Voici une Prière sur la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ le Troisième Jour « Heureuse nouvelle pour moi, Seigneur, Vous êtes Ressuscité ! » du Révérend Père Louis Le Valois (1639-1700), Prêtre jésuite, Recteur du Collège de Caen puis Père spirituel au Collège de Clermont à Paris nommé en 1697 Confesseur des petits-fils de Louis XIV.

Surrexit : Il est Ressuscité ! (Luc XXIV, 6)
La Prière sur la Résurrection de Notre Seigneur « Heureuse nouvelle pour moi, Seigneur, Vous êtes Ressuscité ! » du R. P. Louis Le Valois :
I. Heureuse nouvelle pour moi, Seigneur, Vous êtes Ressuscité ! Je le crois, et j'ai trop d'intérêt à le croire pour en vouloir jamais douter. En vain Pierre, Jean, Madeleine et les autres Saintes femmes vont au tombeau pour embaumer votre corps et pour Vous rendre leurs derniers devoirs. Je leur dirai volontiers comme les Anges : A quoi pensez-vous, fervents disciples ? Fidèles et zélées servantes de Jésus, à quoi pensez-vous ? Vous cherchez parmi les morts Celui qui est vivant ? Ne vous a-t-Il pas prédit qu'Il ressusciterait ? Si là-dessus il vous reste le moindre doute, si sa prédiction et mon témoignage ne suffisent pas pour vous convaincre, la pierre qui fermait l'entrée de sépulcre est levée ; vous y pouvez entrer : examinez, regardez de toutes parts ; c'est là qu'on L'avait mis, voilà les linges où on L'avait enseveli : mais il n'y est plus Lui-même, Il est Ressuscité !
II. Seigneur, que votre tombeau est différent de ceux des autres hommes, et de ceux-mêmes des conquérants et des princes de la terre ! Ceux-ci, tout magnifiques qu'ils paraissent, sont toujours humiliants ; mais le prophète a bien eu raison de dire que le Vôtre serait glorieux. L'ambition des hommes ne peut mettre autour de ces mausolées également superbes et méprisables, qu'elle érige à la vanité humaine, que des figures mortes, à qui elle donne des visages tristes et des yeux pleurants. Elle n'a pu encore y faire inscrire que des épitaphes humiliants et lugubres, qui demandent des larmes aux spectateurs, et qui, exposant la puissance et les grandes dignités du mort, font entendre que cette puissance, que ces dignités sont passées ; que ses amis ne doivent plus rien attendre de lui, que ses ennemis n'en doivent plus rien craindre ; que son corps est là sujet à la pourriture, et déjà peut-être réduit en poussière, jusqu'à ce qu'il ressuscite un jour pour être cité avec l'âme devant le Tribunal de Dieu, et pour y recevoir son dernier arrêt. Voilà ce que sont et ce que disent nos tombeaux. Mais le Vôtre, ô mon Sauveur, est environné d'esprits bienheureux qui, sur leurs visages et dans leurs habits, marquent la joie qu'ils ressentent et que nous devons tous ressentir ; qui font et qui publient l'épitaphe que l'on doit mettre sur votre tombe : Il est Ressuscité ! Épitaphe nouveau et sans modèle depuis le commencement des siècles ! Épitaphe singulier, qui ne peut convenir qu'à Vous ; épitaphe qui rassure vos disciples, qui effraye vos ennemis ; qui fait comprendre aux uns et aux autres que vos douleurs et vos humiliations sont finies ; que, si Vous avez voulu subir la mort, Vous l'avez vaincue ; que tout ce que Vous avez jamais eu de vie, de force, de grandeur, de gloire, subsiste et subsistera éternellement.
III. Vous nous en assurez Vous-même ; Vous nous ordonnez d'en faire l'objet de notre foi et le motif de notre espérance. Ne craignez point, nous dites-Vous ; j'étais mort, mais je ne l'ai été que pour trois jours. Maintenant et dès le troisième jour, je suis vivant, et je le suis pour tous les siècles des siècles. J'ai voulu mourir pour vos péchés et pour vous en mériter le pardon ; mais je suis vivant, et je le serai toujours pour vous appliquer mes mérites et pour votre justification. J'ai les clefs de la mort et de l'Enfer : comme j'ai tiré mon corps du tombeau, j'en tirerai le vôtre ; comme j'ai tiré mon âme de l'Enfer des limbes, je préserverai la vôtre de l'Enfer des damnés ; comme je me suis ressuscité, je vous ressusciterai vous-mêmes, pour me glorifier en vous et pour vous glorifier en moi.
IV. Qui pourrait Vous voir si brillant de lumière et si aimable, Seigneur, sans Vous aimer ? Qui peut Vous aimer, et ne pas prendre part à votre gloire ? Dans le saint ravissement où je suis, il me semble, mon Dieu, que, Vous voyant revivre après Vous avoir vu mourir, mon âme et mon corps reprennent en ce jour comme Vous une vie toute nouvelle. Vous n'aviez point mérité la mort ; mais, étant mort volontairement, Vous méritiez de ressusciter glorieusement. C'est donc une justice que votre Père Vous a faite quand, pour une vie passible et mortelle que Vous Lui aviez sacrifiée, Il Vous a donné une vie immortelle et impassible. C'est une justice que Vous-même Vous avez faite à votre sainte humanité, en la glorifiant après l'avoir exposée à des traitements si indignes et à tant d'opprobres.
V. Divin Rédempteur, jouissez des avantages de cette vie glorieuse que Vous venez de reprendre ; et faites-moi vivre de l'espérance que Vous me donnez, de ressusciter comme Vous. Vous l'avez surtout promis à ceux qui participeront à la Communion de votre chair et de votre sang ; Vous avez dit que Vous seriez dans eux et pour eux comme un germe sacré et un gage de la vie éternelle. J'ai l'honneur de recevoir quelquefois votre divin Sacrement ; je me dispose, tout indigne que je suis, à y participer encore aujourd'hui, et à faire la Pâque avec Vous. Votre parole y est donc engagée, Seigneur : Vous ne pouvez, puissant, bon, fidèle, immuable comme Vous êtes, Vous dispenser de l'accomplir un jour et de me ressusciter.
VI. Quelle consolation pour moi de penser que Vous êtes vivant, et que, si je dois mourir, je dois aussi ressusciter, que je reprendrai au Dernier Jour la même chair et le même corps ; que moi-même et de mes yeux je Vous verrai, et que ce ne sera point un autre qui Vous verra pour moi ! C'est l'espérance que je nourris dans mon cœur (Job, XIX, 25), et cette espérance me nourrit moi-même ; elle me soutient, elle me fortifie, elle me fait mépriser la mort. Tout affreuse qu'elle paraît, je l'accepte, je la désire, je commence à l'aimer.
VII. Je l'acceptais autrefois, et je m'y soumettais par soumission à votre souveraine puissance, parce que, Maître de tous les êtres du monde, Maître de ma vie et de la vie de tous les hommes, Vous l'aviez ainsi ordonné. Je l'acceptais par un esprit de justice, parce que je méritais de perdre une vie dont j'avais fait un si criminel abus. Je l'acceptais par un esprit de pénitence, parce que je voulais Vous satisfaire, et que je la regardais comme un châtiment du péché. Je m'y soumets toujours, mon Dieu, par les mêmes motifs ; mais j'ajoute que je m'y soumets encore plus par amour, que je la regarde comme un pas que je dois faire sans peine et même avec joie pour Vous aller retrouver, que je la souhaite comme un moyen de parvenir au bonheur de Vous posséder, que je l'aime et par reconnaissance et par complaisance : par reconnaissance, afin de Vous sacrifier ma vie, comme Vous m'avez sacrifié la Vôtre ; par complaisance, pour Vous ressembler et pour entrer dans votre gloire par la même porte par où Vous avez voulu y entrer Vous-même.
VIII. Mais, mon Dieu, que me servira de mourir si je ne meurs pas comme Vous ? Que me servira de ressusciter si je ne ressuscite pas comme Vous ? Tous les hommes ressusciteront, comme tous les hommes mourront ; mais tous ne seront pas changés par leur résurrection : la chair et le sang ne peuvent posséder le Royaume de Dieu, et les hommes corrompus par le péché n'arriveront point à l'incorruptibilité d'une vie bienheureuse. Il n'y aura que ceux qui seront morts comme Vous, qui ressusciteront comme Vous. Faites donc, Seigneur, que je meure en effet comme Vous : que je remette mon âme entre vos mains comme Vous remîtes la Vôtre entre les mains de votre Père ; que ma mort soit Sainte comme la Vôtre, qu'elle soit précédée d'une vie Sainte comme la Vôtre ; enfin, que je puisse alors Vous dire : Je Vous ai glorifié sur la terre ; j'ai consommé l'ouvrage dont Vous m'aviez chargé : donnez-moi maintenant votre gloire, et puisque j'ai fait ce que Vous m'avez commandé, faites ce que Vous m'avez promis. Ainsi soit-il.
R. P. Louis Le Valois (1639-1700) - « Collection intégrale et universelle des Orateurs Sacrés du Premier et du Second Ordre », Entretiens intérieurs sur les Mystères de Notre-Seigneur : Ve entretien sur la Résurrection de Notre Seigneur, Prière sur la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ, pages 666-669, chez J.P. Migne, 1866

Voir également du Révérend Père Louis Le Valois :
- La Prière sur la Conception de la Sainte Vierge « Ô Vierge Immaculée, Vous êtes conçue avec la Grâce et dans la Grâce » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur le Très Saint Nom de Marie « Marie, ô Nom sous Lequel nul ne doit désespérer ! » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur l’Annonciation de la Sainte Vierge « Ô Marie, c'est aujourd'hui que Vous devenez la Mère du Seigneur du Ciel » du R. P. Louis Le Valois
- La Paraphrase du Cantique de la Sainte Vierge « Ô Bienheureuse Vierge Marie, heureuse d'avoir été tout ensemble Mère et Vierge » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour l’Avent « Seigneur, j'irai au pied de Votre crèche pour connaître toute la profondeur de mes plaies » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Nativité de Notre Seigneur « Ô Amour efficace, puisqu'Il Vous fait descendre du Ciel même pour nous ! » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Foi des Rois Mages à l’Épiphanie « Ô Seigneur Jésus, comblez-nous des mêmes trésors, conduisez-nous par la même route et faites-nous parvenir à la même fin » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Présentation de Jésus-Christ au Temple « Voici, mon Père, la Victime que Vous attendiez depuis tant de siècles » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Passion de Notre Seigneur « Seigneur, par les Mérites de votre Croix, accordez-moi la Grâce de Vous aimer comme Vous m'avez aimé » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Résurrection de Notre Seigneur « Heureuse nouvelle pour moi, Seigneur, Vous êtes Ressuscité ! » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur l’Ascension de Notre Seigneur « Souvenez-Vous, Seigneur, de ne nous pas laisser sur la terre comme des orphelins, sans secours, sans soutien et sans appui » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour la Fête de la Pentecôte « Venez, Esprit-Saint, sanctifiez-moi comme Vous êtes Saint » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour la Fête de la Sainte Trinité « Au nom du Père qui m’a créé, au nom du Fils qui m'a racheté, et au nom du Saint-Esprit qui m’a sanctifié » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour la Fête du Très Saint-Sacrement « Ô Saint Sacrement de l’Autel, Vous nous permettez de nous entretenir avec Vous, de Vous y parler avec confiance et de Vous y parler même avec une espèce de familiarité » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour le Dimanche de l'Octave du Saint-Sacrement « Ô Jésus, ô mon Roi, ô souverain Maître du monde et de tout le monde » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour le Jour de l'Octave du Saint-Sacrement « Ô Jésus, notre Seigneur et Juge sévère après la mort mais si miséricordieux et si bon pendant la vie » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur l’Assomption de la Sainte Vierge « Jouissez, Vierge incomparable, d'une Gloire qui Vous est si légitimement acquise » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur le renouvellement des Vœux de Religion « Seigneur, donnez-Vous à moi comme je me donne à Vous » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière d'une âme pénitente « Reprenez-moi et châtiez-moi, Seigneur, humiliez mon orgueil et faites souffrir mon amour-propre » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière dans l’épreuve « Seigneur, considérez l'extrême danger où je me trouve, ayez pitié de moi et sauvez-moi ! » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur les Grandeurs de Dieu « Seigneur, que votre Nom est en Lui-même admirable » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur le Psaume 22 « Ô Bon Pasteur, Vous m'avez fait entrer et Vous me retenez dans votre Église comme dans un grand et riche pâturage » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Présence de Dieu dans notre vie « Ô Seigneur, Vous voyez toutes mes pensées de bien loin puisque Vous les voyez avant que je commence à les former » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière d'une âme pieuse dans la Maison de Dieu « Que j'aime, ô mon Dieu, vos Tabernacles et vos Autels où Vous résidez sur la terre ! » du R. P. Louis Le Valois