Voici la Prière de la Messe d'une Sainte femme « Dieu de Miséricorde, éclairez les cœurs de Vos fidèles, et touché des Glorieuses Prières de Sainte Élisabeth, faites-nous mépriser les prospérités du monde et jouir sans cesse des Consolations Célestes » et les Leçons des Matines du 19 novembre pour la Fête de Sainte Élisabeth de Hongrie (1207-1231) qui épousa à 14 ans Louis IV Landgrave de Thuringe, avec qui elle connut six années de bonheur, les deux époux s'essayant à vivre en foyer l'idéal Franciscain. En 1227, Louis mourut à la Croisade, laissant Élisabeth veuve et enceinte à 20 ans. Vint alors pour elle l'appel à une vie de pauvreté, où elle s'usa prématurément dans le service des plus déshérités et mourut à 23 ans.

Les Leçons des Matines du 19 novembre sur Sainte Élisabeth de Hongrie :
Quatrième Leçon : Élisabeth, fille d’André, roi de Hongrie, commença dès son enfance à craindre Dieu ; croissant en âge, elle croissait aussi en Piété. Ayant été mariée à Louis, Landgrave de Hesse et de Thuringe, elle ne mit pas moins de zèle à remplir ses devoirs envers Dieu, que ses devoirs envers son mari. Se levant la nuit, elle vaquait longuement à l’Oraison ; elle s’appliquait à diverses œuvres de Charité, se dépensant au service des veuves, des orphelins, des malades, des indigents ; on la vit, durant une famine cruelle, distribuer libéralement le blé de sa maison. Elle donnait asile aux lépreux, leur baisait les mains et les pieds, et fit construire un grand hôpital, destiné à soigner et à nourrir les pauvres.
Cinquième Leçon : À la mort de son époux, voulant servir Dieu avec plus de liberté, Élisabeth déposa toutes les parures du siècle, se revêtit d’une robe grossière et entra dans l’Ordre des Pénitents de Saint François, où elle se fit particulièrement remarquer par les Vertus de Patience et d’Humilité. Car, dépouillée de tous ses biens, chassée de son propre palais, délaissée de tout le monde, elle supporta avec un courage invincible, les injures, les sarcasmes et les médisances, ressentant même une très grande joie de souffrir ainsi pour Dieu, s’abaissant jusqu’aux plus vils offices auprès des pauvres et des malades, leur procurant les soulagements nécessaires, et se contentant d’herbes et de légumes pour sa nourriture.
Sixième Leçon : Après avoir passé très religieusement sa vie dans l’accomplissement de ces œuvres de Piété et de beaucoup d’autres non moins Saintes, le terme de son pèlerinage arriva enfin ; elle l’avait déjà prédit à ceux qui l’entouraient. Ce fut pendant qu’elle se livrait à la Contemplation Divine, les yeux fixés au Ciel, qu’elle s’endormit dans le Seigneur, après avoir été merveilleusement assistée de Dieu et fortifiée par la réception des Sacrements. Il se fit aussitôt plusieurs Miracles à son tombeau ; en ayant eu connaissance et les ayant constatés, Grégoire IX l’inscrivit au nombre des Saints.
La Collecte de la Messe de Sainte Élisabeth de Hongrie le 19 novembre :
Tuórum corda fidélium, Deus miserátor, illústra : et, beátæ Elisabeth précibus gloriósis ; fac nos próspera mundi despícere, et cælésti semper consolatióne gaudére. Per Dominum nostrum Iesum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et regnat, in unitate Spiritus Sancti, Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen.
Dieu de Miséricorde, éclairez les cœurs de Vos fidèles, et, touché des Glorieuses Prières de Sainte Élisabeth, faites-nous mépriser les prospérités du monde et jouir sans cesse des Consolations Célestes. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui, étant Dieu, vit et règne avec Vous, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.
Ainsi soit-il.
L’Hymne en l’honneur de Sainte Élisabeth de Hongrie que chantait au XIVe siècle l’Allemagne :
L’Église en accents mélodieux offre à Dieu la louange ; Sion est dans la joie ; la Mère fait fête à son illustre fille s’élevant du fond de la vallée de misère. De royale descendance, enfant encore elle est fiancée ; les plus beaux dons l’ornent pour l’époux auquel elle est unie : union dont la pureté répond à ses vœux. Fidélité, fécondité, Grâce du Sacrement consacrent ce Mariage ; qu’Il la conduise au Ciel où sont ses pères, la preuve en est dans sa Sainteté croissante. Bien donc que soumise à la loi de la chair, l’esprit en elle ne s’y éteignit pas ; fidèle à des engagements sacrés, elle ne négligea pas les inspirations qu’elle recevait de Dieu dans son cœur. Des pauvres elle se fit la bienheureuse et noble nourricière, n’ayant aux pompes du monde nul égard, non plus qu’à la gloire des aïeux, crucifiant les vices en sa chair mortifiée. Comme à Jahel Sisara (Judic. IV), l’ennemi de l’innocence lui demande un peu d’eau ; mais trompé par le lait qu’elle lui donne en breuvage, elle le transperce avec le clou de la Pénitence, sauvant ainsi son renoncement et sa Vertu. Son époux mort, elle dépouille sans jamais en avoir été souillée la mondanité : celle qui depuis longtemps a revêtu le Christ en son âme, donne un sac à son corps pour vêtement ; comme une lampe ardente elle resplendit au milieu de ce siècle. Elle se procure au prix de la pauvreté les véritables richesses ; elle répand du trésor de sa Piété des flots d’or : de combien de malheureux n’a-t-elle pas secouru l’indigence ! Pour elle, elle gagne son pain en travaillant et en filant ; vile à ses propres yeux, elle dédaigne de se voir abaissée, n’ignorant pas qu’à Vous seul, Christ, est due légitimement la Gloire. Gloire soit à Vous, ô Bon Jésus, maintenant et toujours Vous qui fidèlement aidez les combattants du bon combat, et donnez en récompense au vainqueur vaillant la Couronne. Ainsi soit-il.
La Prière à Sainte Élisabeth de Hongrie « Quelle Leçon vous laissez à la terre en montant au Ciel, ô Bienheureuse Elisabeth ! » de Dom Guéranger :
Quelle Leçon vous laissez à la terre en montant au Ciel, ô Bienheureuse Elisabeth ! Nous le demandons avec l’Église pour nous et tous nos frères dans la Foi : puissent vos prières glorieuses obtenir de Dieu Miséricordieux que nos cœurs s’ouvrent à la Lumière des enseignements de votre vie, et méprisent le bonheur du monde pour n’estimer que les Consolations Célestes. L’Évangile selon Saint Matthieu XIII, 44-52 nous le dit aujourd’hui même à votre honneur : Le Royaume des Cieux est semblable à un trésor caché, à une perle sans prix ; l’homme sage et entendu en affaires vend tout ce qu’il a pour s’assurer le trésor ou la perle. Bon négoce dont vous eûtes l’intelligence, atteste l’Épître du Livre des Proverbes XXXI, 10-31 sur la femme modèle, et qui fit autour de vous la fortune de tous : de vos heureux sujets, dont il secourut les corps et releva les âmes ; de votre noble époux siégeant, grâce à vous, en bon lieu parmi les princes qui surent échanger un diadème périssable pour la Couronne Éternelle ; de tous les vôtres enfin, dont vous êtes la plus douce gloire, dont plusieurs vous suivirent de si près sur le chemin du renoncement qui conduit aux Cieux. Pourquoi faut-il que d’autres, en un siècle de ruine, aient abdiqué leur titre de fils des Saints, entraînant après eux les peuples à faire litière des plus suaves souvenirs comme des plus nobles traditions ? Daigne le Seigneur rendre à son Église et à vous-même le pays qui fut pour vous celui de son Amour ; puissent vos supplications se joindre aux nôtres en ce jour, et ramener l’antique Foi dans ces rameaux de votre descendance que ne parcourt plus la sève du Salut ; puisse la Glorieuse Tige, en Ses branches fidèles, nous donner toujours des Saints. Ainsi soit-il.
Dom Prosper-Louis-Paschal Guéranger (1805-1875) - L’Année Liturgique : Fête de Sainte Élisabeth de Hongrie le 19 novembre

Voir sur Sainte Élisabeth de Hongrie :
- Les « Leçons des Matines » du 19 novembre pour la Fête de Sainte Élisabeth de Hongrie
- La « Catéchèse de Benoît XVI » sur Sainte Élisabeth de Hongrie
- La Collecte du 19 novembre « Dieu de Miséricorde, éclairez les cœurs de Vos fidèles, et touché des Glorieuses Prières de Sainte Élisabeth, faites-nous mépriser les prospérités du monde et jouir sans cesse des Consolations Célestes » de la Fête de Sainte Élisabeth de Hongrie
- La Prière à Sainte Élisabeth de Hongrie « Quelle Leçon vous laissez à la terre en montant au Ciel, ô Bienheureuse Elisabeth ! » de Dom Guéranger
- La Prière à Sainte Élisabeth de Hongrie « Sainte Élisabeth de Hongrie, apprends aux Époux à se recevoir comme un Don de Dieu l’un pour l’autre »
- La Prière du Comte de Montalembert « Sainte Élisabeth, mère des pauvres, imitatrice de Saint François, très-fervente amie de Dieu, priez pour nous ! »