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Prière sur l’Amour de Jésus-Christ pour son Père

Prières > sur la Charité

Voici une Prière sur l’Amour de Notre Seigneur Jésus-Christ pour son Père par ses sentiments, par ses paroles, et surtout par ses actions dont l'action qui a été le but de sa venue sur la terre, l'objet des préoccupations de toute sa vie : sa Mort sur la Croix « Ô mon Dieu, puissions-nous avoir part aux saintes dispositions de notre Sauveur et Vous témoigner, comme Lui, notre amour de tant d'admirables manières ! » donnée par M. l’Abbé Jean-Baptiste Nicaise Civet (1801-1846), Prêtre de Saint Sulpice, Chanoine honoraire de Reims et Vicaire de Charleville qui entra dans l'état ecclésiastique qu’à l'âge de trente ans parce que Veuf après sept ans de Mariage.



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La Prière sur l’Amour de Jésus-Christ pour son Père « Ô mon Dieu, puissions-nous avoir part aux saintes dispositions de notre Sauveur et Vous témoigner, comme Lui, notre amour de tant d'admirables manières ! » de l’Abbé Nicaise Civet :

Adorer Notre-Seigneur Jésus-Christ attaché à la Croix, se dévouant à la mort par un effet de son amour pour son Père : « Ut cognoscat mundus quia diligo Patrem » ; afin que le monde sache bien que j'aime mon Père et que j'exécute ponctuellement les Ordres qu'Il m'a donnés, levez-vous et allons plus loin.
« Et sicut mandatum dedit mihi Pater, sic facio : Surgite, eamus hinc » (Jean XIV, 31).
Examinons d'abord comment Jésus-Christ a aimé son Père ; nous verrons ensuite quels sont les motifs qui L'ont déterminé à cet amour.

Jésus en Croix nous montre tout son amour pour son Père céleste.
L'amour se témoigne de plusieurs manières : par des sentiments, par des paroles, et surtout par des actions.

Or Jésus-Christ a témoigné son Amour à son Père :
1º Par les sentiments les plus tendres et les plus dévoués.
Dès le premier moment de son existence en ce monde, Il a été dans la disposition sincère de Lui obéir en tout, de ne chercher qu'à Lui plaire et de mourir même pour satisfaire à sa Justice.
Disposition admirable qui fait notre honte et notre confusion ; car non-seulement nous ne sommes pas intérieurement déterminés à mourir, comme Jésus-Christ, pour plaire à Dieu ; mais peut-être, hélas, n'avons-nous pas même la force d'entreprendre, pour son amour, les choses les plus faciles.
Non-seulement nous ne sommes pas portés, par le motif et le mouvement de l'amour de Dieu, à exécuter ce qui se rencontre de pénible et de difficile dans la vie ; mais peut-être même n'avons-nous pas le courage de surmonter, pour Lui plaire, nos moindres répugnances.
Rougissons de nous sentir si faibles à la vue d'un Modèle si fort ; de nous trouver si lâches et si froids à la vue d'un Guide si courageux et si ardent.

2º Jésus-Christ a témoigné son Amour à son Père par ses paroles.
Dès son entrée dans ce monde, Il a fait ouvertement profession de vouloir Lui plaire en tout : « Je viens, Lui dit-Il, pour faire Votre volonté : Ingrediens mundum, dicit : Ecce venio ut faciam, Deus, voluntatem tuam » (Hebr. X, 5, 7).
Et depuis, Il n'a cessé d'exprimer le désir ardent de L'aimer et de Le servir sans déguisement.
Ne savez-vous pas, dit-Il à ses parents, lorsqu'Il parut pour la première fois au milieu des docteurs, ne savez-vous pas qu'il faut que je sois aux affaires de mon Père ?
« Nesciebatis quia in his quæ Patris mei sunt oportet me esse ? » (Luc II, 49).
Après comme avant sa Résurrection, Il ne parlait que du Royaume de Dieu : « Loquens de regno Dei » (Act. 1, 3).
Sur le Thabor Il en entretenait la foule qui L'avait suivi, avant sa Transfiguration ; Il les accueillit, dit l'Évangile, et Il leur parlait du Royaume de Dieu : « Excepit eos et loquebatur illis de regno Dei » (Luc IX, 11).
La Doctrine qu'Il annonce n'est point sa doctrine, mais Celle de son Père.
« Mea doctrina non est mea, sed ejus qui misit me » (Jean VII, 16).
Et Il avait raison de dire que Celui que Dieu envoie ne fait que répéter les Paroles de Dieu : « Quem enim misit Deus, verba Dei loquitur » (Jean III, 31).
Ce que j'ai appris de Lui, dit-Il, c'est ce que j'expose dans le monde : « Quæ audivi ab eo, hæc loquor in mundo » (Jean III, 26).
Je dis ce que mon Père m'a appris « Sicut docuit me Pater, hæc loquor » (Jean III, 28).
Je vous ai enseigné la Vérité que j'ai apprise de Dieu : « Veritatem vobis locutus sum quam audivià Deo » (Jean III, 40).
Je ne parle point de moi-même ; mais mon Père, qui m'a envoyé, m'a prescrit ce que devais dire et publier : « Ego ex me ipso non sum locutus : sed qui misit me Pater, ipse mihi mandatum dedit quid dicam et quid loquar » (Jean XII, 49).
On n'en finirait pas si l'on voulait rapporter tous les textes où Notre-Seigneur rend à son Père la Gloire qu'Il mérite et Lui témoigne ainsi son Amour.
Le discours de la Cène n'est qu'un hymne chaleureux où cet Amour s'exhale en accents inconnus à la terre.
Et nous, avons-nous soin de dire, de temps en temps, à Dieu que nous L'aimons ?
Peut-être oublions-nous souvent de Lui donner ce simple témoignage.
Et quand nous le faisons, n'est-ce point seulement du bout des lèvres, sans que le cœur y prenne part ?
Mais surtout, confessons-nous de bouche, devant les hommes, l'amour que nous devons à Dieu et que nous Lui avons promis ?
Quand la passion, le monde nous sollicite au mal, quand nous sommes tentés d'offenser Dieu et de renoncer à son amour, avons-nous dans le cœur et sur les lèvres des paroles brûlantes pour éloigner le Tentateur et dissiper ses illusions ?
Désormais, soyons plus fidèles à former des actes d'amour de Dieu : cette pratique entretiendra en nous ce sentiment qui édifiera notre âme et l'empêchera de tomber dans la tiédeur.

3º Mais c'est surtout par ses actions que Jésus-Christ a témoigné à Dieu son Amour.
Et, sans entrer dans de longs détails, puisqu'il faudrait les parcourir toutes, on peut dire, en un mot, que sa vie tout entière n'a été qu'un acte d'amour.
Il était venu pour faire la Volonté de son Père : « Ecce venio ut faciam, Deus, voluntatem tuam » ; et jusqu'au moment de sa mort, Il n'a cessé de protester qu'Il la voulait faire, même aux dépens de sa vie.
On L'a vu passer les nuits en prière, c'est là qu'Il exprimait à son Père tout son amour, en s'offrant avec ardeur pour nous.
Puis sortant de l'oraison, Il courait après les brebis égarées de la maison d'Israël, Il ne voulait pas qu'aucune fût arrachée de ses mains, précisément parce que son Père les Lui avait confiées.
Il guérissait toute sorte de maladies et d'infirmités ; Il faisait sortir les morts du tombeau, et cela pour glorifier son Père et montrer aux Juifs qu'Il avait été envoyé pour exécuter ses ordres.
Enfin Il était impatient de répandre son sang sur la Croix, pour racheter les hommes et surtout pour témoigner à son Père tout son amour.
Je fais, dit-Il, tout ce qui Lui est agréable, afin que le monde connaisse que j'aime mon Père : « Ut cognoscat mundus quia diligo Patrem » (Jean XIV, 31).
« Quæ placita sunt ei, facio semper » (Jean VIII, 29).
« Me oportet operari opera ejus qui misit me » (Jean IX, 4).
Oh ! Que notre amour doit nous paraître faible, si nous méditons quelque peu sur Celui de notre Sauveur !
Que d'actions dans notre vie qui ne sont pas pour Dieu et dont la vanité est le principe.
Combien de fois le monde, les passions, notre intérêt viennent se mettre à la traverse et altérer notre amour !
N'avons-nous donc reçu de Dieu aucune mission pour sa Gloire, ne fût-ce que l'œuvre de notre Salut et de notre Sanctification ?
La Volonté de Dieu, dit l'Apôtre, n'est-elle pas la sanctification de nos âmes ?
« Hæc est enim voluntas Dei sanctificatio nostra » (I Thess. IV, 3).

Mais l'action principale où Jésus-Christ a particulièrement témoigné à Dieu son amour ; l'action qui a été le but de sa venue sur la terre, l'objet des préoccupations de toute sa vie, c'est sa Mort sur la Croix.
Faisons quelques considérations sur ce sujet.
1. L'amour d'un subordonné se témoigne spécialement par l'obéissance aux ordres du supérieur.
L'Homme-Dieu s'est rendu obéissant jusqu'à la mort, et à la Mort de la Croix.
« Factus obediens usquè ad mortem, mortem autem crucis » (Philip. II, 8).
Et pour montrer au monde qu'Il remplissait volontairement et de bon cœur le mandat que Lui avait donné son Père : « Levez-vous et marchons », disait-Il à ses Apôtres.
« Ut cognoscat mundus quia sicut mandatum dedit mihi Pater, sic facio : surgite, eamus hinc » (Jean XIV, 31).

2. C'est un éclatant et indubitable témoignage qu'on aime, quand on fait céder toutes ses répugnances au bon plaisir et aux intérêts de la personne aimée.
Or Jésus-Christ a parfaitement pratiqué cette maxime : Il éprouvait une souveraine répugnance à boire le calice que Lui présentait son Père ; Il aurait vivement souhaité le voir s'éloigner de Lui ; Il avait même manifesté son désir, mais Il reprit aussitôt : « Verum tamen, non mea voluntas, sed tua fiat ».
Cependant, mon Père, qu'il soit fait selon votre bon plaisir, et non selon ma volonté ; la Gloire de Dieu avant tout, et cette Gloire résulte de mon humiliation : « Humiliavit semetipsum, factus obdiens usquè ad mortem ».

3. Dans ce qu'on fait pour un autre, lors-même que c'est par un motif d'obéissance, il peut arriver qu'on agisse par des vues qui ne soient pas complétement désintéressées, et qu'on se recherche soi-même et sa propre gloire, ce qui diminue d'autant l'amour qui est le principe de nos actions.
Mais Jésus-Christ a toujours désavoué cette conduite égoïste ; Il déclare qu'Il n'agit qu'en vue de la Gloire de son Père : « Ego autem non quæro gloriam meam » (Jean VIII, 50) ; qu'Il ne cherche point à faire sa volonté propre, mais la Volonté de Celui qui L'a envoyé : « Non quæro voluntatem meam, sed voluntatem ejus qui misit me » (Jean V, 30).
Il savait que, pour réparer l'outrage fait à la Gloire de son Père, le Sacrifice de sa vie était demandé ; Il ne balance pas ; Il s'offre, Il s'immole lui-même : « Ego pono animam meam ; nemo tollit eam à me ; sed ego pono eam àme ipso » : C'est moi qui fais le Sacrifice de ma vie, personne ne me l'enlève, mais je l'abandonne de moi-même, parce que tel est l'ordre et le mandat que j'ai reçus de mon Père : « Hoc mandatum accepi à Patre meo » (Jean X, 17-18).

4. Il est certaines manières d'offrir un sacrifice qui montrent qu'on cède à la nécessité plutôt qu'on n'agit par le mouvement de l'amour.
Mais Jésus-Christ veut encore se montrer un Modèle parfait sous ce rapport, et Il prouve que c'est l'amour seul qui le fait agir.
Car, d'un côté, ce qu'Il fait, Il le fait uniquement pour plaire à son Père : « Quæ placita sunt ei facio semper ; sicut mandatum dedit mihi Pater, sic facio : ità, Pater, quia sic fuit placitum ante te » (Jean VIII, 29 ; XIV, 31 ; Matth. XI, 26) ; marque évidente et incontestable d'un amour sincère.
D'un autre côté, Il brûle de consommer son sacrifice ; Il a peine à se contenir, Il lui faut trop longtemps attendre : « Quomodò coarctor, usquè dum perficiatur ? » (Luc XII, 50).
Sainte impatience, empressement divin, signe non équivoque d'un bien ardent Amour !
Ô mon Dieu, puissions-nous avoir part à ces saintes dispositions de notre Sauveur, et Vous témoigner, comme Lui, notre amour de tant d'admirables manières !
Nous ne ferions, au reste, même alors, qu'accomplir ses volontés sur nous, puisqu'Il nous a dit qu'Il nous donnait l'exemple dans le but de nous inviter à Le suivre et à imiter ses exemples, sans quoi nous ne pouvons pas être ses Disciples. Ainsi soit-il.

Abbé Jean-Baptiste Nicaise Civet (1801-1846) – « Méditations sur la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ », Vingtième Méditation : Amour de Jésus-Christ pour son Père, pages 368-378, chez Adrien Le Clere, 1858

Voir les autres Prières des Méditations sur la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ de M. l’Abbé Jean-Baptiste Nicaise Civet :
- La Prière pour toujours Prier sans se lasser « Parlez, Seigneur, parce que votre serviteur Vous écoute » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière pour profiter de la Grâce Sanctifiante et devenir un Saint « Béni soit Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a comblés, en Lui, de toutes sortes de Bénédictions spirituelles et célestes ! » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière au Christ mort sur la Croix « Ô divin Jésus, que je suis obligé de Vous aimer ! » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière pour méditer avantageusement la Passion du Christ « Ô Jésus en Croix, soyez l'objet de mon amour, qu'il Vous rêve la nuit et Vous médite le jour » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière à Jésus souffrant et crucifié, Modèle des Élus « Ô mon Sauveur, accordez-moi de m'instruire à votre École et de profiter des leçons d'un Maître si accompli » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière de Compassion aux Souffrances de la Sainte Vierge « Priez pour nous, ô Vierge des Douleurs, afin que nous devenions dignes des Promesses de Jésus-Christ » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière sur l’Humilité de Notre Seigneur Jésus-Christ « Ô Seigneur, donnez-moi votre Humilité » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière pleine d’Espérance « Ô mon Sauveur, quand je songe que, sur la Croix, Vous avez prié pour le Salut de mon âme » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière d'Espérance et de Confiance en Dieu « Seigneur, je trouve encore bien des obstacles à cette Confiance dont Vous me donnez l'exemple » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière sur l'énormité du Péché « Offrons à Dieu non-seulement les mortifications communes et prescrites par notre sainte Religion, mais nos prières, nos aumônes, nos bonnes œuvres et nos peines » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière de Repentir « Ô divin Jésus, Vous n'avez souffert que pour moi » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière sur la sévérité de la Pénitence « Ô mon âme, tu trouveras dans Jésus crucifié le Modèle du vrai Pénitent » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière sur la nécessité de la Mortification « Peut-être, ô mon Dieu, ne m'avez-Vous laissé à combattre que des passions faciles à réprimer » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière pour mépriser les choses créées et adorer Dieu seul « Ô Jésus-Christ en Croix, qui nous enseignez à nous détacher des choses de ce monde et à n'aimer que Dieu seul » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière pour nous enseigner la Patience « Ô Jésus-Christ en Croix, Vous nous apprenez ce que doit être la Patience Chrétienne qui consiste à souffrir tout sans se plaindre et même avec joie » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière sur l’Amour de Jésus-Christ pour son Père « Ô mon Dieu, puissions-nous avoir part aux saintes dispositions de notre Sauveur et Vous témoigner, comme Lui, notre amour de tant d'admirables manières ! » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière pour se conformer à la Volonté de Dieu « Ô mon Dieu, votre volonté avant tout : Non mea voluntas, sed tua fiat ! » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière pour pratiquer la Charité envers son Prochain « Oui, j'aimerai mon Prochain comme moi-même, comme Jésus-Christ m'a aimé » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière à la Consécration du saint Sacrifice de la Messe « Je crois fermement, ô mon Sauveur, que Vous êtes véritablement Présent dans la Sainte Eucharistie » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière sur la manière de bien Mourir « Si nous voulons mourir comme Jésus-Christ, vivons comme Jésus-Christ » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière pour mériter le Prix infini du Ciel « Le Royaume des Cieux se prend par la force et ce sont les violents qui l'emportent » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière sur la Résurrection de Jésus-Christ « Ô Jésus ressuscité, vivant et glorieux, Vous nous donnez l'espérance de Vous suivre un jour et Vous nous invitez à une sainte Joie » de l’Abbé Nicaise Civet
- La Prière pour le Salut des âmes que nous avons à cœur de convertir « Ô Jésus, Zélateur des âmes, ayez pitié de nous ! » de l’Abbé Nicaise Civet