Voici la Méditation « Voici ton Dieu, ô mon âme, regarde-Le bien… » de Paula Hoesl (1898-1966) du « Rosaire des Mamans » sur le Troisième Mystère Douloureux du Couronnement d’Épines de Notre Seigneur Jésus-Christ à méditer chaque Mardi et Vendredi pour désirer le Fruit de l’Humilité

Troisième Mystère Douloureux du Couronnement d’Épines de Notre Seigneur Jésus-Christ à méditer chaque Mardi et Vendredi
Fruit de ce Mystère : Le désir de l’Humilité
« Il Le leur livra pour être crucifié ». C’est ainsi que commence cette Scène, la plus odieuse de la Passion. Les soldats se sont emparés de Jésus. Il faut bien s’amuser un peu ! Il a dit qu’Il était roi, qu’Il était Dieu ? Alors voilà un lambeau d’écarlate pour jeter sur Ses épaules déchirées, cela figurera l’image de César. Il faut une couronne ? Il y a dans les chemins des épines à foison ; il est facile d’en tordre une poignée et de l’enfoncer à grands coups sur Sa tête. Et maintenant amusons-nous, puisqu’on L’a livré à nos caprices…
Scène de dérision, soufflets, crachats… Le Sang coule sur ce Visage, le Sang suinte de chaque trou d’épine et lentement descend, emplissant les yeux, entraînant cette sueur glacée… Rires grossiers, larges soufflets : « Tu es Roi, tiens ; voilà pour Toi !… » Comme c’est drôle de souffleter à son aise le Visage d’un rival de César ! La haine est peu inventive. C’est la troisième fois depuis la nuit que la Scène se répète : chez Caïphe et chez Hérode aussi, on a craché au Visage de Jésus, on L’a souffleté…
Voici ton Dieu, ô mon âme, regarde-Le bien… Celui dont le Visage ravit les Anges et devant Lequel ils se couvrent de leurs ailes, ne pouvant en supporter l’éclat ! Qu’il est difficile de reconnaître le Dieu derrière cette Face avilie, tuméfiée et salie. Il est des supplices où la majesté des martyrs se révèle ; des condamnés qui devant la mort peuvent porter très Haut le prestige de l’homme.
Ô Marie ! Où étiez-Vous dans cette matinée tragique ? Tout à l’heure Vous allez rencontrer Votre Fils, à ce coin de rue où notre piété s’arrête pour vénérer la Quatrième Station. Vous le verrez avec son Visage couvert de poussière, la sueur de l’agonie, la souillure immonde des crachats, le Sang collé comme par plaque, ce Visage que Véronique n’a pas encore, le cœur battant follement d’amour, essuyé pour l’éternité dans les plis de son voile ! Vous seule, parce que Vous êtes sa Mère, devant ce Visage avili, pouvez retrouver Sa beauté première. Ô Marie ! Visage qu’un seul regard de Votre Amour va laver de toutes souillures avant que Véronique n’emporte pour nous, pour toujours, l’Empreinte Sacrée de cette Face mystérieusement humiliée.
Mais il ne faut pas que seule Véronique L’emporte avec elle ! Il faut que je L’aie devant les yeux pendant que je récite cette Dizaine et que je comprenne le sens de ces Mystérieux Abaissements. Jésus ne s’est livré aux outrages que pour nous mieux montrer les ravages de l’orgueil. Entre tous les péchés du monde, c’est l’orgueil qui, en ces heures tragiques, bafoue le Christ et Lui crache au Visage. Les autres péchés ont pu déchirer Ses épaules avec les fouets mais ils n’ont pas osé toucher à la noblesse du Visage.
Est-ce que je sais ce que c’est que l’orgueil ? Est-ce que je ne me refuse pas d’appeler par son vrai nom ce que je nomme : dignité, respect de soi, que sais-je ? Et l’Humilité ne me semble-t-Elle pas comme la plus étroite des Vertus du Christianisme ? Et ma dignité humaine ? Et mon épanouissement personnel ? Je veux grandir, je veux m’élever, qu’on ne me demande pas de me ratatiner en compagnie de cette Humilité aux yeux baissés !
Humilité, Vertu de grandeur et non de petitesse ! Je n’ai rien compris si je pense que l’Humilité rapetisse. C’est l’orgueilleux qui n’est qu’un nain grimpé ridiculeusement sur un pauvre escabeau et qui se contorsionne pour faire croire à la grandeur de sa taille. Les plus grands sont ceux qui le sont en Dieu, et les plus fiers, et les plus nobles. Oh ! Humilité des Saints qui permet à Jeanne d’Arc de regarder ses juges avec un si fier sourire et une si crâne audace…
L’Humilité, c’est simplement la Vérité, Celle qui d’un coup d’épingle dégonfle toutes les illusions derrière lesquelles nous dissimulons notre vraie nature. C’est ce regard tranquille et audacieux que nous jetons dans notre miroir intérieur. Je suis cela et pas autre chose. Voici en moi ce qui est de moi-même et ce qui est de Dieu. De Dieu, je tiens toutes mes qualités. Le bien, je ne le fais qu’avec Lui. Le mal seul m’appartient en propre.
Que de fois ai-je dit en regardant un de mes frères : « Seigneur, je Vous remercie de n’être pas cet homme là ! » Mais qu’est-ce que je suis au fond ? Avoir été préservée de la tentation, voilà peut-être tout mon secret à moi qui me pavane dans ma grandeur factice… Et ceux que je juge m’auraient devancée à la course s’ils avaient reçu les mêmes Grâces ! L’orgueil est si souvent à la racine de mes actes ; c’est lui qui dresse tant de barrières entre les autres et moi, suscite mes impatiences, mes susceptibilités, ces petits mots aigres et vifs qui me montent aux lèvres, ces lourdes rancunes que je rumine longtemps derrière un front en apparence oublieux, ou bien ces impatients besoins de me justifier à tout prix et d’avoir le dernier mot : c’est moi qui ai raison n’est-ce pas ?… C’est lui qui arrête sur mes lèvres les mots d’excuses qui aplaniraient bien des difficultés. C’est lui qui m’empêche de pardonner… Voyons, il en va de ma dignité… Est-ce à moi de faire le premier pas ?
Vierge Marie je veux réciter mon Chapelet en Votre compagnie. Mère chérie apprenez-moi à prendre, non pas de ces belles résolutions qu’on inscrit avec fierté, mais suggérez-moi les résolutions pratiques qui feront lentement dissoudre en moi la carapace de mon orgueil secret. Aidez-moi pour qu’à la fin de cette Dizaine, je sache sourire désormais avec un cœur pacifié et que quand les mots amers me monteront devant un reproche, une humiliation, une injustice, faites que je revoie le Divin Visage que Véronique me tend dans les plis de son voile.
Celui dont l’Humilité s’appuie sur la Force de Dieu n’a jamais eu peur de rien ni de personne, ni de Lui-même ! Il est à l’abri de tous ces découragements qui prennent leur source dans un orgueil subtil. Je ne peux rien mais Dieu peut tout. On ne bâtit rien de durable sur l’orgueil. Je veux construire sur Dieu seul ma petite vie d’amour, être avec Lui un cœur lumineux et compatissant qui comprend et ouvre le cœur des autres, et sait créer de la joie et de l’amour.
1 Pater + 10 Ave + 1 Gloria
Paula Hoesl (1898-1966) - « Rosaire des Mamans » : Troisième Mystère Douloureux du Couronnement d’Épines de Notre Seigneur Jésus-Christ

Voir également pour prier le « Rosaire des Mamans » de Paula Hoesl :
Les 5 Mystères Glorieux des Dimanche et Mercredi
- La Méditation « Ô Vierge Marie, faites qu’à force de réciter cette Première Dizaine, je sente grandir en moi la pure Joie Chrétienne » du Premier Mystère Glorieux de la Résurrection de Notre-Seigneur
- La Méditation « Ce n’est pas tout de regarder Jésus monter au Ciel, n’est-ce pas Vierge Marie ? » du Deuxième Mystère Glorieux de l’Ascension de Jésus au Ciel
- La Méditation « Vierge Marie, faites que, me dépouillant de mon esprit propre je vive enfin, à votre exemple, dans l’Esprit de Dieu » du Troisième Mystère Glorieux de la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres
- La Méditation « Vierge Marie, en souvenir de votre Assomption, donnez-moi de vivre chaque minute de ma vie avec l’âme que je voudrais avoir si à l’instant je devais comparaître devant Dieu » du Quatrième Mystère Glorieux de la Mort et l’Assomption de la Sainte Vierge
- La Méditation « Ô Reine du Ciel, qui ne cessez de veiller sur le Salut de tous ! » du Cinquième Mystère Glorieux du Couronnement de la Vierge Marie au Ciel
Les 5 Mystères Joyeux des Lundi, Jeudi et Samedi
- La Méditation « Ô Marie, obtenez-moi la Grâce de ce « Oui » généreux qui transformera ma vie ! » du Premier Mystère Joyeux de l’Annonciation
- La Méditation « Ô divine Charité qui pense à tout, même aux plus petites choses ! » du Deuxième Mystère Joyeux de la Visitation
- La Méditation « Vous n’avez rien, Vierge Marie, dans cette étable, mais Vous avez Jésus entre vos bras » du Troisième Mystère Joyeux de la Nativité
- La Méditation « En récitant ces Ave, j’accepte à l’avance tout ce qui sera la Volonté de Dieu sur mon cœur de femme » du Quatrième Mystère Joyeux de la Présentation de Jésus au Temple
- La Méditation « Ô Marie, faites que je m’aperçoive quand Jésus n’est plus avec moi, car il est inutile que je poursuive plus loin ma route sans Lui » du Cinquième Mystère Joyeux du Recouvrement de Jésus au Temple
Les 5 Mystères Douloureux des Mardi et Vendredi
- La Méditation « Ne pouvez-vous pas veiller et prier un moment avec moi ? » du Premier Mystère Douloureux de l’Agonie au Jardin des Oliviers de Notre Seigneur Jésus-Christ
- La Méditation « Ô Vierge, ma Mère, ces larmes pures et brûlantes que Vous cachiez dans Vos mains » du Deuxième Mystère Douloureux de la Flagellation de Notre Seigneur Jésus-Christ
- La Méditation « Voici ton Dieu, ô mon âme, regarde-Le bien… » du Troisième Mystère Douloureux du Couronnement d’Épines de Notre Seigneur Jésus-Christ
- La Méditation « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ! » du Quatrième Mystère Douloureux du Portement de la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ
- La Méditation « Ô Notre-Dame, Vous qui avez tout donné, aidez-moi à tout donner à mon tour » du Cinquième Mystère Douloureux de Notre Seigneur Jésus-Christ mourant sur la Croix