Voici la Méditation « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ! » de Paula Hoesl (1898-1966) du « Rosaire des Mamans » sur le Quatrième Mystère Douloureux du Portement de la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ à méditer chaque Mardi et Vendredi pour porter notre Croix avec Notre-Seigneur.

Quatrième Mystère Douloureux du Portement de la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ à méditer chaque Mardi et Vendredi
Fruit de ce Mystère : Porter sa Croix avec Notre-Seigneur
La cause est entendue.
Il ne reste plus qu’à exécuter la sentence arrachée à la lâcheté du gouverneur.
Il n’y a plus qu’à apporter l’instrument du supplice et à se mettre en marche vers le lieu de l’exécution.
Il n’est pas loin – cinq ou six cents mètres à vol d’oiseau -, mais combien loin pour Celui qui porte cette lourde Croix sur des épaules déjà déchirées par les coups de fouets.
Oh ! Comme nous les connaissons bien ces « Stations » douloureuses que chaque Carême et chaque Chemin de Croix nous rappellent.
Et derrière, la foule marche.
Les ennemis qui se repaissent du spectacle, les curieux ; ceux-là même qui L’acclamaient au jour si proche des Rameaux.
Oh mon peuple que t’ai-je fait ?
Comme ils sont peu nombreux les amis !
Quelle douleur que la solitude du cœur !
Mais Jésus, silencieux, doux et soumis, adhère de tout son cœur à la Volonté de son Père.
Il n’est pas la victime qu’on traîne mais la Victime qui consent.
Ô Mère, cachée dans la foule, dans le petit groupe des femmes fidèles, Mère étroitement voilée dans votre douleur et votre silence, Vous seule avez su ce qui se passait dans l’âme de votre Fils sur ce Chemin de la Croix.
Car seul l’amour devine, et pour Lui il n’est pas besoin de paroles.
Dans ce long regard échangé tout à l’heure, votre âme a pénétré la Sienne.
Pour Lui, comme pour Vous, l’heure sublime de la Rédemption est venue.
Vous seule savez avec quel amour Jésus a porté cette Croix, instrument infamant du supplice, glorieux autel du Sacrifice où la Victime va monter pour sauver la pauvre humanité.
Ah ! Cette Croix lourde, coupante, est-elle autre chose que l’humanité, sa misère, son péché… lourde de ce que chaque génération accumule de péchés devant la face du Père ?
Porter sa Croix avec Notre-Seigneur.
La tête entre les mains, je me recueille car j’entends retentir la Parole de Jésus :
« Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ! »
Ô Vierge Marie, tandis que je prie près de Vous, aidez-moi à comprendre. Vous savez bien comme j’ai peur de cette ombre de la Croix sur ma vie et comme ce seul mot de souffrance m’épouvante.
Ce sont les hommes et leurs péchés et les conséquences de leurs péchés qui ont taillé, dans un même bois dur, toutes les Croix.
Une pour le Christ, une aussi pour chacun de nous…
Mère, je me serre contre Vous. Aidez-moi à comprendre que, moi aussi, je dois porter ma croix comme Jésus a porté la Sienne.
Peut-on s’y dérober ?
Quand la vie la met elle-même sur vos épaules, elle s’y incruste ; et le mieux n’est-il pas simplement de chercher le secret de porter cette Croix pour qu’elle soit moins pesante ?
Je Vous entends, ô Mère, tout le secret est de porter sa Croix avec Jésus, comme Jésus.
C’est vrai je ne suis pas seule !
Tout à l’heure, j’étais accablée et je pensais à toutes les Croix que les autres n’ont pas.
Mais en Vous voyant, ô Jésus, sur le chemin du Calvaire, j’ai compris.
Vous ne demandez pas de ne pas souffrir, et ces larmes de tout à l’heure, Vous ne me les reprochez pas.
Mais Vous voulez que je porte courageusement mon fardeau à votre exemple.
Car Vous êtes là et Vous marchez devant moi.
Parfois je me sens si seule mais je me trompe.
Ô mon âme, ouvre les yeux, tout près de toi, il y a Jésus, et ta croix repose sur son épaule.
C’est Lui notre bon cyrénéen.
Comment pourrai-je désormais me sentir seule puisque nous montons à deux cette rude montée ?
Il n’y a pas une douleur humaine que Vous n’ayez partagée avec nous, et si je trébuche dans la montée douloureuse, Vous êtes là pour me soutenir et me dire :
« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués, et je vous soulagerai… »
J’aimerai ma Croix, ô mon Jésus, parce que Vous avez aimé la Vôtre.
Quand Vous êtes venu sur la terre Vous n’avez choisi ni la richesse, ni le succès, ni le bonheur.
Vous avez choisi la souffrance.
Puis-je regarder chaque jour mon Crucifix et ne désirer qu’une vie pleine de jouissances et de satisfactions ?
Comme le grain qui ne peut germer sans mourir en terre, moi aussi je sais bien que je ne puis valoir quelque chose que si je traverse l’épreuve.
Ce sont les mains qui ont eu mal qui sont les plus douces pour panser.
Ce sont les yeux qui ont pleuré qui savent voir plus clair.
Ce sont les cœurs qui ont broyé en eux leur égoïsme qui peuvent le mieux s’ouvrir aux autres.
Mais il ne suffit pas de souffrir, il faut bien souffrir.
Le Bon larron a regardé Jésus, il a imité sa douceur, son acceptation, son abandon.
Vierge Marie, faites que je ne gaspille jamais cette Grâce précieuse de la souffrance, « cette Grâce que nous n’avons pas méritée », comme dit Léon Bloy. Faites que j’ai le courage de ne pas murmurer, de m’offrir filialement à l’épreuve et de tendre avec amour mes épaules pour recevoir le poids dur de la Croix quand il plaira à Dieu de me l’envoyer.
Vierge Marie, faites-moi comprendre que la joie Chrétienne est le fruit savoureux de l’arbre de la Croix.
Oui, la vie est parfois rude et terrible.
Nos cœurs saignent et notre chair souffre.
Mais si je comprends l’amour, je découvrirai la joie.
Dieu ne permet la souffrance et l’épreuve que parce qu’Il veut rendre ma vie féconde et belle.
Il nous « taille » dans le vif comme le bon jardinier.
Mais Il nous aime.
Sans cesse Il nous serre dans les bras de son amour, et c’est peut-être parce qu’Il nous serre si fort à certaines heures que nous sommes tout meurtris par cette étreinte.
Mais quelle joie ineffable d’aimer et de se sentir ainsi aimé !
Sainte Marie, Mère de Dieu, aidez-moi à comprendre que si je presse « ma croix » avec amour sur mon cœur, elle fleurira entre mes bras un jour, comme un buisson de roses. Ainsi soit-il.
1 Pater + 10 Ave + 1 Gloria
Paula Hoesl (1898-1966) - « Rosaire des Mamans » : Quatrième Mystère Douloureux du Portement de la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ

Voir également pour prier le « Rosaire des Mamans » de Paula Hoesl :
Les 5 Mystères Glorieux des Dimanche et Mercredi
- La Méditation « Ô Vierge Marie, faites qu’à force de réciter cette Première Dizaine, je sente grandir en moi la pure Joie Chrétienne » du Premier Mystère Glorieux de la Résurrection de Notre-Seigneur
- La Méditation « Ce n’est pas tout de regarder Jésus monter au Ciel, n’est-ce pas Vierge Marie ? » du Deuxième Mystère Glorieux de l’Ascension de Jésus au Ciel
- La Méditation « Vierge Marie, faites que, me dépouillant de mon esprit propre je vive enfin, à votre exemple, dans l’Esprit de Dieu » du Troisième Mystère Glorieux de la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres
- La Méditation « Vierge Marie, en souvenir de votre Assomption, donnez-moi de vivre chaque minute de ma vie avec l’âme que je voudrais avoir si à l’instant je devais comparaître devant Dieu » du Quatrième Mystère Glorieux de la Mort et l’Assomption de la Sainte Vierge
- La Méditation « Ô Reine du Ciel, qui ne cessez de veiller sur le Salut de tous ! » du Cinquième Mystère Glorieux du Couronnement de la Vierge Marie au Ciel
Les 5 Mystères Joyeux des Lundi, Jeudi et Samedi
- La Méditation « Ô Marie, obtenez-moi la Grâce de ce « Oui » généreux qui transformera ma vie ! » du Premier Mystère Joyeux de l’Annonciation
- La Méditation « Ô divine Charité qui pense à tout, même aux plus petites choses ! » du Deuxième Mystère Joyeux de la Visitation
- La Méditation « Vous n’avez rien, Vierge Marie, dans cette étable, mais Vous avez Jésus entre vos bras » du Troisième Mystère Joyeux de la Nativité
- La Méditation « En récitant ces Ave, j’accepte à l’avance tout ce qui sera la Volonté de Dieu sur mon cœur de femme » du Quatrième Mystère Joyeux de la Présentation de Jésus au Temple
- La Méditation « Ô Marie, faites que je m’aperçoive quand Jésus n’est plus avec moi, car il est inutile que je poursuive plus loin ma route sans Lui » du Cinquième Mystère Joyeux du Recouvrement de Jésus au Temple
Les 5 Mystères Douloureux des Mardi et Vendredi
- La Méditation « Ne pouvez-vous pas veiller et prier un moment avec moi ? » du Premier Mystère Douloureux de l’Agonie au Jardin des Oliviers de Notre Seigneur Jésus-Christ
- La Méditation « Ô Vierge, ma Mère, ces larmes pures et brûlantes que Vous cachiez dans Vos mains » du Deuxième Mystère Douloureux de la Flagellation de Notre Seigneur Jésus-Christ
- La Méditation « Voici ton Dieu, ô mon âme, regarde-Le bien… » du Troisième Mystère Douloureux du Couronnement d’Épines de Notre Seigneur Jésus-Christ
- La Méditation « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ! » du Quatrième Mystère Douloureux du Portement de la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ
- La Méditation « Ô Notre-Dame, Vous qui avez tout donné, aidez-moi à tout donner à mon tour » du Cinquième Mystère Douloureux de Notre Seigneur Jésus-Christ mourant sur la Croix