Voici la Prière pour la Fête le 5 janvier de Saint Siméon Stylite († 459) « Ô saint Siméon Stylite, élevé sur votre Colonne pour vos exercices de Pénitence extravagants » et la sainte Vie de Saint Siméon le Stylite racontée par Monsieur l’Abbé Michel Echard (16..-17..) dit l'Abbé de Commanville, Prêtre du diocèse de Rouen à la fin du 17e et au début du 18e, historien ecclésiastique et hagiographe qui a publié « Les nouvelles Vies des Saints pour tous les Jours de l'année ».

La Vie de Saint Siméon Stylite :
I. Saint Siméon Stylite se fait Religieux
La vie de Saint Siméon Stylite a été un miracle continuel de la Grâce, et quoiqu'apparemment on ait beaucoup exagéré dans ce qu'on en a dit, il faut néanmoins avouer qu'on lui peut appliquer à juste titre cette parole du Prophète :
« J’ai paru comme un prodige aux yeux de ceux qui m'ont vu, et Vous, ô mon Dien, Vous m'avez secouru puissamment ».
Il prit naissance au Bourg de Sisan, sur les confins de la Cilicie, de parents si pauvres, qu'il n'eut dans son enfance autre occupation qu'à garder un troupeau ; mais il était en même temps dès cet âge tendre, fort modéré et fort dévot, et ne respirait que la prière et les bonnes œuvres.
Un jour qu'il tombait de la neige, et qu'il ne pouvait mener ses brebis aux champs, il alla à l'Église n'étant encore âgé que de treize ans et y entendit lire ces Paroles de l'Évangile, que :
Bienheureux sont ceux qui pleurent.
Il s'adressa à un vénérable vieillard pour lui demander ce que cela voulait dire.
Celui-ci qui lui vit un extérieur modeste, et porté au bien, lui répondit, que c'était dans les Monastères où l'on répandait ces larmes auxquelles le Fils de Dieu a promis une si ample récompense, et que c'était principalement dans ces saintes retraites qu'on pleurait avec fruit parce qu'on ne le faisait point pour les choses passagères du siècle, mais pour expier ses péchés et s'acquérir une heureuse Éternité.
Ces paroles furent une semence de Salut qui germa aussitôt dans la bonne terre de son cœur ; de sorte que sans retourner chez lui, il alla en un Couvent qui n'était pas éloigné, et demanda d'y être reçu.
On eut assez de peine à l’écouter, parce qu'on le voyait chétif et mal habillé, et qu'on croyait qu'il cherchait plutôt à se tirer de la misère, qu'à faire la Règle.
Mais étant demeuré à la porte cinq jours et cinq nuits sans boire ni manger, toujours priant, qu'on eût pitié de lui, on fut enfin obligé de la lui ouvrir, et il y parut un modèle de vertu sous la conduite du Bienheureux Timothée qui en était Abbé.
II. Les austérités excessives de Saint Siméon Stylite
Après que notre Saint eut passé deux ans dans cette Maison avec une ferveur qui fit bien connaître, qu'il irait loin dans la carrière de la Pénitence, il se retira de l'avis même de son Supérieur au Bourg de Telede dans la Communauté de l'Abbé Héliodore, qui passait pour la plus régulière de tout le pays.
Il y fut rebuté comme la première fois en y arrivant, et ce ne fut qu'à force de prières et de larmes qu'il s’y fit recevoir.
On lui voyait un extérieur fort négligé, et on le regardait comme un criminel qui avait pris la fuite et qui voulait se dérober à la Justice.
Mais sitôt qu'il entra dans les exercices, on changea bien de sentiment.
Les Mortifications qu'il entreprit furent si terribles qu'elles effrayèrent ces saints Religieux qui par leur ferveur donnaient eux-mêmes de la frayeur aux autres.
Car au lieu que les plus zélés poussaient leurs Jeûnes jusqu’à être deux jours sans rien prendre, on prétend qu'il s'accoutuma dès lors à ne manger qu'une ou deux fois par semaine.
Ses autres austérités allaient à proportion de même.
Il avait beau se cacher dans ce qu'il faisait pour éviter la singularité et la vaine gloire, on le découvrait toujours, et on en murmurait comme d'une indiscrétion outrée, et comme d'une condamnation tacite de ceux qui n'en pouvaient pas faire autant que lui.
Mais voici encore dans sa conduite ce qui fit le plus de peines à ses frères.
Il s'était ferré par le milieu du corps si étroitement avec la corde du puits, qui était de palmier, qu'elle lui était entrée bien avant dans la chair, et lui avait causé divers ulcères, d'où sortait le pus et la vermine.
Ceux qui s'en aperçurent allèrent le dire à l'Abbé, qui ordonna qu'on la lui ôtât.
On n'en pur venir à bout qu'en lui faisant beaucoup d'incisions dont il fut longtemps à guérir ; et dès qu'il eut recouvré sa santé, sans avoir égard à tant de mérites qui éclataient en lui, on le mit dehors, comme un homme qui par ses mortifications extravagantes troublait le repos et le bon ordre de la Maison.
III. La vie miraculeuse de Saint Siméon Stylite fut une couronne
Il fallait en effet qu'un Saint que Dieu voulait conduire par des voies au-dessus de la portée commune, vécut tout-à-fait séparé des autres.
Ainsi l'Esprit de la Grâce s'étant rendu son seul guide, le mena dans une cabane déserte vers le Bourg de Telanisse, où il demeura reclus l'espace de trois ans.
De là il passa dans une cellule sur le haut d'un rocher, laquelle était sans toit et où il était exposé à toutes les injures de Pair ; et enfin il se fit bâtir une petite loge tout à découvert, plantée sur une colonne, qui fut comme l'Autel sur lequel il s'immola à Dieu le reste de ses jours.
D'abord cette colonne n'était haute que de huit à neuf pieds, mais il la fit élever peu à peu jusqu’à trente et à quarante, et il y mena une vie plus angélique qu'humaine.
C'est une chose presque incroyable que le peu de nourriture qu'il y prenait et les fatigues qu'il se donnait à se courber et à se redresser dans le temps de ses prières ; et comme dans un corps mortel, il pouvait vivre exposé à toutes les injures des saisons, et soutenir un genre de pénitence si terrible.
On bâtit un Couvent autour de sa Colonne pour le garder de la foule de ceux qui venaient de tous les endroits du monde l'admirer et le consulter.
Tout ce qu'il y avait de personnes considérables faisaient des voyages exprès pour le voir, et pour profiter de ses instructions.
L'Empereur Théodose envoya des principaux Officiers de sa Cour pour se recommander à ses prières.
Marcien qui lui succéda vint lui-même déguisé.
Leur successeur : Léon le consulta sur le Concile de Calcédoine.
Au milieu de tous ces grands honneurs, il était si humble, qu'il ne s'appelait point autrement que l'avorton des Religieux, et que les Solitaires d'Égypte pour éprouver son obéissance lui ayant fait dire, qu'il eut à quitter la Colonne, il demanda une échelle pour en descendre.
Enfin après environ quarante ans d'une situation si admirable, il rendit son âme à Dieu par une mort tranquille, vers l'an 459, âgé environ de soixante-dix ans.
Aspiration : « Le Royaume des Cieux se doit emporter de force, il n'y a que ceux qui se font violences qui Le ravissent » (Matthieu II)
Pratiques pour se sanctifier en imitant la Vie de Saint Siméon Stylite :
I. S'édifier de tout le bien qu'on voit faire au prochain, quand même il ne serait pas selon notre portée et notre inclination.
II. Cesser les pratiques extérieures de piété auxquelles on aurait plus de goût lorsque l'obéissance ou la charité l'exigent.
La Prière à Saint Siméon Stylite fêté le 5 janvier « Ô saint Siméon Stylite, élevé sur votre Colonne pour vos exercices de Pénitence extravagants » de l'Abbé de Commanville :
Sacré Rédempteur de tous les hommes, c'a été pour Vous suivre dans les élévations de votre Croix, que le grand Saint Siméon Stylite s'est élevé sur sa Colonne, et s’y est donné dans les exercices de sa Pénitence pour un spectacle d'admiration à toutes les nations de l'univers ; et cependant qu'a-t-il enduré dans toutes les rigueurs d'une vie si extraordinaire au prix de ce que Vous avez souffert en mourant pour nous :
Faites que nous marchions sur ses traces, et que sans être effrayés à la vue des austérités qu'il a pratiquées, nous les considérions avec consolation, pour nous confondre dans notre lâcheté, et nous encourager à suivre vos exemples. Vous qui vivez avec le Père et le Saint Esprit. Ainsi soit-il.
Monsieur l’Abbé Michel Echard (16..-17..) - « Les nouvelles Vies des Saints pour tous les Jours de l'année », tome I, Vie de Saint Siméon Stylite fêté le 11 janvier, p. 31-36, chez Jean Baptiste Besongne, 1725
Voir les autres Prières de Monsieur l’Abbé Michel Echard de Commanville :
- La Prière à Saint Éloi fêté le 1er décembre « Seigneur, faites que tant d'artisans qui honorent Saint Éloi comme leur Patron ne travaillent comme lui que pour devenir des Saints » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint François Xavier fêté le 3 décembre « Ô Saint François Xavier, Apôtre des Indes, qui avez porté les rayons de votre Foi dans les pays les plus éloignés et les plus inconnus » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Pierre Chrysologue fêté le 4 décembre « Ô Saint Évêque Pierre, Prédicateur si éloquent jusqu'à être nommé Chrysologue : Parole d'Or » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Sabbas fêté le 5 décembre « Seigneur, que l’intercession du Bienheureux Abbé Sabbas, nous recommande, s’il Vous plaît, auprès de Vous » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Ambroise fêté le 7 décembre « Ô Dieu, répandez la fermeté de ce généreux Saint envers les Princes de ce monde dans tous vos Prélats » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Sainte Odile fêtée le 14 décembre « Ô illustre Abbesse Sainte Odile, qui fîtes revenir votre père de la dureté avec laquelle il vous traitait » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Sainte Fare fêtée le 15 décembre « Ô illustre Vierge et Abbesse Sainte Fare, qui usait trois fois par jour de la Confession pour vous corriger » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Thomas Apôtre fêté le 21 décembre « Ô Seigneur, opérez par l'intercession et les mérites de ce grand Saint, cette docilité d'esprit et de cœur dans tous vos Fidèles » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Étienne fêté le 26 décembre « Ô Saint Étienne, Martyr qui demandait Pardon si instamment pour ceux qui vous accablaient de pierres » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Jean fêté le 27 décembre « Qu'il a été glorieux à votre Apôtre et Évangéliste Saint Jean, ô mon Dieu, de s'être tellement attaché à Vous » de l'Abbé de Commanville
- La Prière aux saints Innocents fêtés le 28 décembre « Conservez notre Innocence Baptismale, Seigneur, par les mérites et l’intercession des saints Innocents » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Thomas de Cantorbéry fêté le 29 décembre « Ô illustre Thomas, qui sacrifia ses biens, sa réputation, son repos, sa vie, plutôt que de consentir à une parole qu'il jugeait préjudiciable à l’Église » de l'Abbé de Commanville
- La Prière sur la Circoncision du Seigneur le 1er janvier « Vous nous avez dit dans vos divines Écritures, mon Sauveur et mon Dieu, que la vraie Circoncision est celle du cœur » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Macaire d’Alexandrie fêté le 2 janvier « Ô grand Abbé Saint Macaire, donnez-nous votre inclination pour la vie Solitaire dans la Pénitence et la Prière » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Sainte Geneviève fêtée le 3 janvier « Ô incomparable Vierge Sainte Geneviève, qu'on croit communément n'avoir été qu'une simple bergère, et que la plus grande Ville du monde honore comme sa principale Patronne » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Tite fêté le 4 janvier « Ô saint Tite, vous nous donnez le bon exemple dans toute notre conduite envers notre prochain » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Siméon Stylite fêté le 5 janvier « Ô saint Siméon Stylite, élevé sur votre Colonne pour vos exercices de Pénitence extravagants » de l'Abbé de Commanville
- La Prière pour la Fête de l'Épiphanie le 6 janvier « Ô mon Dieu, conduisez-moi comme les Saints Mages par l'écoute de la Foi et par les lumières de vos divines Écritures » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Lucien d'Antioche fêté le 7 janvier « Ô Martyr saint Lucien, qu'à votre exemple nous étudions les saintes Écritures pour notre Sanctification » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Pierre de Sébaste fêté le 9 janvier « Ô dernier fils de Saint Basile et de Sainte Emmelie et frère de Saint Basile le Grand, Saint Grégoire de Nysse et Sainte Macrine » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Théodose le Cénobiarque fêté le 11 janvier « Ô saint Théodose, qui vous releviez la nuit pour prier afin de n’être point surpris par la tentation » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Arcade fêté le 12 janvier « Ô saint Martyr Arcade, divisé en morceaux pour être uni à Jésus-Christ » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Hilaire de Poitiers fêté le 14 janvier « Ô grand Évêque et incomparable Docteur Saint Hilaire, qui résista aux Empereurs contre l'Hérésie Arienne » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Paul Ermite fêté le 15 janvier « Ô saint Ermite Paul, qui avez passé ce grand nombre d'années au désert dans une entière Solitude » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Honorat fêté le 16 janvier « Ô illustre Évêque saint Honorat, que la Grâce a pris soin de se choisir dans une famille qui paraissait la plus opposée à la Sainteté » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Antoine fêté le 17 janvier « Ô grand Patriarche de la vie Solitaire, tirez-nous des pièges du Démon par les exercices salutaires du Jeûne et de l'Oraison » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Raymond de Pennafort fêté le 23 janvier « Ô saint Casuiste Raymond, qui avez écrit la Somme des Confesseurs pour l'édification des Fidèles » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Tous les Saints « Saint, Saint, Saint nous disent éternellement Tous les Saints au pied de vôtre Trône » de l'Abbé de Commanville
- La Prière pour les Âmes du Purgatoire « Accordez-nous, Seigneur, la délivrance des Âmes du Purgatoire qui y sont détenues pour lesquelles nous Vous prions » de l'Abbé de Commanville