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Prière sur l’Annonciation de la Sainte Vierge

Prières > pour l'Annonciation

Voici une Prière sur l’Annonciation de la Très Sainte Vierge Marie « Ô Marie, c'est aujourd'hui que Vous devenez la Mère du Seigneur du Ciel » du Révérend Père Louis Le Valois (1639-1700), Prêtre jésuite, Recteur du Collège de Caen puis Père spirituel au Collège de Clermont à Paris nommé en 1697 Confesseur des petits-fils de Louis XIV.



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La Prière sur l’Annonciation de la Sainte Vierge du Révérend Père Louis Le Valois « Ô Marie, c'est aujourd'hui que Vous devenez la Mère du Seigneur du Ciel » :

« Quelle Ambassade ! Quelle Conférence ! Quel Mystère que de Miracles ! Un Ange descend du Ciel, c'est un des premiers de ces Esprits Bienheureux qui assistent devant le Trône de Dieu. Il est envoyé, et de qui ? De Dieu même : et à qui ? À une Vierge. Il s'agit de donner au monde un Sauveur. Toute l'adorable Trinité prend part à ce grand Ouvrage. Le Père offre son Fils, le Fils s'offre Lui-même, le Saint-Esprit y doit coopérer par sa toute-puissante Vertu. Le Ciel néanmoins demande à Marie son consentement ; et Elle le donne, pourvu que ce Mystère s'accomplisse sans que sa virginité y soit intéressée. Il s'accomplit en effet comme Elle le souhaite. Ô Merveilles ! Ô Prodiges ! Le Fils Unique de Dieu se fait homme dans le chaste sein de Marie sans cesser d'être Dieu ; et Marie devient Mère de Dieu sans cesser d'être Vierge ! Oui, Vierge Sainte, c'est en ce Jour que Vous devenez la Mère de mon Dieu. En vain l'enfer, jaloux de Votre grandeur, a voulu Vous disputer ce Titre glorieux. En vain l'hérésie s'est liguée pour Vous l'enlever. Il Vous appartient, et c'est le prix de Votre virginité, de Votre humilité, de Votre foi. Toute l'Eglise s'est employée à Vous maintenir dans une si juste possession : et comme Elle reconnaît le Fruit sacré que Vous avez conçu dans Votre sein pour vrai homme et vrai Dieu, Elle Vous reconnaît aussi, et Elle doit Vous reconnaître pour Vraie Mère de Dieu. « Ave ! » : C'est en cette qualité que je Vous salue, ô Bienheureuse Mère, et que je me joins à l'ange qui Vous salua lui-même de la part de Dieu, en Vous annonçant une si surprenante, mais si agréable Nouvelle. Cet humble Salut que j'ose Vous donner est un témoignage de la joie dont mon âme est remplie en considérant Vos grandeurs. Ce n'est point assez pour moi de Les admirer dans un respectueux silence : l'amour ne peut se taire, et mon cœur me force à parler. « Gratia plena » : Vous êtes pleine de Grâce ; et autant que votre Maternité divine Vous élève, après Dieu et l'Homme-Dieu, au-dessus de tous les êtres créés, autant la Grâce qui Vous a été communiquée est-Elle surabondante. Les hommes et les anges mêmes ne L'ont reçue que par mesure ; mais Vous en avez eu toute la Plénitude. La Grâce a consacré toutes Vos pensées, Elle a purifié tous Vos désirs, Elle a sanctifié toutes Vos actions. Elle a eu chaque jour en Vous de nouveaux accroissements, parce qu'Elle Vous a toujours trouvée attentive à L'écouter, fidèle à Lui répondre, et constante à La suivre. Ce n'est donc pas sans raison que l'on compare votre Cœur à une vaste mer, où toutes les Grâces, comme autant de fleuves, se sont venus rendre. Dieu seul peut en sonder la profondeur, et en mesurer l'étendue. Mais moi, que puis-je autre chose, que de Bénir ses Miséricordes envers Vous, que d'adorer ses Desseins éternels sur Vous, que de me réjouir des Dons précieux et singuliers qu'Il a réunis en Vous, que de prendre part à Votre bonheur et d'applaudir à Votre élévation ? « Dominus tecum » : Je ne suis point surpris de cette surabondance de Grâces dont Vous êtes aujourd'hui comblée, quand je pense que le Seigneur est avec Vous, et qu'Il y est de la manière la plus intime et la plus parfaite. Il n'est pas seulement avec Vous par Essence, par Présence, par Puissance : c'est ainsi qu'Il est avec tous les hommes. Il n'est pas seulement avec Vous par sa Grâce actuelle, pour Vous éclairer l'esprit de ses Lumières, et pour Vous toucher le cœur de son Onction : c'est ainsi qu'Il est même souvent avec les pécheurs. Il n'est pas seulement avec Vous par sa Grâce sanctifiante, pour Vous rendre agréable à Ses yeux et pour Vous mettre au nombre de Ses enfants : c'est ainsi qu'Il est avec tous les Justes. Il n'est pas seulement avec Vous par une Providence et par une Protection spéciale, pour Vous conduire dans Ses voies et pour Vous faire arriver au terme du Salut c'est ainsi qu'Il est avec ses Prédestinés. Mais, outre cette Présence spirituelle, Il est avec Vous par une Présence substantielle et corporelle. Il est en Vous, et Il y est réellement et personnellement, selon l'esprit et selon la chair. Vous Le concevez dans Votre sein virginal, et par la Vertu divine. C'est là qu'est formé ce Corps adorable qu'Il doit livrer pour nous ; c'est là qu'est renfermée et toute Sa divinité et toute Son humanité. Vous avez donc dans Vous la Source même des Grâces ; et de cette Source féconde quelles richesses Saintes et quels trésors de Grâces doivent se répandre sur Vous ! « Benedicta tu in mulieribus » : Ô La plus heureuse de toutes les femmes ! Tous les peuples Vous bénissent, parce que c'est par Vous que commence l'ouvrage de leur Rédemption. Malheureux esclaves de l'enfer, ils gémissent depuis tant de siècles dans la plus triste servitude ; mais Vous leur donnez le Libérateur qui les en doit affranchir. Ennemis de Dieu, ils étaient redevables à sa rigoureuse Justice, et exposés à ses châtiments éternels ; mais Vous leur donnez le Médiateur qui les doit réconcilier. Une femme avait attiré sur eux toutes ses malédictions, et une femme attire sur eux toutes ses Bénédictions. Le serpent infernal avait trompé la première (Genèse II, 13) ; mais la Seconde lui a écrasé la tête (Genèse II, 15) : et Vous l'êtes, Sainte Vierge, cette femme forte, cette femme unique entre toutes les femmes. Que tout le Ciel Vous révère : c'est aujourd'hui que Vous en devenez la Reine, puisque c'est aujourd'hui que Vous devenez la Mère du Seigneur du Ciel. Que toute la terre Vous comble de louanges : c'est aujourd'hui que Vous en devenez la Protectrice, puisque c'est aujourd'hui que Vous devenez la Mère de tous les hommes, en devenant la Mère de Jésus leur frère et leur Sauveur. Que tout l'enfer tremble : c'est aujourd'hui que Vous en détruisez l'injuste domination, puisque c'est aujourd'hui et de votre Sang qu'est formé l’Homme-Dieu, qui doit abattre toute sa puissance et renverser son empire tyrannique. « Et benedictus fructus ventris tui » : Mais quelles actions de grâces Lui rendrons-nous, à ce Dieu fait homme pour nous et renfermé dans Vos chastes entrailles ? Comment pouvons-nous estimer assez un Bienfait inestimable ? Comment pouvons-nous Le reconnaître ? Béni soit éternellement ce Fils adorable, que Vous devez donner au monde, et qui se donne Lui-même à nous ! C'est de Lui que Vous vient toute votre Gloire, et de Lui que nous vient tout notre Salut. En s'abaissant, Il Vous élève ; en se dégradant, Il Vous anoblit ; en se cachant, Il Vous couronne du plus bel éclat. En sorte néanmoins qu'en Vous élevant, Il nous relève nous-mêmes de la chute la plus profonde et la plus mortelle ; qu'en Vous anoblissant, Il nous fait contracter avec Lui-même, par la Sainte Union de Sa divinité et de notre humanité, la plus noble Alliance ; qu'en Vous couronnant de l’éclat qui Vous environne, Il nous rétablit nous-mêmes dans toutes nos prétentions à son Héritage céleste et à une Couronne immortelle. Ô Mystère de grandeur et d'abaissement, de salut et de souffrances ! Ô Bonté de Dieu qui L'accomplit ! C'est à Lui seul qu'il en coute ; Il s'en réserve toute l'humiliation et toute la peine : mais tout le fruit en est pour Vous, Sainte Vierge, et pour nous-mêmes. « Sancta Maria, Mater Dei, ora pro nobis peccatoribus » : Puissante Coopératrice de notre Salut, Vous entrerez dans les vues de notre Sauveur et Vous les seconderez : mais pour Vous y engager encore davantage, nous ajoutons aux éloges que l'ange Vous donna, la Prière que vous fait l'Eglise : « Divine Marie, Mère de Dieu, priez pour nous qui sommes pécheurs ». Cette qualité de pécheurs, tout odieuse qu'elle est, bien loin de nous éloigner de vos Autels, nous fait au contraire recourir à Vous. Souvenez-Vous que c'est pour les pécheurs que Vous avez été choisie ; et que Dieu dans Ses décrets éternels Vous a prédestinée pour servir à les remettre en grâce avec Lui. Souvenez-Vous que Vous êtes une Mère de Miséricorde ; et que c'est envers les coupables que la Miséricorde s'exerce. Comme votre Fils est auprès de son Père notre Médiateur par ses Mérites, soyez auprès de votre Fils notre Médiatrice par votre Intercession. Le Ciel écoutera Vos vœux, et Vous aurez tout ensemble et la Gloire d'avoir rempli Ses desseins sur Vous, et la Consolation d'avoir sauvé des misérables. « Nunc » : Priez donc pour nous dès maintenant, puisque dès maintenant votre Secours nous est nécessaire, et que nous L'implorons. Vous connaissez nos besoins ; Vous voyez à quels périls nous sommes tous les jours exposés, à quelles tentations et à quelles chutes nous sommes sujets. L'enfer nous attaque, le monde nous enchante, la passion nous aveugle, l'occasion nous entraîne, l'habitude nous domine ; nous nous portons au mal si aisément, nous y demeurons si longtemps, nous nous en retirons si difficilement ! Que faut-il encore pour exciter toute Votre compassion ? Et pouvez-Vous être sensible à tant de misères, sans vouloir y apporter le remède et les soulager ? « Et in hora mortis nostræ » : Mais surtout, ô Vierge, notre Asile et notre Espérance, ne nous abandonnez pas à l'heure de notre mort. De ce dernier combat dépend toute la victoire, et de ce moment l'éternité. Aussi est-ce à cette heure critique que l'ennemi de notre Salut redouble contre nous ses efforts. Ah ! Redoublez pour nous Vos soins, et ne laissez pas enlever à votre Fils des âmes rachetées de son Sang. Recevez-les entre Vos bras ; portez-les dans les bras de Dieu et puisque c'est par Vous qu'elles doivent entrer dans le Ciel, que ce soit en effet par Vous qu'elles y parviennent, pour y régner comme Vous, dans les siècles des siècles ».

Ainsi soit-il.


R. P. Louis Le Valois (1639-1700) – « Collection intégrale et universelle des Orateurs Sacrés du Premier et du Second Ordre », pages 706-709, chez J.P. Migne, 1866

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Voir également du Révérend Père Louis Le Valois :
- La Prière sur la Conception de la Sainte Vierge « Ô Vierge Immaculée, Vous êtes conçue avec la Grâce et dans la Grâce » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur le Très Saint Nom de Marie « Marie, ô Nom sous Lequel nul ne doit désespérer ! » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur l’Annonciation de la Sainte Vierge « Ô Marie, c'est aujourd'hui que Vous devenez la Mère du Seigneur du Ciel » du R. P. Louis Le Valois
- La Paraphrase du Cantique de la Sainte Vierge « Ô Bienheureuse Vierge Marie, heureuse d'avoir été tout ensemble Mère et Vierge » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour l’Avent « Seigneur, j'irai au pied de Votre crèche pour connaître toute la profondeur de mes plaies » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Nativité de Notre Seigneur « Ô Amour efficace, puisqu'Il Vous fait descendre du Ciel même pour nous ! » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Foi des Rois Mages à l’Épiphanie « Ô Seigneur Jésus, comblez-nous des mêmes trésors, conduisez-nous par la même route et faites-nous parvenir à la même fin » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Présentation de Jésus-Christ au Temple « Voici, mon Père, la Victime que Vous attendiez depuis tant de siècles » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Passion de Notre Seigneur « Seigneur, par les Mérites de votre Croix, accordez-moi la Grâce de Vous aimer comme Vous m'avez aimé » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Résurrection de Notre Seigneur « Heureuse nouvelle pour moi, Seigneur, Vous êtes Ressuscité ! » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur l’Ascension de Notre Seigneur « Souvenez-Vous, Seigneur, de ne nous pas laisser sur la terre comme des orphelins, sans secours, sans soutien et sans appui » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour la Fête de la Pentecôte « Venez, Esprit-Saint, sanctifiez-moi comme Vous êtes Saint » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour la Fête de la Sainte Trinité « Au nom du Père qui m’a créé, au nom du Fils qui m'a racheté, et au nom du Saint-Esprit qui m’a sanctifié » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour la Fête du Très Saint-Sacrement « Ô Saint Sacrement de l’Autel, Vous nous permettez de nous entretenir avec Vous, de Vous y parler avec confiance et de Vous y parler même avec une espèce de familiarité » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour le Dimanche de l'Octave du Saint-Sacrement « Ô Jésus, ô mon Roi, ô souverain Maître du monde et de tout le monde » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour le Jour de l'Octave du Saint-Sacrement « Ô Jésus, notre Seigneur et Juge sévère après la mort mais si miséricordieux et si bon pendant la vie » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur l’Assomption de la Sainte Vierge « Jouissez, Vierge incomparable, d'une Gloire qui Vous est si légitimement acquise » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur le renouvellement des Vœux de Religion « Seigneur, donnez-Vous à moi comme je me donne à Vous » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière d'une âme pénitente « Reprenez-moi et châtiez-moi, Seigneur, humiliez mon orgueil et faites souffrir mon amour-propre » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière dans l’épreuve « Seigneur, considérez l'extrême danger où je me trouve, ayez pitié de moi et sauvez-moi ! » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur les Grandeurs de Dieu « Seigneur, que votre Nom est en Lui-même admirable » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur le Psaume 22 « Ô Bon Pasteur, Vous m'avez fait entrer et Vous me retenez dans votre Église comme dans un grand et riche pâturage » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Présence de Dieu dans notre vie « Ô Seigneur, Vous voyez toutes mes pensées de bien loin puisque Vous les voyez avant que je commence à les former » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière d'une âme pieuse dans la Maison de Dieu « Que j'aime, ô mon Dieu, vos Tabernacles et vos Autels où Vous résidez sur la terre ! » du R. P. Louis Le Valois