière à l'intention du souverain Pontife « Ô Dieu, souverain Pasteur de tous les Fidèles, regardez favorablement Votre serviteur N. que Vous avez donné à votre Église » de l'Abbé Pierre-Joseph Bulo