Voici la Prière pour la Fête le 6 décembre de Sainte Aselle († 420) Vierge Solitaire romaine « Ô sainte Vierge Aselle, que Saint Jérôme appelait un exemple de Chasteté et un des plus insignes ornements de la Virginité Religieuse » et la sainte Vie de Sainte Aselle racontée par Monsieur l’Abbé Michel Echard (16..-17..) dit l'Abbé de Commanville, Prêtre du diocèse de Rouen à la fin du 17e et au début du 18e, historien ecclésiastique et hagiographe qui a publié « Les nouvelles Vies des Saints pour tous les Jours de l'année ».

La Vie de Sainte Aselle :
I. Sainte Aselle se destine à l'état de Vierge
C'est Saint Jérôme qui nous a appris presque tout ce qu'on sait de l'illustre Vierge Sainte Aselle, qu'il appelle un exemple de Chasteté, et un des plus insignes ornements de la Virginité Religieuse.
Il fit son éloge de son vivant, et l'adressa à Sainte Marcelle, non pour être montrée à celle dont il publiait les Vertus, sachant bien qu'elle n'aimait pas d'être louée, mais afin qu'on le lût aux jeunes filles, et qu'elles prissent dans sa conduite le modèle et la règle d'une Piété parfaite.
Quelques-uns ont crû qu'elle était issue d'une famille noble, qui s'était fort distinguée dans sa Ville sous le nom des Aselles ; mais sa plus grande noblesse lui vint du côté de la Vertu.
Ses inclinations furent dès l'enfance si portées au bien, que son Historien n'a point fait difficulté de dire qu'elle avait été bénie de Dieu dès le ventre de sa mère.
Sur quoi il rapporte un songe que son père avait eu durant que sa mère était grosse d'elle, et dit qu'il avait cru voir une Vierge enfermée dans une fiole de cristal.
Ce qu'il expliqua de la Pureté d'âme et de corps qu'elle devait avoir.
C'était la Fleur du Seigneur, dit-il en un autre endroit, qui par la finesse de son esprit et par l'innocence de sa chair, méritait que Jésus-Christ lui dit ces paroles des Cantiques :
Mon Épouse est au milieu des filles, comme le lys est au milieu des épines.
A peine avait-elle dix ans qu'elle fut consacrée à Dieu par ses parents pour l'état des Vierges.
Il est vrai qu'on fut encore quelque temps sans lui permettre d'en porter l'Habit, peut-être parce que l'on craignait qu'étant en âge de faire son choix, elle ne vint à changer de sentiment.
Mais elle n'aimait pas les ornements d'or et les pierreries qu'on lui faisait porter, et s'avisa d'une invention pour s'en défaire que la Grâce seule lui pût inspirer, car elle vendit secrètement un collier de prix qu'elle avait, et s'en acheta une robe d'une étoffe fort brune.
Ce qu'on n'eût pas plutôt su dans sa maison, qu'on admira son action, et qu'on lui permit de s'en revêtir.
II. Sainte Aselle vit Solitaire à Rome
Aussitôt que la chaste Vierge se vit sous ces livrées de pénitence, elle conçut l'obligation où elle était d'en remplir exactement les devoirs.
On lui avait accordé une chambre à son particulier dont elle fit une espèce de cellule, où elle était comme une recluse, occupée nuit et jour aux exercices de sa dévotion.
Elle ne se montrait que rarement en public, et lorsqu'elle était obligée de s'y faire voir, c'était à la hâte, en disparaissant aussitôt comme un éclair.
Elle ne parlait presque jamais à aucun homme, à moins que ce ne fut pour les besoins de son Salut et de sa conscience ; et si peu même aux femmes, qu'à peine elle voyait sa propre sœur, quoiqu'il y eût entre elles une étroite amitié.
Elle travaillait de ses mains dans sa retraite, sachant ce que dit l'Apôtre, que celui qui ne travaille point ne doit point manger, et elle interrompait d'heure en autre son travail pour converser avec son Époux par l'oraison, et par le chant des Psaumes.
Elle allait aux Églises et aux Oratoires des Martyrs, dans le temps qu'on y faisait l'Office divin, mais dans la seule vue de Dieu, et sans s'y laisser surprendre à aucune dissipation extérieure.
Son Jeûne était si étroit qu'elle s'était réduite à ne vivre que de pain, de sel et d'eau, et qu'elle était quelquefois des deux et trois jours sans rien prendre.
Mais surtout durant le Carême, comme un vaisseau qui entreprend une longue navigation est obligé de déployer toutes ses voiles, elle poussait son abstinence aussi loin que la faiblesse de son tempérament la pouvait supporter.
C'est ce qui la rendait fort pâle et fort maigre, mais en même temps, c'est ce qui mettait dans son âme tant de consolation spirituelle et de joie céleste, qu'on en voyait l'épanchement jusques sur son visage, qui paraissait toujours tranquille et content.
III. Sainte Aselle est établie Supérieure
Quoique la Religion Chrétienne fut déjà dans un grand éclat à Rome, du temps de cette chaste Vierge, et que les Temples des Idoles y fussent presque tous ou détruits ou fermés, il ne laissait pas d'y avoir encore un très grand nombre de Païens, même dans les familles du premier rang.
C'est ce qui engagea ceux qui avaient à cœur l'intérêt de l'Église et le Salut des âmes, d'établir des Maisons pour y retirer les personnes qui se convertissant à Dieu, avaient besoin d'être instruites de nos Mystères, avant que de se faire Baptiser.
La Vertu de notre Sainte était tellement connue par toute la Ville, qu'on l’a choisi pour gouverner une de ces Communautés.
On ne pouvait confier la conduite d'une si bonne œuvre en de meilleures mains ; car elle avait un talent admirable pour faire goûter les Vérités les plus sublimes de notre sainte Religion, à ces Néophytes dans la Foi, et ne les touchait pas moins par l'onction qu'elle faisait régner dans ses exhortations, que par sa douceur et ses bons exemples.
Son lit était la terre.
Son vêtement, le cilice.
Ses génuflexions étaient si fréquentes, qu'elle s'en était fait venir de gros calus aux genoux et aux coudes.
Sa modestie était sévère, et sa sévérité agréable.
Elle n'avait rien que de négligé sur elle, et cependant était toujours propre.
L'égalité de son humeur lui avait tellement attiré l'estime de tout le monde, que les gens de bien l'aimaient, et que les méchants la respectaient et n'osaient en médire.
C'est ce qui fit que Saint Jérôme ayant quitté le séjour de Rome, la pria par une lettre fort honnête qu'il lui écrivit, qu'elle voulut bien employer l'autorité que sa Vertu lui donnait sur les mauvaises langues, pour arrêter les traits que la jalousie lançait à toute heure contre lui.
L'Évêque Saint Pallade étant venu à Rome, lorsqu'elle était déjà fort âgée, la vit dans cette Maison, dont elle était Supérieure.
Il l'appela l'excellente Aselle, et la dit la plus douce de toutes les femmes.
On ne sait point précisément le temps de sa mort, qui a pu arriver vers l'an quatre-cent-vingt.
Aspiration : « Soyons doux envers tout le monde, dociles, patients, corrigeant avec modestie ceux qui résistèrent à la Vérité » (II Tim. 2)
Pratiques pour se sanctifier en imitant la Vie de Sainte Aselle :
I. Chercher de pieuses adresses pour faire réussir les résolutions qu'on a prises dans le service de Dieu.
II. S'employer pour la justification des personnes de qui le monde médit, quoiqu'elles ne s'appliquent qu'à de bonnes œuvres.
La Prière à Sainte Aselle fêtée le 6 décembre « Ô sainte Vierge Aselle, que Saint Jérôme appelait un exemple de Chasteté et un des plus insignes ornements de la Virginité Religieuse » de l'Abbé de Commanville :
C'est un Don excellent, une Grâce des plus souhaitables, ô mon Dieu, pour les personnes qui sont à votre divin service, qu'une humeur douce, et une inclination naturellement portée à la retraite et à la paix.
Vous aviez favorisé votre sainte Vierge Aselle d'un caractère si aimable : communiquez, nous par son mérite et son intercession cette Vertu, qui nous sera utile comme à elle pour notre propre sanctification et pour celle de notre prochain ; et soit que nous ayons du penchant, soit que nous l'acquérions par notre travail, accordez-nous un tel empire sur nos passions, que nous puissions être mis au rang des Doux et des Pacifiques. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.
Monsieur l’Abbé Michel Echard (16..-17..) - « Les nouvelles Vies des Saints pour tous les Jours de l'année », tome IV, Vie de Sainte Aselle fêtée le 6 décembre, p. 427-432, chez Jean Baptiste Besongne, 1725
Voir les autres Prières de Monsieur l’Abbé Michel Echard de Commanville :
- La Prière à Saint Éloi fêté le 1er décembre « Seigneur, faites que tant d'artisans qui honorent Saint Éloi comme leur Patron ne travaillent comme lui que pour devenir des Saints » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint François Xavier fêté le 3 décembre « Ô Saint François Xavier, Apôtre des Indes, qui avez porté les rayons de votre Foi dans les pays les plus éloignés et les plus inconnus » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Pierre Chrysologue fêté le 4 décembre « Ô Saint Évêque Pierre, Prédicateur si éloquent jusqu'à être nommé Chrysologue : Parole d'Or » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Clément d’Alexandrie fêté le 4 décembre « Ô illustre saint Clément Alexandrin, qui avez renoncé généreusement aux Écoles Païennes pour être l'humble Disciple des saintes Écritures » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Sabbas fêté le 5 décembre « Seigneur, que l’intercession du Bienheureux Abbé Sabbas, nous recommande, s’il Vous plaît, auprès de Vous » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Sainte Crispine de Thagare fêtée le 5 décembre « Ô sainte Martyre Crispine, prête à souffrir avec joie tout ce qui pouvait vous arriver pour la Foi dont vous faisiez profession » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Pierre Pascal fêté le 6 décembre « Ô saint Évêque Pierre Pascal, immolé le même jour de votre naissance après avoir célébré le saint Sacrifice de la Messe » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Sainte Aselle fêtée le 6 décembre « Ô sainte Vierge Aselle, que Saint Jérôme appelait un exemple de Chasteté et un des plus insignes ornements de la Virginité Religieuse » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Ambroise fêté le 7 décembre « Ô Dieu, répandez la fermeté de ce généreux Saint envers les Princes de ce monde dans tous vos Prélats » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Sainte Odile fêtée le 14 décembre « Ô illustre Abbesse Sainte Odile, qui fîtes revenir votre père de la dureté avec laquelle il vous traitait » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Sainte Fare fêtée le 15 décembre « Ô illustre Vierge et Abbesse Sainte Fare, qui usait trois fois par jour de la Confession pour vous corriger » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Thomas Apôtre fêté le 21 décembre « Ô Seigneur, opérez par l'intercession et les mérites de ce grand Saint, cette docilité d'esprit et de cœur dans tous vos Fidèles » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Étienne fêté le 26 décembre « Ô Saint Étienne, Martyr qui demandait Pardon si instamment pour ceux qui vous accablaient de pierres » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Jean fêté le 27 décembre « Qu'il a été glorieux à votre Apôtre et Évangéliste Saint Jean, ô mon Dieu, de s'être tellement attaché à Vous » de l'Abbé de Commanville
- La Prière aux saints Innocents fêtés le 28 décembre « Conservez notre Innocence Baptismale, Seigneur, par les mérites et l’intercession des saints Innocents » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Thomas de Cantorbéry fêté le 29 décembre « Ô illustre Thomas, qui sacrifia ses biens, sa réputation, son repos, sa vie, plutôt que de consentir à une parole qu'il jugeait préjudiciable à l’Église » de l'Abbé de Commanville
- La Prière sur la Circoncision du Seigneur le 1er janvier « Vous nous avez dit dans vos divines Écritures, mon Sauveur et mon Dieu, que la vraie Circoncision est celle du cœur » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Fulgence fêté le 1er janvier « Ô saint Évêque Fulgence, usé de travaux et de pénitences, chéri et honoré de tous les Saints de votre siècle » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Macaire d’Alexandrie fêté le 2 janvier « Ô grand Abbé Saint Macaire, donnez-nous votre inclination pour la vie Solitaire dans la Pénitence et la Prière » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Sainte Geneviève fêtée le 3 janvier « Ô incomparable Vierge Sainte Geneviève, qu'on croit communément n'avoir été qu'une simple bergère, et que la plus grande Ville du monde honore comme sa principale Patronne » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Tite fêté le 4 janvier « Ô saint Tite, vous nous donnez le bon exemple dans toute notre conduite envers notre prochain » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Siméon Stylite fêté le 5 janvier « Ô saint Siméon Stylite, élevé sur votre Colonne pour vos exercices de Pénitence extravagants » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Sainte Synclétique d'Alexandrie fêtée le 5 janvier « Ô sainte Vierge Synclétique, qui vouliez être inconnue au monde afin d'être plus unie à Dieu » de l'Abbé de Commanville
- La Prière pour la Fête de l'Épiphanie le 6 janvier « Ô mon Dieu, conduisez-moi comme les Saints Mages par l'écoute de la Foi et par les lumières de vos divines Écritures » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Lucien d'Antioche fêté le 7 janvier « Ô Martyr saint Lucien, qu'à votre exemple nous étudions les saintes Écritures pour notre Sanctification » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Pierre de Sébaste fêté le 9 janvier « Ô dernier fils de Saint Basile et de Sainte Emmelie et frère de Saint Basile le Grand, Saint Grégoire de Nysse et Sainte Macrine » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Théodose le Cénobiarque fêté le 11 janvier « Ô saint Théodose, qui vous releviez la nuit pour prier afin de n’être point surpris par la tentation » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Arcade fêté le 12 janvier « Ô saint Martyr Arcade, divisé en morceaux pour être uni à Jésus-Christ » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Hilaire de Poitiers fêté le 14 janvier « Ô grand Évêque et incomparable Docteur Saint Hilaire, qui résista aux Empereurs contre l'Hérésie Arienne » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Julien Sabas fêté le 14 janvier « Ô illustre Solitaire Saint Julien, dont la principale occupation était de réciter les Psaumes que vous saviez par mémoire » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Paul Ermite fêté le 15 janvier « Ô saint Ermite Paul, qui avez passé ce grand nombre d'années au désert dans une entière Solitude » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Isidore l'Hospitalier fêté le 15 janvier « Ô saint Hospitalier Isidore, chargé des aumônes qu'on faisait aux étrangers et aux pauvres dans l’Église » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Honorat fêté le 16 janvier « Ô illustre Évêque saint Honorat, que la Grâce a pris soin de se choisir dans une famille qui paraissait la plus opposée à la Sainteté » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Antoine fêté le 17 janvier « Ô grand Patriarche de la vie Solitaire, tirez-nous des pièges du Démon par les exercices salutaires du Jeûne et de l'Oraison » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Sainte Marguerite de Hongrie fêtée le 18 janvier « Ô illustre Vierge Marguerite et Princesse de Hongrie, qui prit l'Habit de Saint Dominique étant âgée environ de douze ans » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Raymond de Pennafort fêté le 23 janvier « Ô saint Casuiste Raymond, qui avez écrit la Somme des Confesseurs pour l'édification des Fidèles » de l'Abbé de Commanville
- La Prière à Tous les Saints « Saint, Saint, Saint nous disent éternellement Tous les Saints au pied de vôtre Trône » de l'Abbé de Commanville
- La Prière pour les Âmes du Purgatoire « Accordez-nous, Seigneur, la délivrance des Âmes du Purgatoire qui y sont détenues pour lesquelles nous Vous prions » de l'Abbé de Commanville