Voici les Prières de la Messe la veille de la Fête de l’Annonciation « Ô Dieu, qui avez choisi l’Archange Gabriel entre tous les Anges, pour annoncer le Mystère de votre Incarnation » et les Neuf Leçons des Matines du Bréviaire Romain le 24 mars pour la Fête de Saint Gabriel Archange qui apparait au Livre de Daniel puis qui est choisi par Dieu pour annoncer aux hommes le Mystère de l’Incarnation : d’abord la conception du Précurseur puis celle de Notre Seigneur Jésus-Christ six mois plus tard dans l’Ave Maria.

Les Neuf Leçons des Matines du 24 mars sur Saint Gabriel Archange :
La Vision de Daniel
Première Leçon : Moi, Daniel, comme je parlais encore, et que je priais, et que je confessais mes péchés et les péchés de mon peuple Israël, et que, prosterné, je répandais mes prières en la présence de mon Dieu, pour la montagne sainte de mon Dieu ; moi parlant encore dans ma prière, voilà que l’homme Gabriel, que j’avais vu dans la vision, au commencement, volant vite, me toucha au temps du sacrifice du soir. Et il m’instruisit, et il me parla, et dit : Daniel, maintenant je suis sorti afin de t’instruire, et que tu comprennes. Dès le commencement de tes prières est sortie une parole ; mais moi je suis venu pour te la faire connaître, parce que tu es un homme de désirs ; toi donc, sois attentif à cette parole, et comprends la vision.
Deuxième Leçon : Soixante-dix semaines ont été abrégées pour ton peuple et pour ta ville sainte, afin que soit abolie la prévarication, et que prenne fin le péché, et que soit effacée l’iniquité, et que vienne la justice éternelle, et que soient accomplies la vision et la prophétie, et que soit oint le Saint des saints. Sache donc, et remarque bien : Depuis que sortira la parole pour que de nouveau soit bâtie Jérusalem, jusqu’au Christ chef, il y aura sept semaines et soixante-deux semaines, et de nouveau sera bâtie la place publique et les murailles dans les temps difficiles.
Troisième Leçon : Et après soixante-deux semaines, le Christ sera mis à mort ; et il ne sera pas son peuple, (le peuple) qui doit le renier. Et un peuple, avec un chef qui doit venir, détruira la cité et le sanctuaire ; et sa fin sera la dévastation, et après la fin de la guerre, la désolation décrétée. Mais il confirmera (son) alliance avec un grand nombre dans une semaine ; et au milieu de la semaine cesseront l’oblation et le sacrifice ; et l’abomination de la désolation sera dans le temple, et la désolation continuera jusqu’à la consommation et à la fin.
Sermon de Saint Béde le Vénérable, Prêtre
Quatrième Leçon : L’Ange apparut à Zacharie, debout à droite de l’autel de l’encens. C’est bien justement que cet Ange se montre, et dans le temple, et près de l’autel et du côté droit, puisqu’il annonce, et l’avènement du véritable Prêtre, et le Mystère du sacrifice universel, et la joie du don céleste. Souvent en effet, comme la gauche indique les biens présents, ainsi la droite fait-elle présager les biens éternels. Cette interprétation est conforme à ce qui se trouve chanté dans l’éloge de la Sagesse : La longue durée des jours est dans sa droite, et dans sa gauche sont les richesses et la gloire. L’Ange rassure Zacharie, rempli de crainte, car de même qu’il est naturel à la fragilité humaine de se troubler à la vue d’une créature purement spirituelle, il convient à la bonté des Anges de consoler bien vite par de douces paroles les mortels qui tremblent à leur aspect. Au contraire, il est propre à la cruauté des Démons, d’abattre toujours plus par une impression d’horreur ceux qu’ils voient effrayés de leur présence, aussi n’est-il nul meilleur moyen de les mettre en fuite qu’une foi intrépide.
Cinquième Leçon : L’Ange, affirmant à Zacharie que sa prière a été exaucée, lui promet aussitôt le prochain enfantement de son épouse. Non point que ce prêtre entré dans le sanctuaire pour offrir une oblation au nom du peuple, eût fait abstraction des vœux publics pour demander plutôt la grâce d’avoir des enfants, d’autant que nul n’implore une faveur qu’il désespère d’obtenir, (Zacharie, se souvenant de l’âge et de la stérilité de son épouse, désespérait tellement de se voir naître un fils qu’il ne devait même pas croire à la parole de l’Ange le lui promettant). Mais ce que dit le messager céleste : Ta supplication a été exaucée, s’entend de la prière de ce prêtre pour la rédemption du peuple ; et quand l’Ange ajoute : Ta femme t’enfantera un fils, cette promesse se rattache à l’économie de la Rédemption, en ce sens que le fils naissant à Zacharie devait comme un héraut préparer la voie au Rédempteur de ce peuple. En affirmant à Zacharie que sa prière pour le peuple n’est pas restée sans fruit, l’Ange enseigne suivant quel ordre ce même peuple doit être sauvé et rendu parfait, c’est-à-dire en faisant pénitence à la prédication de Jean et en croyant au Christ.
Sixième Leçon : Zacharie hésitant à cause de la grandeur de telles promesses, demande un signe pour pouvoir y ajouter foi, alors que la seule vue ou les paroles d’un Ange devaient lui suffire comme signe. Aussi subit-il la peine méritée par sa défiance, en devenant muet. Le silence même qui lui est imposé devient pour lui, et le signe qu’il a demandé pour croire, et la juste peine de son infidélité. Il faut comprendre que si de telles promesses avaient été formulées par un homme, Zacharie eût pu, sans s’attirer aucun châtiment, réclamer un signe ; mais, quand un Ange promet, il ne convient pas de douter. Gabriel accorde le signe sollicité, en sorte que celui qui a parlé pour émettre un doute apprend maintenant à croire en se taisant. On doit remarquer ici ce que l’Écriture atteste, à savoir que cet Ange se tient devant Dieu et aussi qu’il est envoyé porter la bonne nouvelle à Zacharie ; semblablement, quand les Anges viennent à nous, ils remplissent ainsi un ministère extérieur, sans cependant jamais interrompre leur contemplation intérieure. Ils sont envoyés et ils restent présents devant Dieu car si un esprit angélique n’est point infini, l’Esprit suprême qui est Dieu n’a point de bornes. Les Anges se trouvent donc devant Lui, quand même ils sont envoyés, car quel que soit le lieu où ils remplissent une mission, ils se meuvent en Lui. Le Pape Benoît XV a étendu la fête de Saint Gabriel Archange à l’Église universelle.
Homélie de Saint Bernard, Abbé
Septième Leçon : Je ne pense pas qu’il soit ici question d’un de ces Anges de moindre dignité, qui viennent souvent sur la terre y remplir une mission pour un motif quelconque. Le contraire est donné clairement à entendre par son nom que l’on dit signifier Force de Dieu, et se conclut aussi de cette particularité rapportée qu’il est envoyé, non par quelque autre esprit, probablement supérieur, comme cela a lieu d’ordinaire, mais par Dieu même. C’est donc sans doute pour attirer notre attention sur la dignité de l’envoyé céleste qu’ont été mis ces mots : De Dieu. Ou bien il a été dit, de Dieu, pour qu’il ne nous semble pas que Dieu, avant de révéler son dessein à la Vierge, en ait fait part à un des Esprits bienheureux qu’à l’Archange Gabriel qui seul entre ses compagnons de gloire fut jugé digne de porter un tel nom et un tel message.
Huitième Leçon : Le nom s’harmonise bien avec le message. Par qui convenait-il mieux que fut annoncé le Christ, vertu de Dieu, que par cet Ange qui a l’honneur d’avoir avec lui une similitude de nom ? Et la force, qu’est-elle sinon la vertu ? N’allez pas croire qu’il n’était, ni digne ni convenable que le Maître et l’envoyé portassent un nom analogue, car si tous deux s’appellent de même, cette appellation semblable n’a cependant pas une raison d’être commune de part et d’autre. En effet c’est sous des rapports différents que le Christ et l’Ange sont nommés force ou vertu de Dieu : l’Ange ne l’est que nominalement, mais le Christ l’est substantiellement.
Neuvième Leçon : Le Christ est appelé et est en effet la vertu de Dieu ; il est ce plus fort qui survient et, de son bras puissant, terrasse le fort armé qui jusque-là avait gardé sa maison en paix, et lui enlève ainsi les dépouilles de la captivité. Quant à l’Ange, s’il est appelé la Force de Dieu, c’est, ou parce qu’il a pour office d’annoncer la venue de cette force elle-même, ou bien parce qu’il devait rassurer une Vierge naturellement timide, simple et pudique, que la nouvelle du miracle qui devait s’accomplir en elle allait troubler. « Ne craignez pas, Marie, lui dit-il, Vous avez trouvé grâce devant Dieu ». Ce n’est donc pas sans motif que Gabriel est choisi pour ce message, ou plutôt parce qu’il a reçu cette mission, il est désigné à bon droit sous un tel nom.
La Collecte de la Fête de Saint Gabriel Archange le 24 mars :
Deus, qui inter céteros Angelos, ad annuntiándum incarnatiónis tuæ mystérium, Gabriélem Archángelum elegísti : concéde propítius ; ut, qui festum (commemoratiónem) eius celebrámus in terris, ipsíus patrocínium sentiámus in cælis : Qui vivis et regnat, in unitate Spiritus Sancti, Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen.
Ô Dieu, qui avez choisi l’Archange Gabriel entre tous les Anges, pour annoncer le Mystère de votre Incarnation ; accordez-nous, dans votre bonté, qu’après avoir célébré (commemoré) sa Fête sur la terre, nous goûtions dans le Ciel les effets de sa protection : Vous qui vivez et régnez avec Dieu, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
La Secrète de la Fête de Saint Gabriel Archange le 24 mars :
Accéptum fiat in conspéctu tuo, Dómine, nostræ servitútis munus, et beáti Archángeli Gabriélis orátio : ut, qui a nobis venerátur in terris, sit apud te pro nobis advocátus in cælis. Per Dominum nostrum Iesum Christum, Filium tuum, qui tecum vivit et regnat, in unitate Spiritus Sancti, Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen.
Que le don de notre dépendance soit accepté devant votre face, Seigneur, avec la prière du Bienheureux Archange Gabriel : de sorte que celui que nous vénérons sur terre soit notre avocat dans les cieux devant Vous. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec Vous, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
La PostCommunion de la Fête de Saint Gabriel Archange le 24 mars :
Córporis tui et Sánguinis sumptis mystériis, tuam, Dómine, Deus noster, deprecámur cleméntiam : ut, sicut, Gabriéle nuntiánte, incarnatiónem tuam cognóvimus ; ita, ipso adiuvante, incarnationis eiúsdem benefícia consequámur : Qui vivis et regnat, in unitate Spiritus Sancti, Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen.
Ayant communié aux Mystères de votre Corps et de votre Sang, nous implorons, Seigneur notre Dieu, votre clémence : afin que comme nous avons connu par le message de Gabriel votre incarnation, de même, avec son aide, nous participions aux bienfaits de cette Incarnation : Vous qui vivez et régnez avec Dieu, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Voir sur Saint Gabriel, Archange :
- La Prière « Ô Dieu, qui avez choisi l’Archange Gabriel entre tous les Anges, pour annoncer le Mystère de votre Incarnation » et les Neuf Leçons des Matines du Bréviaire Romain le 24 mars pour la Fête de Saint Gabriel Archange
- La Prière à l’Archange Saint Gabriel « Apportez-nous la Paix, ô Saint Archange de l’Incarnation, vous qui avez annoncé la Venue de Celui qui est la Paix du monde » du R. P. Dominique Bouix
- La Prière à Saint Gabriel Archange « C’est vous, ô Gabriel, qui nous avez enseigné la Salutation que nous devons présenter à Marie, pleine de Grâce » de Dom Guéranger
- La Prière à l'Archange Saint Gabriel « Ô Bienheureux Archange Gabriel, vous qui avez annoncé à la Vierge Marie l'ineffable Mystère de l'Incarnation » du R. P. Wilhelm Nakatenus