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Sermon pour la Fête de la Circoncision de Jésus-Christ

Sermons - Homélies - Méditations > pour Noël

Voici le Sermon pour la Fête de la Circoncision de Jésus-Christ « Vocatum est nomen ejus Jesus » du Révérend Père François de Paule Bretonneau (1660-1741), Prédicateur jésuite, auteur de nombreux sermons et panégyriques, qui a été pendant quatre ans préposé de la Maison professe des Jésuites de Paris.



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Le Sermon pour la Fête de la Circoncision de Jésus-Christ « Vocatum est nomen ejus Jesus » du R-P François de Paule Bretonneau :

« Vocatum est nomen ejus Jesus : Il fut nommé Jésus » (Luc II, 21)

Ce n'est point-là, dit Saint Bernard, un de ces grands noms que donne la flatterie dans le monde, et qui signifiant beaucoup par eux-mêmes, ne se trouvent soutenus de nul mérite dans ceux qui les portent.
Si le Fils de Dieu par l'ordre du Ciel est appelé Jésus, et si dans cet auguste Nom Il reçoit la qualité de Sauveur, c'est qu'Il doit en effet sauver son peuple, selon la parole de l’Ange, et acquitter lui-même toutes nos dettes : Ipse ením salvum faciet populum suum a peccatis eorum (Luc II, 21).
Ce n'est donc point tant au Nom que je veux ici m'arrêter qu'à la chose même que le Nom renferme, et j'ai cru que ce Mystère me donnait une occasion bien naturelle de vous apprendre, Chrétiens auditeurs, quels sentiments nous doivent inspirer la pensée et le souvenir d'un Dieu Sauveur.
Vocatum est nomen ejus Jesus.
Comprenez, s'il vous plaît, mon dessein. Voici comment je m'explique.
Je prétends parler à deux sortes de personnes : aux unes qui tombent trop aisément dans une timide défiance à l'égard du Salut, et aux autres qui trop légèrement aussi et trop promptement se laissent enfler d'une téméraire présomption.
Esprit de défiance ; esprit de présomption.
Esprit de défiance, c'est celui de certaines âmes timorées qui s'alarment de tout, et qu'une crainte excessive des Jugements de Dieu entretient dans des frayeurs pleines de faiblesse, et toutes également vaines et scrupuleuses.
C'est l'esprit même des plus grands pécheurs, soit lorsqu'à la vue de leurs désordres ils désespèrent de la part de Dieu d'un pardon qu'ils ne croient pas, quoi qu'ils fassent, pouvoir mériter ; ou que dominés par l'habitude ils n'osent de leur part se promettre une constance assez ferme, ni assez de résolution pour être jamais en état de la surmonter.
Esprit de présomption : autre extrémité directement opposée, et trompeuse illusion de tant de mondains, qui, pour calmer le trouble de leur cœur et pour s'endurcir aux menaces de la conscience, se flattent dans leurs engagements même les plus criminels d'une impunité prétendue, et pensent trouver toujours dans les mérites d'un Dieu Sauveur, et dans sa miséricorde, un asile contre tous les traits de sa justice.
Deux excès que j'entreprends de corriger : Chrétiens timides et pusillanimes, vous ne connaissez point assez l'inestimable trésor que vous possédez dans ce Dieu enfant, aujourd'hui déclaré Sauveur, ou vous ne savez point assez vous en prévaloir.
Mais vous, par un abus tout contraire et encore plus condamnable, pécheurs présomptueux et impénitents, vous attendez de ce Sauveur plus qu'Il ne veut vous donner ; et en faveur de votre péché, vous attribuez à ses mérites une vertu qu'ils n'ont jamais eue, quelques puissants qu'ils soient, et qu'ils n'auront jamais.
Or, pour réduire les uns et les autres au juste milieu de l'espérance Chrétienne, je fais deux propositions qui vont partager ce discours.
Il y a dans les mérites d'un Dieu Sauveur et dans sa grâce, de quoi animer toute notre confiance : c'est la première partie ; et dans ces mêmes mérites et cette grâce d'un Dieu Sauveur, il y a d'ailleurs de quoi confondre toute notre présomption : c'est la seconde partie.
Ainsi doit s'accomplir l'oracle de Saint Pierre Siméon, que ce Jésus, ce Dieu Sauveur, serait tout ensemble et le Salut et la Ruine de plusieurs : Positus est in ruinam et in resurrectionem multorum (Luc II, 21).
Il sera, si nous le voulons, notre Salut, et voilà ce que j'oppose à notre défiance : Positus est in resurrectionem.
Mais si par l'aveuglement de nos passions et la perversité de notre cœur Il n'est pas notre Salut, comptons qu'Il sera notre Ruine ; et voilà ce que j'oppose à notre présomption : Positus est in ruinam.
Vérités essentielles et dignes de toutes vos réflexions.
Pour les traiter avec fruit, implorons le secours du Ciel, et adressons-nous à Marie, en Lui disant : Ave, Maria.


PREMIÈRE PARTIE
Rien n'a été plus commun, soit aux prophètes dans l'ancienne loi, soit à Jésus-Christ même, et aux Apôtres dans la nouvelle ; soit dans la suite des temps à tous les maîtres et à tous les pasteurs des âmes, que de leur inspirer sur l'affaire du Salut une solide et généreuse confiance.
Aussi, Chrétiens, faut-il convenir que c'est ce qui rassure les faibles ; ce qui les remplit de cette paix du cœur, qui est la marque la plus certaine de l'Esprit de Dieu ; ce qui leur donne cette sainte allégresse, avec laquelle le Prophète royal nous fait lui-même connaître qu'il courait dans la voie des Commandements : Viam mandatorum tuorum cucurri, cum dilastasis cor meum (Ps CXVIII).
Que c'est encore ce qui touche les pécheurs les plus endurcis, lorsque, malgré les désordres d'une vie passée dans le crime, tout indignes qu'ils sont des miséricordes du Seigneur, ils croient néanmoins pouvoir toujours espérer en Lui, et qu'ils se promettent, en y retournant, de trouver un Père plein de tendresse et prêt à les recevoir : Surgam et ibo ad patrem (Luc XV).
Enfin que c'est ce qui encourage les pécheurs déjà convertis et pénitents, dans les combats qu'ils ont à soutenir contre la nature, contre la passion, contre l'habitude, assurés qu'ils sont de l'assistance divine, et d'un secours efficace et prompt qui leur rendra tout possible : Omnia possum in eo qui me confortat (Phil. IV).
Or je soutiens que ce sont là les premiers sentiments que doit produire dans nos cœurs la pensée et le souvenir d'un Dieu Sauveur.
Appliquez-vous, et vous en allez être persuadés.
Car que nous apprend cet Enfant que Marie tient entre ses bras, qu'elle présente au couteau de la Circoncision, qu'on nomme Jésus, c'est-à-dire Sauveur, et qui pour la première fois en exerce l'office au prix de son Sang ?
Quels trésors sont cachés sous cette sainte humanité ?
Découvrons-les, levons le voile.
Vous êtes riches, mes frères, disait l'Apôtre, et je vous le dis après lui, vous êtes riches en Jésus-Christ, et dans les mérites infinis de Jésus-Christ : Divites in illo (1 Tim. VI).
Parlez, vous avez de quoi vous faire écouter ; demandez, vous avez de quoi tout obtenir ; entreprenez, et ne doutez point du succès : pourquoi ?
Parce que vous ne pouvez douter de la protection du Ciel ; et les fondements inébranlables de votre confiance, les voici, que je réduis à deux, et que je vous prie de bien observer : un Dieu Sauveur des hommes, et un Dieu Sauveur de tous les hommes.
Sauveur des hommes en général, Sauveur de tous les hommes en particulier et en détail.

Deux points qu'il ne faut pas séparer l'un de l'autre, et que j'ai présentement à développer :
Un Dieu Sauveur des hommes, premier fondement de ma confiance ; et pour me convaincre combien ce fondement est solide, j'examine sur cela trois choses, et j'en forme un raisonnement dont il est difficile que vous ne sentiez pas l'impression, si vous en comprenez la force.
Car je demande :
Qui nous l'a donné ce Sauveur ?
Quel est ce Sauveur ?
Et comment Il est Sauveur et notre Sauveur ?
Qui nous l'a donné ? C'est Dieu.
Quel est-Il ? Il est Dieu lui-même.
Comment est-Il Sauveur, et notre Sauveur ? Par une pleine transfusion de ses mérites.
Autant d'articles de la Foi que nous professons ; et dans ces trois articles de notre Foi, dans ces trois courtes paroles, que de vastes espérances !
Instruisez-vous, et suivez-moi.
En effet je raisonne et je dis : si c'est Dieu qui nous L'a donné, ce Sauveur, que s'ensuit-il ?
Que Dieu veut donc réellement nous sauver ; et qu'Il le veut d'une volonté bien sincère, puisqu'Il le veut aux dépens mêmes de son propre Fils, l'objet de ses complaisances éternelles, et qu'Il le veut d'une volonté bien efficace, puisqu'Il le veut jusqu'à livrer ce Fils unique, et à Lui faire pour cela verser son Sang ; et qu'Il le veut d'une volonté bien gratuite et bien pure, puisqu'Il le veut pour ses ennemis mêmes et pour des pécheurs ; que dis-je, puisque ce Sauveur envoyé de Dieu n'est venu pour nous, que parce que nous étions pécheurs.
Car voilà, dit Saint Jean, comment Dieu a aimé le monde : Sic dilexit (Jean III).
Or cette volonté de Dieu si bien préparée, et dont nous avons un gage si sensible, n'a-t-elle pas déjà de quoi fonder la plus juste et la plus ferme confiance ?
Mais ce n'est pas assez.
Je vais plus loin et j'ajoute :
S’Il est Dieu lui-même, ou plutôt, puisqu’essentiellement et sans usurpation Il est Dieu lui-même, ce Sauveur donné de Dieu, quelle autre conséquence suit de cet autre principe ?
Rien de plus consolant, écoutez-le : c'est donc que les mérites de ce Sauveur sont d'un prix sans bornes et d'une valeur au-dessus de tout.
Tout ce qui part d'une telle source, se ressent de l'excellence et de la noblesse de sa cause.
Puisez de ces eaux saintes et sacrées, vous ne les tarirez jamais.
Creusez ces abîmes de grâce, jamais vous n'en mesurerez la profondeur.
De sorte, prenez-garde, de sorte que dans tous les états où je me puis trouver, que dans tous les besoins, surtout les besoins de mon âme, les mérites d'un Dieu Sauveur sont une ressource pour moi toute-puissante ; que ces mérites me donnent toujours droit d'aller à Dieu et de Lui dire : Respicein faciem Christi tui.
Regardez, Seigneur, et considérez votre Christ.
Le voilà comme un Médiateur entre Vous et moi ; Le voilà couvert de son Sang.
C'est l'Hostie sainte que je Vous offre, et avec cela que pouvez-Vous me refuser.
Respice, voyez-Le.
Si c'est sur moi que Vous attachez vos regards, ah ! Seigneur, je ne puis avoir recours qu'à votre miséricorde et à votre grande miséricorde.
Mais dès que ce sera sur ce Christ que Vous jetterez les yeux (et pouvez-Vous L'oublier jamais et en détourner la vue), dès que ce sera en son Nom que je parlerais, si Vous me rejetiez, j'oserais, mon Dieu, en appeler à votre justice.
Quoi que je demande, j'ai de quoi le payer au-delà.
Quoique j'aie pu dérober à votre gloire, j'ai de quoi Vous le rendre et avec usure ; et quand je serais devant Vous mille fois encore plus pécheur et plus chargé de dettes, jamais ni mes péchés ni toutes mes dettes n'égaleront le prix que j'ai en main pour Vous satisfaire.
Respice in faciem Christi tui.
Je dis le prix que j'ai en main et dont je suis maître.
Car une troisième vérité non moins incontestable, c'est que tous les mérites de ce Dieu Sauveur sont à nous ; que ce sont en même temps et les Siens et les nôtres ; les Siens parce qu'Il les a lui-même acquis, les nôtres parce qu'Il nous les a transmis, et bien que c'est ainsi qu'Il est notre Sauveur.

Si bien que tout le Sang de Jésus-Christ, ou, pour parler avec Saint Bernard, que tout Jésus-Christ nous appartient comme un héritage désormais inaliénable.
Profitons-en, il ne tient qu'à nous, et ne craignons point, tant que le Ciel nous conservera sur terre, que jamais ni la violence des hommes, ni les puissances de l'Enfer, ni le nombre de nos chutes, ni l'énormité de nos crimes, ni toute la malignité de notre cœur, nous privent d'un Bien sur lequel nous avons de si authentiques et de si légitimes prétentions.
Reprenons, mes chers auditeurs, et concluons.
Nous avons donc en Jésus-Christ, dans ce Dieu Sauveur et dans ses mérites des remèdes capables de guérir toutes nos blessures et de rétablir pour ainsi dire notre âme dans une santé et une vigueur toute nouvelle.
Nous avons en Lui des secours assez puissants pour arrêter le torrent des passions les plus débordées, pour surmonter la force de l'habitude la plus invétérée, pour réprimer les emportements et les saillies du naturel le plus indompté, pour toucher le cœur le plus inflexible, pour l'enlever, le tirer de l'esclavage, et l'arracher du sein de l'iniquité.
Des secours toujours présents et tellement prompts, qu'ils ne dépendent ni des temps ni des lieux, et que nous les pouvons partout recueillir, au pied de cet Autel, à cette sainte Table, à ces Tribunaux de la Pénitence, dans la Prière, dans l'exercice de toutes les Vertus.
Des secours tellement certains, qu'ils ne nous peuvent manquer, et que Dieu, tout Dieu qu'Il est, ne les peut pas plus retirer de nous, qu'Il ne peut révoquer le pacte solennel qu'Il a fait en notre faveur avec son Fils.
Des secours si abondants, qu'il ne fut jamais, et que jamais il ne sera nécessaire dans la distribution qui s'en fait, de rien retrancher à l'un pour grossir le partage de l'autre.
Pensées touchantes qui soutenaient, qui ravissaient le Prophète.
Or ce que ce Prophète ne voyait encore qu'en esprit et dans un long avenir, nous le voyons accomplir de nos jours, et nous y trouvons de quoi recueillir tous les sentiments de notre confiance.
Car pour l'exciter dans mon cœur, et pour l'affermir, cette confiance Chrétienne, que fais-je ?
Faites-le comme moi, mes frères, puisque vous le pouvez aussi bien que moi.
J'attache mes regards sur ce divin Enfant que je vois sous le couteau de la Circoncision ; j'y reconnais et j'y contemple le Dieu de mon Salut ; j'aperçois le Sang qui coule de son sacré Corps, et plein de cette idée, je m'écrie dans le transport de ma joie :
Ego autem in Domino gaudebo, et exsultabo in Deo Jesu meo (Habac. III).
Oui, c'est en mon Dieu que j'espère ; c'est en Lui, c'est en ce Sauveur que je mets tout mon repos : In Deo Jesu meo.
Il est vrai, l'Ennemi commun des hommes voudrait, par de vains fantômes, me donner de fausses alarmes.
Il n'aime que le trouble, et c'est toujours beaucoup pour lui que d'ôter à une âme la paix dont elle doit jouir.
Il est les nôtres parce qu'il nous les a transmis, et vrai, mon esprit timide et inquiet au-delà d'une crainte sage et salutaire, s'engage quelquefois de lui-même dans un labyrinthe affreux de pensées aussi frivoles dans la vérité qu'elles sont tristes dans l'apparence.
Il est vrai, mes crimes si longtemps oubliés, tandis que mon cœur, dans la voie de l'iniquité, s'est laissé gouverner à ses désirs, dès que je veux songer au retour, commencent tout de nouveau à paraître, et se présentent à moi sous les couleurs les plus noires et les images les plus désespérantes.
Mais malgré l'habitude qui cherche à reprendre son premier empire, malgré la passion qui se révolte, malgré la nature qui parle, en quelque disposition que je sois, voici toujours quel est mon soutien : c'est que le Seigneur veut être, et qu'Il est en effet mon Salut.
Ego autem in Domino gaudebo ; et exsultabo in Deo Jesu meo.
Voilà, dis-je, le point fixe où je demeure inébranlable.
A ce rayon qui m'éclaire, tous les nuages de mon esprit se dissipent ; tout se calme dans mon cœur.
Car enfin, ai-je dit, le Dieu que j'adore, après avoir fait pour moi de si grandes choses, après m'avoir aimé jusqu'au Sacrifice de lui-même, veut-Il dans la suite m'abandonner ?
Ses Jugements sont terribles, mais ses Miséricordes sont au-dessus de ses jugements.
Mes offenses sont sans nombre, mais ses Miséricordes sont sans mesure.
Je n'ai rien en moi qui ne parle contre moi, mais il n'y a rien en Lui qui ne parle et qui n'agisse pour moi.
Ne jugeons point par nos vues faibles de l'efficace et de la vertu de ses mérites ; ce serait penser en homme, et non point en Dieu.
Ego autem in Domino gaudebo, et exsultabo in Deo Jesu meo.
Telle est donc ma résolution (car ce n'est point à de stériles sentiments que doit s'arrêter ma confiance, mais à la pratique qu'elle doit passer), telle est la résolution que je forme.
S'il faut me convertir à Dieu, me réconcilier avec Dieu ; s'il faut renoncer au monde et lui déclarer une guerre nouvelle, s'il faut rompre un engagement et vaincre une inclination, s'il faut embrasser une vie Chrétienne, et malgré les répugnances que j'y sens, malgré les obstacles qui s'y opposent, y persévérer et s'y maintenir ; s'il faut m'avancer dans les voies de Dieu, et m'élever à un plus haut degré de perfection ; quoi que ce soit, j'entreprendrai tout et je viendrai à bout de tout.
Pourquoi ?
C’est que tout pécheur que je suis, il n'y a point de péché si grief dont je ne puisse, par la grâce et les mérites d'un Dieu Sauveur, obtenir l'entière abolition.
C'est que tout attaché que je suis au monde, il n'y a point de lien si étroit dont je ne puisse, par la grâce et les mérites d'un Dieu Sauveur, pleinement me dégager.
C'est que tout esclave que je suis de ma passion, il n'y en a point, ni de si ardente ni de si dominante, dont je ne puisse, par la grâce et les mérites d'un Dieu Sauveur, ou éteindre le feu, ou secouer le joug.
C'est que tout lâche que je suis dans les devoirs du Christianisme, il n'y en a point de si difficiles, point de si contraires aux sens et à la nature, que je ne puisse, par la grâce et les mérites d'un Dieu Sauveur, pratiquer et accomplir.
C'est que tout faible, que tout imparfait que je suis, il n'y a rien dans la Sainteté évangélique de si sublime et de si grand où je ne puisse, par la grâce et les mérites d'un Dieu Sauveur, aspirer et parvenir.
Ego autem in Domino gaudebo, et exsultabo in Deo Jesu meo.
Espérance d'autant mieux établie, que ce Dieu Sauveur des hommes en général, est en particulier le Sauveur de tous les hommes : second fondement de notre confiance.
Écoutez-moi toujours : vous ne pouvez m'entendre sur un point qui doive plus vous intéresser, ni qui mérite plus votre attention.
Car je ne vous dis pas seulement qu'Il est Sauveur, ce Dieu enfant, qui subit aujourd'hui pour nous une loi si rigoureuse.
L'expression est trop commune et trop vague.
Mais voici quelque chose de plus exprès, et je prétends que de tout ce qu'il y a eu d'hommes sur la terre, de tout ce qu'il y en a, et de tout ce qu'il y en aura, il n'en est pas un dont il ne soit le Sauveur, et pour qui il n'ait donné son sang ; qu'il est le Sauveur du riche et le Sauveur du pauvre, le Sauveur du Chrétien et le Sauveur de l'infidèle, le Sauveur du Catholique et le Sauveur de l'hérétique, le Sauveur du Juste et le Sauveur même du pécheur, le Sauveur du Prédestiné qui jouit de la gloire dans l'Éternité bienheureuse, et le Sauveur, j'ose le dire, du réprouvé qui souffre dans les flammes éternelles.
D'où je conclus que ses mérites ne sont donc pas seulement, ni indéterminément, un moyen de Salut pour les hommes, mais distinctement et expressément pour chacun des hommes.
Non pas que tous se sauvent par le mérite de ce Dieu Sauveur, mais parce que ce Dieu Sauveur, en vertu de ses mérites, et par l'effusion de son sang, leur a fourni à tous les moyens de se sauver.
Principe de Religion, principe indubitable, et qui doit faire la plus douce consolation de l'âme fidèle.
Principe fondamental et si essentiel, que d'y donner la moindre atteinte, ce serait renverser de fond en comble et ruiner toute l'espérance Chrétienne.
Je dis ruiner toute l'espérance Chrétienne ; et en effet, pour ne rien avancer sans preuves sur un aussi grand sujet que celui-ci, entrez avec moi dans une réflexion qui doit nous convaincre.
Car, si ce Sauveur des hommes n'est pas le Sauveur de tous les hommes ; si, dans cette Rédemption divine dont Il avait conçu le dessein avant tous les siècles, et qu'Il commence proprement d'exécuter en cette sanglante Circoncision, Il n'a pas compris tous les hommes, plus de paix, plus de confiance.
En vain on me dira que c'est Dieu qui nous L'a donné, ce Sauveur ; je répondrai, moi : Dieu L'a donné aux hommes, j'en conviens ; mais si Dieu ne L'a pas donné à tous les hommes, peut-être suis-je du nombre de ceux à qui Il n'a pas voulu faire part de ce Don de Salut, et par conséquent de ceux qu'Il a laissés dans la masse de perdition.
En vain on me dira qu'Il est Dieu lui-même, ce Sauveur, et par une suite nécessaire, que sa Grâce est toute-puissante ; je répondrai, moi : ses mérites sont infinis, je le reconnais, et l'on peut tout avec sa Grâce ; mais il faut l'avoir cette Grâce.
Or, on ne l'a que par les mérites du Sauveur.
Si donc la vertu de ses mérites ne s'est pas répandue sur tous les hommes, il y en a qui n'ont pas la Grâce ; et que sais-je si je ne suis point un de ceux à qui elle est refusée, et pour qui le sein de la miséricorde est fermé ?
En vain on me dira que c'est par un plein transport de ses mérites que ce Sauveur est Sauveur ; je répondrais, moi qu’il y ait des hommes à qui Il a fait ce transport, je le veux ; mais s'Il ne l'a pas fait à tous les hommes, il y en a qui, dans ce transport, tout plein qu'il est, ne reçoivent rien.
Or, qui peut m'assurer que je ne suis pas de ce troupeau malheureux à qui le Sauveur n'a point eu d'égard, et qu'Il abandonne, tandis qu'Il comble de ses libéralités un troupeau choisi et favori ?
Voilà ce que je dirai : et de là l'incertitude et le trouble ; et l'incertitude la plus cruelle, le trouble le plus désolant, puisque ce serait sur la plus importante affaire de l'homme, qui est le Salut.
De là, le découragement et l'abattement.
De là même les prétextes pour se décharger de tout le soin du Salut, et pour s'en remettre uniquement à Dieu.
De là les désespoirs ; et quels désespoirs !
Conséquences non moins justes qu'elles seraient affligeantes et accablantes.
Mais quand par une vue toute contraire (souffrez, Chrétiens, que j'en fasse ici l'aveu ; et que ne puis-je là-dessus vous communiquer l'impression qu'a ressentie quelquefois mon cœur), quand pour me relever et me fortifier, je repasse au pied de l'autel, et en la présence de mon Dieu, cette consolante vérité, que c'est pour tous les hommes qu'Il s'est offert, ce Rédempteur des hommes.
Quand je l'apprends des saints Livres en mille endroits, et dans les termes les plus précis et les plus formels ; quand je l’apprends surtout de Saint Paul, où je lis que c'est le même Sauveur de tous ; mais qu'Il est spécialement le Sauveur des fidèles : distinction qui me donne évidement à connaître, que tous donc, outre les fidèles, participent à cette Rédemption universelle, quoique tous ne sachent pas également en profiter.
Salvator omnium hominum maxime fidelium (1Tim. IV).
Quand je l'apprends de toute l'antiquité, où je trouve que mille fois les Pères ont appuyé les raisonnements les plus forts sur ce principe, sans se mettre en peine de l'établir, tant il était entre eux constamment reconnu, et tant ils le croyaient certain et hors de contestation.
Quand je l'apprends de l'Église, l'organe et l'épouse du Saint Esprit, et que je vois avec quel zèle elle s'est intéressée à la défense de cet article capital, quelles décisions elle a portées, et quels anathèmes elle a fulminés.
Quand je l'apprends même de la raison humaine, et qu'avec les lumières de cette faible raison, autant qu'elles peuvent concourir avec les lumières de la Foi, je considère que de vouloir resserrer la miséricorde du Seigneur dans un petit nombre d'hommes distingués, ce serait prescrire des bornes bien étroites à cette Providence, qui fait indifféremment lever son soleil sur les bons et sur les méchants ; qu'étant tous enfants du même Père céleste, il était convenable que dans une affaire telle que le Salut, Il ne délaissât, dit Saint Jean-Chrysostome, ni le Juif, ni le Gentil, ni le Grec, ni le Barbare, ni l'affranchi, ni l'esclave, ni l'homme, ni la femme, ni le fidèle, ni l’idolâtre.
Quand, dis-je, je me retrace toutes ces idées, et bien d'autres, alors rassuré contre de vains et de timides soupçons, qui peut-être venaient troubler mon âme, je reprends toute ma confiance ; je la sens revivre, se ranimer, et comme le saint homme Job, je me dis à moi-même ; mais avec quelle onction ! Mais avec quel goût !
Scio quod Redemptor meus vivit (Job, XIX).
Je sais que j'ai un Sauveur, et qu'Il est vivant.
Job souhaitait que de la pointe du fer cet article de sa foi fût écrit dans un livre ; que pour en rendre le souvenir plus durable, on le gravât sur une lame de plomb, ou qu'avec le ciseau on le taillât sur la pierre.
Quis mihi detut exarentur in libro, stylo ferreo et plumbi lamina, vel celte sculpantur in silice (Job XIX).
Mais moi je voudrais qu'il fût gravé dans tous les cœurs, et du moins il demeurera toujours profondément imprimé dans mon esprit.
Scio, je le sais, je n'en puis douter, Il est mon Sauveur, ce Sauveur des hommes ; le mien, comme si j'étais de tous les hommes le seul qu'Il eût eu à sauver ; le mien, tout indigne, tout pécheur que je suis ; le mien encore une fois, et dans un sens si réel et si propre, qu'à la vue de ses miséricordes, je ne dis plus seulement avec Saint Jean : Sic dilexit mundum (Jean III), voilà comment Il a aimé le monde, mais avec le grand Apôtre : Dilexit me, et tradidit semet ipsum pro me (Gal. II) : c'est moi qu'Il a ainsi aimé, c'est pour moi qu'Il s'est ainsi livré, c'est à moi qu'Il a pensé.
Heureux si je réponds à ses vues, et si je tire de sa Grâce tout le fruit qu'Il s'est proposé.
Mais si jamais je perds mon âme, et que malgré Lui je me damne, au milieu des feux allumés pour mon supplice, et dans l'horreur des tourments, je serai toujours forcé de reconnaître qu'un Sang divin avait coulé pour mon Salut, et qu'avec ce Sang, et une seule goutte de ce Sang, je pouvais éteindre toutes les flammes de l'Enfer, et m'assurer tous les trésors de l'Héritage céleste.
Dilexit me, et tradidit semet ipsum pro me.
Mais que sais-je, et pourquoi m'occuper d'une si triste réflexion, dans un jour où je veux réveiller toute ma confiance ?
Disons plutôt que ce qui ferait alors mon désespoir, c'est ce qui doit à présent me consoler et m'encourager, parce que c'est le fond de mon espérance.
Elle est dans mon cœur cette espérance si précieuse ; elle y est, et je l'y conserverai. Soutenu de cette espérance, j'irai recueillir les prémices de ma Rédemption, en recueillant les prémices du Sang de mon Sauveur.
J'irai me laver dans le Bain sacré.
Il y en a assez pour tous ceux qui s'y présenteront.
Tous les autres y ont part comme moi, et j'y ai part comme tous les autres.
Ce sont les pécheurs qu'on y appelle ; et par conséquent mes péchés ne m'empêcheront point d'y être reçu.
Y serais-je allé plus faible encore mille fois, et mille fois plus coupable, j'en puis revenir pleinement guéri, et pleinement justifié.
Pourquoi donc n'y aller pas, c'est-à-dire, pourquoi n'aller pas à mon Sauveur, concerter avec Lui l'ouvrage de ma conversion et celui de ma sanctification.
Pourquoi n'aller pas à mon Sauveur, Lui demander en toute rencontre son assistance, et implorer auprès de son Père sa Médiation ?
Pourquoi n'aller pas à mon Sauveur Lui exposer sans cesse mes misères, et Le réclamer dans toutes les nécessités de la vie ?
Excellente pratique, mes chers auditeurs !
C’était celle de Saint Bernard ; et c'est celle des âmes solidement pieuses, et remplies de l'esprit de l'Évangile.
Jésus-Christ dans toutes les occurrences est leur refuge.
On Le trouve dans son Sanctuaire, on Le trouve dans son Sacrement, on Le trouve dans ses Ministres, on Le trouve dans le secret d'un Oratoire, et dès qu'on Le cherche avec confiance, on trouve toujours en Lui un Sauveur.
Je dis au reste avec une confiance prudente et réglée : car comme il y a dans les mérites d'un Dieu Sauveur de quoi l'animer, cette confiance Chrétienne, il y a aussi de quoi confondre une aveugle présomption ; et ce sera le sujet de la seconde partie.

SECONDE PARTIE
C'est un des oracles les plus terribles et les plus solennels qui soient sortis de la bouche de Jésus-Christ, lorsque se représentant comme la pierre fondamentale sur laquelle devait porter tout l'ouvrage de la Rédemption des hommes, et tout l'édifice de notre Salut, Il disait aux Juifs :
Vous l'avez rejetée cette pierre ; vous vous êtes élevés contre ce Sauveur que le Père vous envoyait ; mais prenez garde à ce que je vous annonce : quiconque ira se choquer contre cette pierre, elle le brisera : Qui ceciderit super lapidem istum confringetur (Matth. XXI) ; et sur qui que ce soit que tombe cette pierre, elle l'écrasera, et super quem ceciderit, conteret eum (Matth. XXI).
Ainsi parlait le Fils de Dieu, leur donnant à entendre que ce n'était point en vain qu'Il était descendu sur la terre, et que celui qui ne recevrait pas de Lui la vie qu'Il nous présentait, et aux conditions qu'elle nous était promise, par le plus funeste retour recevrait de Lui-même la mort, et une Mort éternelle.
Vérité, Chrétiens auditeurs, bien opposée à l'espérance présomptueuse du pécheur, qui se flatte de pouvoir pécher avec plus d'impunité et de pouvoir vivre dans une négligence entière de ses devoirs, comptant sur la grâce d'un Dieu Sauveur et sur l'efficace de ses mérites.
Faux principe que j'ai maintenant à combattre, et damnable présomption, dont il est d'une conséquence extrême de vous préserver.
Or il ne faut, pour la détruire, que deux pensées auxquelles je m'attache, et que vous n'avez jamais bien comprises ; car le pécheur présomptueux prétend que tout criminel qu'il peut-être, il sera toujours en sûreté, et que dans les mérites d'un Dieu Sauveur, il aura de quoi suppléer à toutes les œuvres qui lui manqueront, et de quoi couvrir, selon l'expression de Saint Paul, la multitude de ses péchés.
Mais moi je dis deux choses : ne les perdez pas.
C'est que le péché, autant qu'il est au pouvoir de l'homme prévaricateur et pécheur, arrête à son égard, et même anéantit, en quelque manière, toute la Grâce du Sauveur et toute la Vertu de ses mérites ; et c'est d'ailleurs que s'il reste à cette Grâce ainsi arrêtée, et à ces mérites comme anéantis, quelque vertu, ce n'est que pour redoubler encore et pour augmenter la malice du péché.
De sorte que par le péché, et tant qu'il persévère en nous, tous les mérites d'un Dieu Sauveur ne peuvent servir à notre justification, et qu'alors même ils retombent au contraire sur nous, pour servir à notre jugement et à notre condamnation.
Mettons ceci dans son jour, et parlons tellement aux pécheurs, que l'un et l'autre puissent en même temps instruire les Justes, et qu'ils apprennent dans leur état à quoi, par proportion, les exposent ces lâchetés, quoique moins graves, et ces tiédeurs où les entretient quelquefois une confiance mal entendue.
Je pose donc pour première vérité, et j'en ai la preuve certaine, que toute-puissante qu'est en elle-même la Grâce du Sauveur et la Vertu de ses mérites, le péché la détruit en quelque sorte à l'égard du pécheur, tant qu'il est pécheur, et qu'il veut être pécheur ; que le péché en suspend pour lui tout l'effet, et lui en fait perdre tout le fruit.
Vous me demandez comment et par où ?
Je vais vous l'apprendre ; car il ne sert à rien, Chrétiens, de tant exalter les mérites d'un Dieu.
Voulez-vous en profiter et voulez-vous qu'ils vous deviennent salutaires, il faut qu'ils vous soient appliqués.
Or ils ne le sont, disent les théologiens, que par la Grâce, et avec cette Grâce ; que par cette Grâce sanctifiante qui nous approche de Dieu, et qui nous tient unis à Dieu : disposition nécessaire pour tout homme éclairé des lumières de la raison, et capable d'une connaissance distincte ; disposition, ou qui suppose déjà l'homme dans l'état de la justice Chrétienne et dans l'innocence, ou qui du moins exige indispensablement de l'homme, pour y rentrer, un acte de la volonté, une conversion, un mouvement de cœur qui l'élève vers Dieu, et qui le réconcilie avec Dieu.
Telle est la doctrine des Pères, et telle est la voie et l'unique voie par où doit couler sur nous le Sang de l'Agneau, pour nous laver et nous purifier.
Mais que fait le pécheur présomptueux et impénitent ?
Voici son erreur qu'il ne voit pas, toute grossière qu'elle est, et qui n’en devient que plus irrémédiable et plus déplorable.
Remarquez-là.
Il faut qu'il soit uni à Jésus-Christ, comme les membres au Chef, pour recevoir les divins écoulements de sa Grâce et les saintes influences de ses Mérites ; mais il s'en sépare par le péché, et il veut même persister dans cette criminelle séparation, puisqu'il veut persister dans son péché, il faut qu'il ait avant toutes choses le principe de la vie, qui est la charité (car à un mort et sans la vie rien ne peut être profitable) ; mais cette vie de l'âme il l'éteint par le péché.
Dieu veut répandre sur lui ses dons et le combler des trésors de sa miséricorde ; mais il oppose un obstacle à Dieu qui les retient dans leur source, et cet obstacle c'est le péché.
Vivez donc dans le péché, mourez dans le péché, je vous le dis avec la même assurance que le Docteur des nations le disait autrefois à ceux des fidèles, qui, retournant à la loi judaïque, se faisaient circoncire : tout est alors pour vous comme s'il n'y avait jamais eu ni Sacrifice ni Sauveur.
Dico vobis quoniam Christus vobis nil proderit (Gal. V).
C'est ce que le même Apôtre avait si bien compris par rapport à lui-même, et de quoi il était si vivement touché, lorsqu'il châtiait son corps, qu'il le réduisait en servitude, qu'il l'accablait d'austérités, de jeûnes, de fatigues, pourquoi ?
Afin d'accomplir dans sa personne ce qui manquait aux Mérites et à la Grâce de Jésus-Christ.
Car voilà précisément en quels termes il le déclarait :
Adimpleo ea quæ desunt passionum Christi (Coloss. 1).
Que voulait-il dire, et que manque-t-il aux Mérites d'un Dieu ?
Rien de la part de Dieu même.
Mais comme Dieu ne veut pas nous sauver sans nous, ce qui peut de notre part leur manquer, et ce qui leur manque souvent, c'est notre coopération, c'est cette application volontaire que nous nous en faisons à nous-mêmes par l'innocence de la vie et la sainteté des œuvres.
L'un indépendamment de l'autre ne suffit pas.
Sans la Grâce du Sauveur et sans ses Mérites, en vain Saint Paul eût-il pratiqué tant de pénitences et soutenu tant de travaux ; ni ses longs travaux, ni ses rigoureuses pénitences n'eussent été devant Dieu de nulle valeur.
Mais aussi sans une vie innocente, sans une vie laborieuse et agissante, sans une vie austère et pénitente, en vain Jésus-Christ eût-Il répandu son Sang pour Saint Paul, dès que Saint Paul n'eût pas mis aux mérites de ce Sang précieux le complément qu'ils requéraient et qui dépendait de lui, le Sang même de Jésus-Christ ne lui eût été d'aucun avantage.
Et parce que ce Maître des gentils savait encore que dans la participation de ces mérites d'un Dieu il y a des mesures différentes, selon que nous nous les appliquons plus ou moins abondamment, et que notre vie est plus ou moins sainte, c'est pour cela qu'il se ménageait si peu lui-même, et que chaque jour il donnait de nouveaux accroissements à l'ardeur de son zèle, afin de ne rien laisser échapper de tout ce qu'il pouvait recueillir de la Grâce et des Mérites de son Sauveur.
Adimpleo ea quæ desuntpassionum Christi (Coloss. I).
De là, Chrétiens, jugez quelle est l'illusion du pécheur, quand pour se rassurer contre les effrayantes menaces que sa conscience lui fait intérieurement ou que nous faisons retentir à ses oreilles, il tient ce langage si ordinaire, mais si trompeur et si faux : Dieu ne veut pas me perdre.
Non, il ne le veut pas de lui-même et selon ses premières vues ; Il ne le veut que parce que vous le voulez et parce que vous Le forcez à le vouloir.
Mais les mérites de son sang, s'Il ne me fait pas miséricorde, à quoi serviront-ils ?
A quoi ? Répond le grand Apôtre ; à procurer le Salut de ceux qui respectent sa Loi, de ceux qui remplissent toute l'étendue de sa Loi ; car c'est à cette condition que l'affaire de votre Salut, qu'Il a commencée, doit être consommée :
Factus est sibi obtemperantibus causa salutis æternæ (Hebr. V).
Mais les mérites d'un Dieu sont infinis, et toute la malice de mon cœur ne les peut épuiser.
Il est vrai, toute la malice de votre cœur n'en peut épuiser le fonds, mais elle en peut suspendre les effets, mais elle en peut détourner le cours, mais elle peut empêcher qu'ils ne vous soient communiqués.
Or, que sert toute la vertu du remède, s'il ne peut être appliqué au malade, et que faut-il autre chose, pour vous réduire en ce triste état, qu'un seul péché ?
J'en dis trop peu.
Mais une seconde vérité qui enchérit sur l'autre, et qui doit encore plus nous faire trembler, c'est que pour un pécheur le remède même se change en poison, le bien en mal ; que la grâce et les mérites d'un Dieu donnent au péché une grièveté toute particulière, et qu'au lieu de nous autoriser et de nous justifier devant Dieu, ils ne nous rendent dans nos désordres que plus coupables et plus condamnables.
En quatre mots, quatre raisons auxquelles il n'y a point, ce me semble, de réplique : parce qu'en conséquence des mérites d'un Dieu sauveur, il y a dans le péché une malice plus délibérée, et qui ne laisse au pécheur nul prétexte ; que ces mérites, malgré vos soins, et que les dons de grâce qu'ils portent avec eux, vous eussent été refusés, vous étiez en droit de dire :
Si je n'ai pas autrement vécu, c'est que je n'ai pu ; mais que Dieu vous ait présenté ses mérites, qu'Il vous les ait mis, si j'ose ainsi m'exprimer, sous la main, et que vous n'en ayez fait aucun usage, voilà ce qui vous réduit, contre vous-même et pour votre confusion, à ce triste aveu :
Je pouvais, mais je n'ai pas voulu.
Parce qu'en conséquence des mérites d'un Dieu sauveur, il y a dans le péché un mépris du plus riche trésor, et une dissipation digne des plus sévères châtiments.
D'avoir dissipé son talent, je dis un seul talent, ce fut pour le serviteur de l'Évangile un crime impardonnable.
Qu'est-ce pour un Chrétien, d'avoir dissipé et perdu tous les mérites d'un Dieu, d'avoir renversé tous ses desseins, d'avoir détruit son ouvrage, qui néanmoins Lui était si cher et qui Lui a tant coûté de Sang ?
Parce qu'en conséquence des mérites d'un Dieu sauveur, il y a dans le péché un caractère d'ingratitude le plus odieux, et je puis ajouter le plus monstrueux.
Trahir, sans égard à sa Bonté souveraine, les intérêts du Maître qui nous a prévenus, qui nous a recherchés, qui, par la plus inconcevable miséricorde, s'est immolé pour nous ; renoncer à la sainte Alliance par où Il nous a rachetés et remis en Grâce ; Le fouler lui-même aux pieds (car ce sont sur cela les expressions de Saint Paul) ; dites-moi, mes chers auditeurs, où peut aller plus loin l'insensibilité du cœur de l'homme, et si ce n'est pas là que doit se vérifier la parole de Saint Bernard, lorsqu'il nous avertit que nous ne serons pas moins accablés des biens que nous aurons reçus de Dieu que de tout le mal que nous aurons commis contre Dieu.
Enfin, parce que, dans la vaine et chimérique confiance que nous tirons des mérites d'un Dieu sauveur, et dans le sacrilège abus que nous en faisons pour entretenir notre péché, il y a une profanation capable d'allumer toute la colère de Dieu et d'attirer sur nous toutes les foudres de sa justice.
Et n'est-ce pas, en effet, tourner Jésus-Christ contre Jésus-Christ, insulter à l'esprit de grâce, et comme pervertir la sainteté même pour l'employer à l'iniquité.
Ainsi, mes frères, poursuit l'Apôtre, ne nous y trompons pas.
Si la Grâce de Jésus-Christ notre Sauveur a paru dans la plénitude des temps et s'est fait voir tout entière à nous, ce n'est point pour fomenter parmi nous le libertinage, ni pour nous inspirer le relâchement.
Car voici, au contraire, les admirables leçons qu'Il nous fait, et que nous ne devons jamais oublier :
C'est que chacun, avec une ferveur toute Chrétienne, s'applique à tout ce qui est de son âge, de son état, de sa profession ; en sorte que nous soyons ce peuple saint qu'Il a prétendu former par son Sang :
Ut mundaret sibi populum acceptabilem, sectatorem bonorum operum (Tit. II).
C'est que nous concevions une haute estime du Salut, un zèle ardent pour le Salut ; que nous y donnions tous nos soins, puisqu'il est, ce Salut éternel, le fruit précieux de son Sang.
C'est que nous comprenions la malice du péché ; que nous nous préservions des plus légères atteintes du péché ; que nous évitions jusqu'aux moindres occasions du péché ; que, par une circoncision nouvelle et en esprit, nous retranchions de notre cœur tout ce qui le peut porter au péché.
Qu'on n'entende plus parler entre nous ni de haines, de divisions, d'emportements, de vengeances, ni d'injustices, d'infidélités, de médisances ; ni de désirs impurs, d'impiétés, de débauches :
Ut abnegantes impietatem et sæcularia desideria, sobrie et juste et pie vivamus in hoc sæculo (Tit. II).
Autrement, que devons-nous attendre ?
Un Jugement sans rémission, comme notre péché sera sans excuse :
Terribilis quædam exspectatio judicii (Hebr. X).
Aussi, Chrétiens, à ce Dernier Jour où le Fils de Dieu, sans quitter la qualité de Sauveur, prendra encore la qualité de Juge que son Père Lui a donnée ; à ce Jour des vengeances, où Il sera envoyé pour la ruine du pécheur, comme Il avait été envoyé pour son Salut, n'aura-t-Il rien contre nous de plus sensible et de plus convaincant que ses Mérites mêmes et que sa Grâce.
Cette pensée me saisit.
Et qui n'en serait effrayé comme moi !
Tachons de la pénétrer : je ne puis mieux finir ce discours.
Tachons de nous tracer l'horreur de cette fatale entrevue, où le réprouvé, produit devant un Dieu médiateur et rédempteur, entendra sortir de sa bouche ces foudroyantes paroles qui atterrèrent Saint Paul, mais qui le convertirent : puissent-elles nous convertir nous-mêmes !
Ego sum Jesus : Je suis votre Sauveur ! (Act. IX)
Mais ce Sauveur outragé ; mais ce Sauveur vendu, persécuté.
Et par qui ?
Par vous-même.
Car c'est ainsi que vous m'avez traité autant de fois et aussi longtemps que vous avez été pécheur :
Ego sum Jesus quem tu persequeris.
Je suis votre Sauveur, et c'est de cela même qu'il faut ici me rendre compte.
Ce Sang versé pour vous, ce Sang, je vous Le redemande, où en sont les fruits ?
Il a profité au centuple dans les mains de tant d'autres, et dans vos mains il est demeuré inutile !
Que dis-je ?
Ce Sang adorable, ce Sang divin, vous me Le rendez souillé et profané :
Super vos omnis sanguis justus qui effusus est ( Matth. XXIII).
C'est là-dessus que je viens moi-même me faire justice.
Par quelle contradiction avez-vous pu vous persuader qu'un Sang répandu pour la destruction du péché dût servir à le ressusciter et à le perpétuer ?
Ego sum Jesus.
Je suis votre Sauveur.
Et qu'ai-je épargné pour l'être ?
A qui donc a-t-il tenu que vous ne soyez sauvé ?
Mes Grâces n'étaient-elles pas assez abondantes ?
Les secours que je vous avais mérités étaient-ils trop faibles !
Ah ! elle m'était chère, et je l'aimais bien tendrement cette âme que je vous avais confiée ; je la voulais conserver, mais vous m'obligez à la haïr, à la réprouver, à la perdre.
Ego sum Jesus : Je suis votre Sauveur, et le vôtre, lâche Chrétien, encore plus que de tant de nations à qui ce bienfait n'a point été connu comme à vous.
Je les aurais vues user de retour envers moi, fidèles à toutes mes volontés, s'attacher de point en point à ma Loi, ennemies du monde parce qu'il est le mien, faire un divorce éternel avec le monde.
Mais dans vous je n'ai trouvé ni soumission à mes ordres, ni conformité à mes exemples, ni fidélité à vos devoirs.
Profanes adorateurs du monde, vous m'avez mille fois sacrifié à une fortune périssable, à un appétit sensuel, à une sale volupté dont vous n'auriez pu soutenir la honte aux yeux des hommes, et dont il faut maintenant porter la peine ; car de Sauveur me voilà votre Juge.
Je sais ce qu'il en doit coûter à mon amour pour vous frapper ; mais c'est pour cela même que le coup en sera plus rude : l'amour méprisé se change en fureur.
Mon bras appesanti sur vous me vengera de tant de Grâces si libéralement dispensées et si indignement rejetées.
Tout l'ordre des choses va être renversé.
Vous avez fait servir mes mérites à votre péché, et je les ferai servir à votre tourment.
Ego sum Jesus quem tu persequeris.
Quel anathème ! Chrétiens, et sur qui de mes auditeurs doit-il tomber ?
Ou plutôt qui de mes auditeurs ne doit pas prendre toutes les mesures pour le prévenir et s'en préserver.
Quel malheur, dit Saint Augustin, de voir Jésus-Christ se déclarer contre nous !
Où serai-je en assurance, si, dans le seul asile qui me reste, je trouve un redoutable ennemi ?
A quel tribunal serai-je justifié, si je suis condamné au tribunal même de la miséricorde, et quelle doit être enfin ma ressource, si je péris jusqu'entre les bras de mon Sauveur ?
Dieu tout-puissant, mais caché sous les faibles apparences d'une chair mortelle ; Sauveur des hommes, Sauveur de tous les hommes, soyez mon Sauveur.
Jesu, esto mihi Jesus : soyez-Le comme Vous voulez l'être, comme Vous pouvez l'être ; soyez-Le par le changement de mon cœur, comme Vous l'êtes par la vertu de votre auguste Nom.
Que n'a-t-Il pas vaincu, ce Nom au-dessus de tout nom ?
De quelles puissances n'a-t-Il pas triomphé ?
De toutes les puissances du Ciel, de toutes les puissances de l'Enfer, de toutes les puissances de la terre.
De toutes les puissances du Ciel, puisqu'Il a triomphé de Dieu même en L'apaisant et Le désarmant.
De toutes les puissances de l'Enfer, puisque tant de fois Il les a vu dissipées ou enchaînées.
De toutes les puissances de la terre, puisque de l'un à l'autre pôle Il a retenti dans la vaste enceinte de l'univers, et qu'Il s'est fait adorer jusque sur le trône des césars.
Que sa gloire soit éternelle ; que d'âge en âge elle se perpétue, et qu'elle passe de génération en génération.
Les Apôtres L'ont annoncée aux extrémités du monde.
A ces premiers Prédicateurs du Nom de Jésus d'autres ont succédé, remplis du même zèle, et chargés du même Ministère : qu'à ceux-ci soient encore substitués de nouveaux Ministres qui portent ce saint Nom aux peuples les plus éloignés.
Que toute voix Le chante, que toute langue Le confesse, que devant Lui tout genou plie.
Ce sont les merveilles qu'Il a opérées et qu'Il opère tous les jours.
Mais, Seigneur, au milieu de tant de triomphes, il y a une âme rebelle que Vous n'avez point encore soumise ; il y a une âme dure que votre Grâce n'a point encore fléchie ; c'est moi-même, mon Dieu, c'est moi, divin Rédempteur.
Après tant de Miracles que Vous avez faits, et que Vous faites parmi des nations infidèles, et dans le sein même de la barbarie, laisserez-Vous échapper, dans le centre du Christianisme, le prix de votre Sang, et permettrez-Vous que le péché Vous enlève cette conquête ?
Vous l'emporterez : Vous remplirez à mon égard toute l'étendue de votre Nom ; et ce qui me donne cette confiance, c'est ce Nom là même en qui j'espère, et que j'invoque :
Propter nomen tuum, fac mihi secundum nomen tuum.
Ce ne sera point une confiance présomptueuse ; ce ne sera point une confiance stérile et sans effet, mais vigilante et agissante. Il y a dans vos Mérites de quoi l'exciter : et Vous avez dans le Séjour de la Béatitude céleste de quoi le récompenser. Ainsi soit-il.


R. P. François de Paule Bretonneau (1660-1741) – « Sermon XLV pour la Fête de la Circoncision de Jésus-Christ » dans la Collection intégrale et universelle des orateurs sacrés de Jacques-Paul Migne, tome 41, pages 731-748, aux Ateliers Catholiques du Petit Montrouge, 1854

Voir le 1er janvier sur l’Octave de la Nativité de Notre Seigneur et de sa Circoncision :
- La « Sainte Messe de l’Octave de la Nativité de Notre Seigneur et de sa Circoncision » (Vidéo + Textes Litirgiques)
- Le Cantique pour la Circoncision du Seigneur « Le Salut commence, chantons ce grand Jour, chantons la clémence d'un Dieu plein d’amour » de l’Abbé Pellegrin
- La Prière du 1er janvier « Vous nous avez dit dans vos divines Écritures, mon Sauveur et mon Dieu, que la vraie Circoncision est celle du cœur » et la Circoncision du Seigneur racontée par l'Abbé de Commanville
- La Prière sur la Circoncision de Notre-Seigneur « Ô Seigneur Jésus, gravez au fond de nos cœurs votre Loi et votre Nom » de l'Abbé Ambroise Guillois
- La Prière sur le Mystère de la Circoncision de Notre-Seigneur « Ô mon doux Sauveur, qui connaissez le besoin que j'ai de ces grandes Vertus que Vous m'enseignez dans votre Circoncision » du R. P. Antoine Boissieu
- La Prière sur la Circoncision de Notre-Seigneur le 1er janvier « Je Vous adore, mon doux Jésus, sous le couteau de la Circoncision et je Vous reconnais comme mon Sauveur » du R. P. Antoine Boissieu
- La Prière pour la Circoncision du Seigneur le 1er janvier « Par ce précieux Sang que Vous répandez, Seigneur, effacez les taches de nos années passées et sanctifiez toutes les actions de l'année que nous commençons en ce Jour » de l’Abbé Nicolas Le Tourneux
- La Prière sur la Circoncision de Notre Sauveur « Ô Jésus, par ce Sang précieux que Vous avez versé dans Votre circoncision » du Révérend Père Jean Couturier
- La Prière sur la Circoncision de Notre-Seigneur Jésus-Christ le 1er janvier « Nous Vous adorons, ô Jésus, sous le couteau de la Circoncision, baigné de Vos larmes et de Votre sang » de Mgr le Duc de Fitz-James
- La Prière lors de la Circoncision de Notre Seigneur Jésus-Christ « Ô Jésus, pour me sauver, Vous versez votre Sang » de l’Abbé Arnaud Duquesne
- La Prière pour la Circoncision du Seigneur le 1er janvier « Ô Agneau sans tache, qui Vous assujettissez au joug humiliant et douloureux de la Loi pour nous en délivrer » de l’Abbé Julien Barbé
- Le Sermon pour la Fête de la Circoncision de Jésus-Christ « Vocatum est nomen ejus Jesus » du R-P François de Paule Bretonneau
- Le Sermon pour la Circoncision de Notre-Seigneur « Nous pourrions dire qu’aujourd’hui la Fête de la Circoncision de Notre Seigneur nous rappelle le Sacrement de Baptême » de Mgr Marcel Lefebvre
- Le Sermon du Dimanche de l’Octave de la Nativité « La Circoncision de Jésus et la nôtre : que devons-nous couper ? » du Révérend Père Réginald-Marie Rivoire

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Voir pour la Fête du Très Saint Nom de Jésus :
- La « Sainte Messe du Très Saint Nom de Jésus » (Vidéo + Textes Liturgiques)
- La Séquence de la Messe du Saint Nom de Jésus « Que le doux Nom de Jésus nous soit toujours cher » de Saint Bernardin de Bustis
- Les « Litanies du Saint Nom de Jésus » en latin et français de Saint Bernardin de Sienne et Saint Jean de Capistran
- Le Cantique en l’honneur du Saint Nom de Jésus « Vive Jésus ! C’est le Dieu de mon âme » du R. P. Jean-Nicolas Loriquet
- Le Cantique sur le Saint Nom de Jésus « Du Saint Nom de Jésus, je veux chanter la gloire » de l’Abbé Pellegrin
- Le Cantique sur le Saint Nom de Jésus « Le Nom que j'aime à redire, c’est le Nom de mon Jésus ! » du R. P. Justin Etcheverry
- La Prière pour la Fête du Saint Nom de Jésus le 2 janvier « Ô saint Nom de Jésus, je Vous adore, je Vous loue, je Vous béni et je Vous glorifie avec les plus profonds respects de mon cœur » du R. P. Antoine Boissieu
- La Prière « Ô Très Saint Nom de Jésus, imprimez votre Nom dans mon cœur et dans mon esprit » du R-P Gabriel de Sainte Marie-Madeleine
- La Prière au Saint Nom de Jésus « Ô très-doux Jésus, pour l'honneur de votre Nom, oubliez mes péchés » du Bienheureux Révérend Père Henri Suso
- La Prière pour la Fête du Très Saint Nom de Jésus « Ô mon Jésus, convertissez les blasphémateurs qui outragent Votre Saint Nom » d’Adolphe Baudon de Mony
- La Prière au Saint Nom de Jésus lors de sa Circoncision « Ô Jésus, remplissez notre cœur du Baume Sacré de votre Nom Divin » de Saint François de Sales
- La Prière pour la Circoncision du Seigneur le 1er janvier « Par ce précieux Sang que Vous répandez, Seigneur, effacez les taches de nos années passées et sanctifiez toutes les actions de l'année que nous commençons en ce Jour » de l’Abbé Nicolas Le Tourneux
- La Prière sur la Circoncision de Notre Sauveur « Ô Jésus, par ce Sang précieux que Vous avez versé dans Votre circoncision » du Révérend Père Jean Couturier
- La Prière lors de la Circoncision de Notre Seigneur Jésus-Christ « Ô Jésus, pour me sauver, Vous versez votre Sang » de l’Abbé Duquesne
- La Prière sur la Circoncision de Notre-Seigneur Jésus-Christ le 1er janvier « Nous Vous adorons, ô Jésus, sous le couteau de la Circoncision, baigné de Vos larmes et de Votre sang » de Mgr le Duc de Fitz-James
- La Prière au Saint Nom de Jésus « Ô aimable Nom de Jésus, que ma bouche mourante Vous murmure sans cesse, ô Nom de Jésus ! » de Mgr Félix Dupanloup
- La Prière qui paraphrase l’hymne des Vêpres du Saint Nom de Jésus « Ô Dieu, faites-nous la Grâce de jouir dans le Ciel de la vue de Celui dont nous honorons le Nom sur la terre » de Louise-Marie de France
- La Prière sur le Saint Nom de Jésus-Enfant « Considérez, ô mon âme, que le Nom de Jésus est le seul par lequel nous puissions être sauvés » du R. P. François de Ligny
- La Prière pour la Fête du Saint Nom de Jésus « Ô Jésus, Nom sacré qui faites les délices des Anges, qui êtes l'espérance et le salut des hommes, et la terreur des Démons » de l’Abbé Julien Barbé
- La Méditation pour la Fête du Saint Nom de Jésus « Ô mon Sauveur, faites-moi connaitre la Puissance de Votre Saint Nom » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- Le Sermon pour la Fête de la Circoncision de Jésus-Christ « Vocatum est nomen ejus Jesus » du R-P François de Paule Bretonneau
- Le Sermon pour la Circoncision de Notre-Seigneur « Nous pourrions dire qu’aujourd’hui la Fête de la Circoncision de Notre Seigneur nous rappelle le Sacrement de Baptême » de Mgr Marcel Lefebvre
- Le Sermon sur « La Circoncision de Jésus et la nôtre : que devons-nous couper ? » du Révérend Père Réginald-Marie Rivoire
- Le Sermon pour prononcer trois fois le Saint Nom « Jésus, Jésus, Jésus ! » à notre dernière expiration de M. l’Abbé Guillaume d’Orsanne
- Le Sermon sur le Très Saint Nom de Jésus « Le Nom qui dit tout » de M. l’Abbé François-Marie Chautard
- Le Sermon sur le Saint Nom de Jésus qui Sauve « Un seul Sauveur : Jésus » de M. l’Abbé Michel Frament


Voir également du Révérend Père François de Paule Bretonneau :
- La Prière « Quoi que ce soit, partout et en tout, c'est Amour de Dieu » du R-P François de Paule Bretonneau
- La Prière « Seigneur, donnez-nous cette Foi pratique pour nous faire agir » du R-P François de Paule Bretonneau
- La Prière comme Saint Pierre « Vous savez, Seigneur, que je Vous aime » du R-P François de Paule Bretonneau
- La Prière dans la souffrance « Vous, mon Dieu, Vous seul êtes le Dieu de toute consolation » du R-P François de Paule Bretonneau
- La Prière sur la Piété « Ô mon Dieu, aidez-moi par votre Grâce à rendre ma piété plus solide » du R-P François de Paule Bretonneau
- La Prière à Tous les Saints « Ô grands Saints, Vous êtes nos Modèles, soyez nos Protecteurs » du R-P François de Paule Bretonneau
- Le Sermon sur le Jugement Universel « La seule peinture du Jugement Général a touché les âmes les plus endurcies et les a retirées de leurs désordres » du R-P François de Paule Bretonneau
- Le Sermon pour la Fête de la Circoncision de Jésus-Christ « Vocatum est nomen ejus Jesus » du R-P François de Paule Bretonneau