Voici les Prières de la Messe d’un Confesseur « Ô Dieu, qui, par le moyen de Saint Jean, avez daigné établir miraculeusement l’Ordre de la très Sainte Trinité pour racheter les Captifs du pouvoir des Sarrasins » et les Leçons des Matines du 8 février pour la Fête de Saint Jean de Matha (1160-1213) Religieux Fondateur de l’Ordre de la très Sainte Trinité pour le Rachat des Captifs Chrétiens que les Maures retenaient prisonniers.

Les Leçons des Matines au Deuxième Nocturne du 8 février sur Saint Jean de Matha :
Quatrième Leçon : Jean de Matha, Instituteur de l’Ordre de la très Sainte Trinité pour la Rédemption des Captifs, naquit à Faucon en Provence, de parents distingués par leur piété et leur noblesse : il se rendit à Aix, puis à Paris, pour ses études. Après y avoir achevé le cours de théologie, il obtint le bonnet de docteur. Sa science et ses vertus déterminèrent l’Évêque de Paris à lui conférer, malgré son humble résistance, l’ordre sacré de la Prêtrise, afin que, durant son séjour dans cette ville, l’exemple de sa sagesse et de sa conduite éclairât la jeunesse studieuse. Comme il offrait pour la première fois à Dieu le saint Sacrifice, dans la chapelle de l’Évêque, qui y assistait avec d’autres personnes, il fut réjoui par une faveur céleste : un Ange lu apparut vêtu d’une robe d’une éclatante blancheur, portant attachée sur sa poitrine une croix rouge et bleue, et tenant les bras croisés et les mains posées sur deux captifs, l’un Chrétien et l’autre Maure, placés à ses côtés. Ravi en extase par cette vision, l’homme de Dieu comprit aussitôt qu’il était destiné à racheter les Captifs du pouvoir des infidèles.
Cinquième Leçon : Pour procéder avec plus de maturité dans une chose de cette importance, il se retira dans la solitude, et là, il advint, par la volonté divine, qu’il rencontra Félix de Valois qui habitait déjà le même désert depuis nombre d’années. Pendant l’espace de trois ans, il vécut dans sa société en s’exerçant à la prière, à la contemplation et à la pratique de toutes les vertus. Or il arriva, tandis qu’ils s’entretenaient des choses divines au bord d’une fontaine, qu’un cerf s’approcha d’eux, portant entre ses cornes une croix de couleur rouge et bleue. Comme Félix s’étonnait de la nouveauté de ce spectacle, Jean lui raconta la vision qu’il avait eue à sa première Messe. Après ce miracle, ils s’appliquèrent avec plus de ferveur encore à l’oraison ; puis, en ayant reçu trois fois l’avertissement en songe, ils résolurent de partir pour Rome, afin d’obtenir du souverain Pontife l’institution d’un nouvel Ordre pour le rachat des Captifs. Pendant ce temps, Innocent III avait été élu, il les reçut avec bonté, et comme il délibérait sur leur projet, un Ange vêtu de blanc, ayant une croix de deux couleurs, lui apparut sous l’aspect d’un homme qui rachète des Captifs : c’était en la seconde Fête de Sainte Agnès, durant la Messe solennelle, dans l’église de Latran, au moment de l’élévation de la sainte Hostie. Le Pontife approuva donc leur Institut, ordonna qu’on l’appelât l’Ordre de la très Sainte Trinité de la Rédemption des Captifs, et voulut que ceux qui y feraient profession portassent un habit blanc, avec une croix rouge et bleue.
Sixième Leçon : L’Ordre ainsi institué, les saints fondateurs revinrent en France, et ayant bâti leur premier Monastère à Cerfroid, dans le diocèse de Meaux, Félix demeura pour le gouverner, tandis que Jean repartit avec quelques-uns de leurs compagnons pour Rome, où Innocent III leur donna la maison, l’église et l’hospice de Saint-Thomas de Formis, sur le mont Cœlius, avec plusieurs revenus et propriétés. Il leur remit des lettres pour l’émir qui régnait au Maroc, et l’œuvre de la rédemption commença ainsi sous d’heureux auspices. Alors Jean se dirigea vers l’Espagne, opprimée en grande partie sous le joug des Sarrazins et il excita les cœurs des rois, des princes, et des autres fidèles à la compassion envers les captifs et les pauvres. Il édifia des Monastères, érigea des Hospices, et racheta beaucoup de Captifs, au grand profit de leurs âmes. Enfin, de retour à Rome et s’y dévouant aux œuvres saintes, usé par des labeurs assidus et affaibli par la maladie, brûlant du plus ardent amour pour Dieu et le prochain, il fut réduit à l’extrémité. Ayant fait assembler ses frères, il les exhorta de la manière la plus persuasive à continuer cette œuvre de la rédemption, que le Ciel même avait indiquée ; puis il s’endormit dans le Seigneur, le seize des calendes de janvier, l’an du salut mille deux cent treize ; son corps fut enseveli dans l’église même de Saint-Thomas de Formis avec l’honneur dû à ses mérites.
La Collecte de la Fête de Saint Jean de Matha le 8 février :
Deus, qui per sanctum Ioánnem órdinem sanctíssimæ Trinitatis, ad rediméndum de potestáte Saracenórum captívos, cǽlitus institúere dignátus es : præsta, quǽsumus ; ut, eius suffragántibus méritis, a captivitáte córporis et ánimæ, te adiuvánte, liberémur. Per Dominum nostrum Iesum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et regnat, in unitate Spiritus Sancti, Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen.
Ô Dieu, qui, par le moyen de Saint Jean, avez daigné établir miraculeusement l’Ordre de la très Sainte Trinité pour racheter les Captifs du pouvoir des Sarrasins, faites, nous Vous en supplions, que par les suffrages de ses mérites et le secours de votre grâce, nous soyons délivrés de la captivité du corps et de l’âme. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec Vous, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
La Secrète de la Fête de Saint Jean de Matha le 8 février :
Laudis tibi, Dómine, hóstias immolámus in tuórum commemoratióne Sanctórum : quibus nos et præséntibus éxui malis confídimus et futúris. Per Dominum nostrum Iesum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et regnat, in unitate Spiritus Sancti, Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen.
Nous Vous immolons, Seigneur, une hostie de louange en mémoire de vos Saints en qui nous avons confiance pour obtenir de triompher des maux de la vie présente et d’échapper aux maux de la vie future. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec Vous, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
La PostCommunion de la Fête de Saint Jean de Matha le 8 février :
Refécti cibo potúque cælésti, Deus noster, te súpplices exorámus : ut, in cuius hæc commemoratióne percépimus, eius muniámur et précibus. Per Dominum nostrum Iesum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et regnat, in unitate Spiritus Sancti, Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen.
Nourris par un aliment et un breuvage célestes, nous Vous prions et supplions, ô notre Dieu, de faire que nous soit assuré le secours des prières de celui en la Fête de qui nous les avons reçus. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec Vous, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Voir sur Saint Jean de Matha :
- La Prière « Ô Dieu, qui, par le moyen de Saint Jean, avez daigné établir miraculeusement l’Ordre de la très Sainte Trinité pour racheter les Captifs du pouvoir des Sarrasins » et les Leçons des Matines du 8 février pour la Fête de Saint Jean de Matha
- La Prière « Ô saint Rédempteur des Captifs Chrétiens des Pirates Mahométans qui périssaient de misère dans leurs prisons ou sur leurs galères » et la Vie de Saint Jean de Matha racontée par l'Abbé de Commanville
- La Prière à Saint Jean de Matha envers les Misérables « Ô grand Saint, impétrez-moi de Dieu un cœur de la trempe du vôtre qui me rende sensible aux misères de mon prochain et libéral à le secourir » du Père Louis de Bouvignes