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Prière sur les Grandeurs de Dieu qui paraphrase le Psaume 8

Prières > à Dieu le Père

Voici la Prière sur les Grandeurs de Dieu et sur ses Miséricordes infinies qui paraphrase le Psaume 8 « Seigneur, que votre Nom est en Lui-même admirable » du Révérend Père Louis Le Valois (1639-1700), Prêtre jésuite, Recteur du Collège de Caen puis Père spirituel au Collège de Clermont à Paris nommé en 1697 Confesseur des petits-fils de Louis XIV.



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La Prière sur les Grandeurs de Dieu « Seigneur, que votre Nom est en Lui-même admirable » du R. P. Louis Le Valois :

I. Être, principe de nos êtres, Être qui êtes tout être, et devant qui tous les êtres créés ne doivent être comptés que comme des néants : Seigneur, que votre Nom est en Lui-même admirable, et qu'Il s'est encore rendu admirable dans tout l'univers ! Vos ouvrages publient si hautement vos grandeurs ; ils disent d'une manière si intelligible, que Vous les avez faits ce qu'ils sont, et que Vous devez être appelé le Tout-puissant, le Dieu fort, le Créateur de toutes choses ; ils Le disent si unanimement et dans une langue si universelle, qu'il n'y a point de peuples qui ne Les entendent. Vous n'êtes pas seulement connu ; mon Dieu, sous le Nom de Créateur ; Vous l'êtes encore sous le Nom de Sauveur. Ce grand Nom a été répandu par toute la terre : vos Apôtres et les hommes apostoliques qui les ont suivis L'ont porté à toutes les nations ; tout le monde en a été rempli : Il a ravi tous les esprits, Il a charmé tous les cœurs ; on Le prononce en tous lieux avec vénération et avec amour.
II. Les princes se font admirer et aimer par leur magnificence. Mais qui est le prince qui soit magnifique comme Vous, Seigneur ? Le monde entier est votre palais, le Ciel est votre trône, toute la terre est l'escabeau de vos pieds. Vous logez et Vous nourrissez tous vos sujets : il n'y en a pas un qui n'ait reçu et qui ne reçoive tous les jours de Vous une infinité de biens. Vous ne Vous plaignez que de ce qu'ils ne Vous en demandent pas assez, et de ce qu'ils refusent souvent les plus précieux que Vous voulez leur faire. Votre magnificence s'étend dans tout cet espace que nous voyons sous les cieux ; mais elle ne s'y renferme pas : elle s'élève et elle éclate incomparablement davantage au-dessus des cieux, dans le Royaume que Vous préparez à vos fidèles serviteurs. Créateur magnifique, que Vous donnez de biens naturels à vos créatures ! Sauveur plus magnifique, est-il possible que Vous donniez le Ciel, que Vous Vous donniez Vous-même à des hommes charnels et à des pécheurs ?
III. Tous les Anges et tous les hommes ayant ressenti les effets de votre libéralité, ils doivent l'exalter et la reconnaître. Mais Vous êtes si grand, Vous êtes si fort au-dessus de nous, si fort au-dessus de nos adorations et de nos louanges, que par grandeur Vous avez méprisé le superbe Lucifer, qui s'était déclaré notre ennemi, et les autres anges qui avaient eu l'orgueil de se soulever avec lui contre Vous. Vous avez méprisé les honneurs qu'ils Vous auraient rendus, et qu'ils Vous rendraient éternellement, si Vous aviez voulu leur pardonner cette première révolte. Vous les avez fait taire quand ils ont voulu publier votre Nom et Vous donner des éloges par la bouche des possédés. Et, pour les confondre, Vous nous avez choisis, nous qui naissons enfants ; nous qui, en comparaison des Anges, ne sommes même toute notre vie que des enfants. Vous nous donnez de grandes vues de vos perfections ; Vous nous inspirez de Vous louer et de Vous bénir ; Vous prenez plaisir et dans les vues que Vous nous donnez et dans les louanges que nous Vous rendons. Parmi nous-mêmes, Seigneur, entre les hommes Vous méprisez les savants enflés de leur science ; Vous méprisez les grands de la terre et les princes orgueilleux ; Vous leur cachez vos merveilles, et Vous les révélez aux petits, aux humbles, aux simples (Luc X, 21). Vous Vous servez des ignorants pour confondre les savants. Vous Vous servez des pauvres et des faibles pour confondre les tyrans, persécuteurs de votre Nom. Vous Vous servez même quelquefois des enfants à la mamelle. Dans un âge où ils sont encore incapables de savoir et de prononcer les noms de leurs pères et de leurs mères, Vous leur apprenez le Vôtre : ils Le prononcent distinctement et à haute voix ; ils confessent que Vous êtes le Créateur et le Sauveur de tous les hommes ; ils donnent leur sang, ils endurent les derniers supplices, ils meurent pour confirmer cette vérité, et laissent vos présomptueux ennemis au désespoir d'avoir été vaincus par des enfants.
IV. J'éprouve heureusement en moi ce qu'a dit votre Prophète, car bien que je sois jeune et peu avancé ; bien que je sois au moins par moi-même peu de chose, et que je ne mérite que votre mépris, Vous daignez quelquefois m'éclairer, m'appliquer à la considération de vos ouvrages et m'élever jusqu'à la contemplation de votre magnificence. Vous me faites surtout considérer avec un singulier plaisir les cieux, le soleil, la lune, les planètes, les autres étoiles, ces corps d'une si vaste étendue, ces globes si lumineux, dont les mouvements sont si rapides et si réglés, dont les influences sont si différentes et si puissantes. Vous me faites faire réflexion que Vous les avez créés de rien ; que Vous les soutenez sans le secours de personne ; que tout cela est l'ouvrage non de vos bras, mais de vos doigts ; c'est-à-dire, que Vous avez fait tout cela sans travail, et que Vous l'avez pourtant fait aussi beau que si Vous y aviez beaucoup travaillé. Vous me faites la Grâce de porter mon esprit où mes yeux ne peuvent aller ; de pénétrer jusque dans le Ciel ; d'y contempler la beauté, les richesses, la splendeur de cette admirable cité, la multitude infinie des saints Anges et des Saints hommes qui y règnent avec Vous ; le parfait bonheur qu'ils y possèdent, et que Vous nous y destinez ; ce bonheur qui Vous coûte si peu à donner, ô grand Dieu, qui Vous a tant coûté à nous mériter.
V. Qu'est-ce que l'homme, et qui suis-je, Seigneur ? Se peut-il faire qu'étant ce que Vous êtes, si grand et si saint en Vous-même, si grand et si saint dans vos desseins et dans vos ouvrages, Vous daigniez Vous souvenir d'un homme, d'un enfant d'Adam, d'un pécheur né d'un autre pécheur ? Se peut-il faire que Vous l'aimiez, que Vous l'honoriez de vos visites intérieures, que Vous le préveniez de tant de lumières et d'inspirations ? Vous l'avez formé à votre image ; Vous l'avez adopté pour votre enfant ; Vous l'avez comblé de gloire et d'honneur ; Vous n'avez mis les Anges au-dessus de lui que de fort peu : encore avez-Vous voulu qu'ils fussent ses gouverneurs, ses guides ; et Vous l'avez établi sur tous les autres ouvrages de vos mains. Vous lui avez soumis la terre et les animaux de la terre, l'air et les oiseaux de l'air, la mer et les poissons, les monstres, qui nagent dans la mer ; Vous lui avez donné droit et autorité sur toutes ces créatures ; Vous l'en avez fait comme le Dieu visible. Et afin que rien ne manque à sa gloire, Vous l'avez fait maître de lui-même ; Vous lui avez donné le pouvoir de conduire sa langue et ses sens, de réprimer ses passions, de régler ses pensées, de résister aux discours et aux exemples du monde, de combattre et de vaincre les efforts de l'Enfer. Il est vrai, Père éternel, que, pour nous rétablir dans ce pouvoir et dans cette élévation que nous avions perdue par nos péchés, il a fallu que votre adorable Fils soit descendu du Ciel, qu'Il soit sorti de votre sein, qu'Il se soit fait homme comme nous, pauvre, passible, mortel comme nous ; il a fallu même qu'Il se soit abaissé au-dessous des Hommes, en se soumettant à la loi de Moïse, aux ordonnances de César Auguste, à l'injuste sentence de Pilate, à l'insolence des soldats et à la cruauté des bourreaux. Mais Vous avez bien su Le relever au-dessus des hommes dans sa Résurrection, et au-dessus des Anges dans son Ascension. Vous avez fait sentir aux uns et aux autres qu'Il leur avait toujours été infiniment supérieur ; qu'Il avait toujours été égal à Vous, toujours le même que Vous ; et qu'en s'appelant Sauveur des hommes, Il n'avait pas perdu les grands Noms de souverain Seigneur, de Dieu des armées (Isa. 1, 24), de Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob (Exod. III, 6). Vous avez couronné de gloire ce nouveau Nom qu'Il a pris, ce Nom de salut et de miséricorde. Vous L'avez rendu vénérable aux Anges, formidable aux Démons, aimable aux hommes, tout-puissant sur toute la nature. A ce seul Nom prononcé avec foi par un enfant, par le dernier des hommes, par un pécheur, toutes les Puissances célestes, terrestres et infernales fléchissent les genoux (Philip. II, 10), les montagnes s'aplanissent (Luc III, 5), les tempêtes et les orages se calment (Matth. VIII, 26), les affligés sont consolés (Matth. V, 5), les malades guéris, les sourds entendent, les aveugles voient, les morts ressuscitent (Matth. XI, 5), les pécheurs se convertissent, les démons sortent des corps, les idoles des faux dieux se brisent (Isa. XXVII, 9), et leurs oracles deviennent muets.
VI. Seigneur, je ne puis assez le redire, que votre Nom est donc admirable, qu'Il est au-dessus de tout autre nom ! Il est si grand, qu'Il ne peut convenir qu'à Vous seul. Il est si grand, qu'Il renferme seul tous vos divins attributs. Autrefois les Juifs, bien loin d'apprendre aux autres nations votre saint Nom, n'osaient pas Le prononcer eux-mêmes. Présentement, ô mon Dieu, nous Le prononçons avec confiance ; nous trouvons, à Le prononcer, notre consolation et notre force : je voudrais qu'Il fût dans le cœur et dans la bouche de tous les hommes ; mais je voudrais surtout qu'Il fût profondément gravé dans mon cœur. Seigneur, sauvez-moi par la vertu de votre Nom. Aidez-nous, mon Dieu, sauvez-nous pour la gloire de votre Nom : soyez-nous propice à cause de votre Nom, et pardonnez-nous nos péchés. Bienheureux l'homme qui met toute son espérance dans le Nom du Seigneur (Psal. II, 13). Ainsi soit-il.


R. P. Louis Le Valois (1639-1700) - « Collection intégrale et universelle des Orateurs Sacrés du Premier et du Second Ordre », Troisième entretien sur les Grandeurs de Dieu et sur ses Miséricordes infinies, Paraphrase du Psaume VIII, pages 731-734, chez J.P. Migne, 1866

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Voir également du Révérend Père Louis Le Valois :
- La Prière sur la Conception de la Sainte Vierge « Ô Vierge Immaculée, Vous êtes conçue avec la Grâce et dans la Grâce » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur le Très Saint Nom de Marie « Marie, ô Nom sous Lequel nul ne doit désespérer ! » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur l’Annonciation de la Sainte Vierge « Ô Marie, c'est aujourd'hui que Vous devenez la Mère du Seigneur du Ciel » du R. P. Louis Le Valois
- La Paraphrase du Cantique de la Sainte Vierge « Ô Bienheureuse Vierge Marie, heureuse d'avoir été tout ensemble Mère et Vierge » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour l’Avent « Seigneur, j'irai au pied de Votre crèche pour connaître toute la profondeur de mes plaies » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Nativité de Notre Seigneur « Ô Amour efficace, puisqu'Il Vous fait descendre du Ciel même pour nous ! » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Foi des Rois Mages à l’Épiphanie « Ô Seigneur Jésus, comblez-nous des mêmes trésors, conduisez-nous par la même route et faites-nous parvenir à la même fin » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Présentation de Jésus-Christ au Temple « Voici, mon Père, la Victime que Vous attendiez depuis tant de siècles » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Passion de Notre Seigneur « Seigneur, par les Mérites de votre Croix, accordez-moi la Grâce de Vous aimer comme Vous m'avez aimé » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Résurrection de Notre Seigneur « Heureuse nouvelle pour moi, Seigneur, Vous êtes Ressuscité ! » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur l’Ascension de Notre Seigneur « Souvenez-Vous, Seigneur, de ne nous pas laisser sur la terre comme des orphelins, sans secours, sans soutien et sans appui » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour la Fête de la Pentecôte « Venez, Esprit-Saint, sanctifiez-moi comme Vous êtes Saint » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour la Fête de la Sainte Trinité « Au nom du Père qui m’a créé, au nom du Fils qui m'a racheté, et au nom du Saint-Esprit qui m’a sanctifié » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour la Fête du Très Saint-Sacrement « Ô Saint Sacrement de l’Autel, Vous nous permettez de nous entretenir avec Vous, de Vous y parler avec confiance et de Vous y parler même avec une espèce de familiarité » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour le Dimanche de l'Octave du Saint-Sacrement « Ô Jésus, ô mon Roi, ô souverain Maître du monde et de tout le monde » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière pour le Jour de l'Octave du Saint-Sacrement « Ô Jésus, notre Seigneur et Juge sévère après la mort mais si miséricordieux et si bon pendant la vie » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur l’Assomption de la Sainte Vierge « Jouissez, Vierge incomparable, d'une Gloire qui Vous est si légitimement acquise » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur le renouvellement des Vœux de Religion « Seigneur, donnez-Vous à moi comme je me donne à Vous » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière d'une âme pénitente « Reprenez-moi et châtiez-moi, Seigneur, humiliez mon orgueil et faites souffrir mon amour-propre » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière dans l’épreuve « Seigneur, considérez l'extrême danger où je me trouve, ayez pitié de moi et sauvez-moi ! » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur les Grandeurs de Dieu « Seigneur, que votre Nom est en Lui-même admirable » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur le Psaume 22 « Ô Bon Pasteur, Vous m'avez fait entrer et Vous me retenez dans votre Église comme dans un grand et riche pâturage » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière sur la Présence de Dieu dans notre vie « Ô Seigneur, Vous voyez toutes mes pensées de bien loin puisque Vous les voyez avant que je commence à les former » du R. P. Louis Le Valois
- La Prière d'une âme pieuse dans la Maison de Dieu « Que j'aime, ô mon Dieu, vos Tabernacles et vos Autels où Vous résidez sur la terre ! » du R. P. Louis Le Valois