Voici le Sermon pour le Second Dimanche de l'Avent sur l'incrédulité « Aux incrédules Libertins qui s'obstinent contre la Religion et refusent à la Loi évangélique la soumission qui Lui est due » du Révérend Père François de Paule Bretonneau (1660-1741), Prédicateur jésuite, auteur de nombreux sermons et panégyriques, qui a été pendant quatre ans préposé de la Maison professe des Jésuites de Paris.

Le Sermon pour le Second Dimanche de l'Avent « Aux incrédules Libertins qui s'obstinent contre la Religion et refusent à la Loi évangélique la soumission qui Lui est due » du R-P François de Paule Bretonneau :
« Beatus qui non fuerit scandalizatus in me » (Math. XI)
« Bienheureux celui qui ne prendra point de moi un sujet de chute ».
Qui l'eût cru, que le Messie, envoyé pour le Salut du monde, dût être pour le monde même un sujet de chute et une pierre de scandale ?
Il l'a été pour les Juifs qui Le renoncèrent et Le crucifièrent ; et dans le cours des siècles, combien d'ennemis se sont élevés contre Lui, et ont rejeté la Loi ?
Malgré tous les efforts des hommes, elle a néanmoins passé, cette Loi divine, jusqu'aux extrémités de la terre ; elle a triomphé de toutes les persécutions, surmonté tous les obstacles ; et par une heureuse succession, elle s'est enfin, d'âge en âge, perpétuée jusqu'à nous.
Rendons grâces au Père céleste qui nous a favorisés d'un si riche talent, et qui nous l'a mis dans les mains pour le conserver et pour le faire valoir : c'est à nous d'y apporter tous nos soins, et de ne permettre jamais qu'il nous soit enlevé :
Beatus qui non fuerit scandalizatus in me.
Cependant, mes frères, il n'y a encore que trop de ces Impies, rebelles à la lumière et à l'Évangile de Jésus-Christ, incrédules opiniâtres, dont toute la Religion est de n'en avoir point, et de ne rien reconnaître au-delà de ce vaste univers que nous habitons, et de tous les êtres sensibles qui le composent.
Point de souverain Auteur qui l'ait créé, point de Providence qui le gouverne, point d'autre Loi que la loi de la nature, et que celle des puissances du siècle : car le libertinage va jusque-là.
Or, je me propose aujourd'hui de vous en faire connaître le faible ; et quoique je parle dans un auditoire Chrétien, cette matière n'en doit pas être moins convenable, ni moins profitable.
Saint Pierre voulait que les fidèles fussent toujours en état de rendre raison de leur Foi ; que pour la défendre, ils eussent toujours des armes prêtes, et qu'ils pussent, en toutes rencontres, fermer la bouche à ceux qui l'attaquent, et qui entreprennent de la décréditer : voilà le fruit que vous pourrez retirer de ce discours.
Que savons-nous même si, par une conduite du Ciel toute miséricordieuse, il ne se trouve point ici quelque âme, ou absolument égarée, ou chancelante, à qui Dieu prépare une Grâce particulière pour la ramener ou pour la confirmer ?
Quoi qu'il en soit, j'entre dans mon dessein.
L'incrédule forme contre la Religion trois accusations qui doivent retomber sur l'incrédulité même ; et il s'attribue au contraire trois avantages que je prétends lui contester.
Que veux-je dire ?
En trois mots, le voici.
L'incrédule accuse le Chrétien fidèle de simplicité et de petitesse d'esprit ; et pour lui il se considère comme un esprit fort et d'une raison supérieure ; mais je dis que, dans son incrédulité, il ne suit rien moins que la raison : ce sera la première partie.
L'incrédule traite le Chrétien fidèle d'homme incommode dans la société ; et pour lui il se croit beaucoup plus sociable et d'un meilleur commerce ; mais je soutiens que, par son incrédulité, il rompt les liens les plus sacrés de la société humaine et qu'il n'est point d'homme plus dangereux : ce sera la seconde partie.
Enfin l'incrédule envisage la vie d'un Chrétien fidèle comme une vie triste et fâcheuse ; et pour lui il se promet, en vivant sans Religion, de vivre bien plus à son aise et avec plus d’agrément ; mais vous allez voir qu'au lieu de se rendre par-là plus heureux, son incrédulité lui fait perdre le vrai bonheur de la vie : ce sera la dernière partie.
Seigneur, Vous enverrez un jour vos Anges pour bannir de votre Royaume tous les scandales ; aidez-moi, dès à présent, par l'efficace de votre parole, à retrancher du milieu de votre peuple ce libertinage de créance, dont les esprits se laissent quelquefois infecter et qui, de tous les scandales, est le plus funeste.
C'est la Grâce que je Vous demande par l'intercession de Marie : Ave, Maria.
PREMIÈRE PARTIE
C'est un aveuglement très-ordinaire à ceux qui manquent le plus de raison, de se flatter néanmoins d'une raison supérieure et de se croire plus éclairés que le reste des hommes.
Ces philosophes de l'antiquité dont a parlé Saint Paul se regardaient comme des sages ; mais ces faux sages, ajoute l'Apôtre, n'étaient dans le fond que des insensés :
Dicentes se esse sapientes, stulti facti sunt (Rom. I)
Ainsi, le libertin se persuade être incrédule par raison ; mais, à bien examiner la chose, je trouve qu'il ne l'est, ou que par imagination, ou que par présomption, ou que par passion.
Or, est-il rien de plus opposé à une raison droite et saine que ces trois principes les plus communs qui l'entretiennent dans son incrédulité et dont il n'aperçoit pas l'illusion !
C'est à moi de la lui découvrir.
Qu'il m'écoute ; et, s'il ne cherche point à se tromper, j'ose me promettre qu'il rabattra beaucoup de cette fausse opinion qu'il a conçue de lui-même et de sa sagesse.
Incrédule par imagination : voici ma pensée.
Car tel est le caractère d'un nombre infini d'esprits bornés, qui, trop faibles pour s'élever au-dessus des sens et des connaissances humaines, ne veulent croire que ce qui leur frappe la vue et que ce qu'ils comprennent par la lumière naturelle.
Tout ce qu'ils ignorent, dit l'Apôtre Saint Jude, tout ce qui passe leur intelligence, ils le blasphèment :
Quæcunque ignorant blasphemant (Jud. 10)
On leur propose les Mystères de la Religion, ces Mystères incompréhensibles et ineffables : une unité d'essence et une Trinité de personnes dans le même Dieu.
Un Dieu homme ; tellement homme, qu'Il ne cesse point d'être Dieu ; et tellement Dieu, qu'Il n'en est pas moins homme, ni moins sujet à toutes les infirmités de l'homme.
Un Dieu mort pour les hommes, et mort par les mains des hommes sur une Croix.
On leur parle d'un autre monde que celui-ci, d'une autre vie, et dans cette autre vie, d'une éternité de supplices ou d'une éternité de bonheur.
On leur annonce une Résurrection future à la fin des siècles, un Jugement Général, une Sentence de damnation pour les pécheurs et de Salut pour les justes.
Tout cela et bien d'autres points de notre Foi, ce sont des ténèbres qu'ils ne peuvent percer, ce sont de profonds abîmes où leur imagination se perd ; et plus elle s'y perd, plus elle s'effarouche et se révolte.
De là donc, que s'ensuit-il ?
C'est que cette imagination effarouchée et révoltée devient ingénieuse à se figurer dans nos saints Mystères des difficultés, des contradictions, des impossibilités ; et que ne pouvant résoudre par elle-même ces difficultés ; que ne pouvant concilier ces contradictions apparentes ; que ne pouvant démêler l'erreur de ces prétendues impossibilités, elle se rebute et rejette tout.
Hé ! Le moyen, dit un homme, de se mettre ces choses dans l'esprit ?
On n'y connaît rien, on n'y voit rien.
Ainsi est-ce par-là que Jésus-Christ et le Mystère de sa Croix fut un scandale pour les Juifs et une folie pour les Gentils :
Judæis scandalum, gentibus stultitiam (I Cor. 1)
Toutefois, ce Christ humilié, méprisé, crucifié, c'était, selon la parole du Docteur des nations, la Sagesse même et la Force de Dieu :
Christum Dei virtutem, et Dei sapientiam (I Cor. I)
Mais pourquoi se soulevaient-ils contre Lui et ne voulaient-ils point Le reconnaître ?
C'est qu'ils étaient choqués des états de pauvreté, d'abjection, de souffrance où la Foi nous le représente, c'est qu'ils ne pouvaient penser qu'un Dieu se fût jamais réduit là, et qu'ils y trouvaient de l'indécence.
Ils s'en tenaient à ces premières idées et ils n'allaient pas plus loin.
Voilà comment l'imagination les jouait ; voilà comment elle joue encore la plupart de ces incrédules qui s'obstinent contre la Religion et refusent à la Loi évangélique la soumission qui Lui est due.
S'ils consultaient la raison, eux qui se piquent tant d'être raisonnables, s'ils la suivaient, elle corrigerait ces égarements de leur imagination.
Non pas qu'elle ne convint avec eux qu'il y a dans les Mystères de la Religion des sublimités, des obscurités qui peuvent d'abord étonner la Foi la plus ferme, sans l'ébranler cependant, ni l'altérer ; qu'il y a des doutes passagers et involontaires, dont les Fidèles mêmes les plus soumis ne sont pas exempts et qui les surprennent ; qu'il y a des moments où l'âme la plus Chrétienne du reste et la plus attachée à sa créance, est obligée, par la tentation qui la presse, de recourir à Dieu et de s'écrier, comme ce Père dans Saint Marc :
Je crois, Seigneur, mais fortifiez ma Foi et soutenez-La
Credo, Domine, adjuva incredulitatem meam (Marc IX)
C'est, dis-je, ce que la raison leur accorderait ; mais cela posé, elle les conduirait plus avant et les redresserait par de solides réflexions.
Elle leur dicterait qu'une vérité n'en est pas moins vérité, quoique nous ne la comprenions pas.
Elle leur montrerait que de se borner à ne croire que ce que l'on comprend, c'est presque ne vouloir rien croire dans la vie ; car dans la vie combien, par exemple, d'effets de la nature avons-nous devant les yeux, dont il ne nous est pas possible de pénétrer le fond.
Ce sont des effets réels et palpables ; nous les voyons, et plus ils nous semblent merveilleux et singuliers, plus nous les admirons : mais parce que nous ne pouvons bien connaître la cause qui les produit, ni comment elle les produit, nous ne sommes point assez dépourvus de sens pour les traiter de fantômes et de visions.
Elle leur ferait observer qu'en matière de Religion, s'agissant d'un Être suprême à qui nous devons notre culte et notre encens, il n'est pas surprenant que de nous-mêmes nous ne puissions atteindre jusqu'à Lui, pour en avoir une vue claire et distincte ; qu'entre Lui et nous la distance est infinie ; et que de prétendre proportionner à la faiblesse de nos esprits ses divines opérations, les secrets de son conseil, les arrêts de sa justice, les dons de sa miséricorde, les ouvrages de sa puissance, ce serait Le rabaisser étrangement et Le renfermer dans une sphère bien étroite.
Eh ! Disait Saint Augustin, parlant de la Résurrection du Fils de Dieu
Qu'y a-t-il tant à s'étonner de ce Miracle, et quelle peine y a-t-il à Le croire ?
C'est un Dieu qui l'a fait :
Quare miramur ? quare non credimus ? Deus est qui fecit.
Elle leur ferait voir que, dans le parti qu'ils embrassent et dans ce chimérique système où toute la conduite du monde est abandonnée au hasard, il y a encore plus d'embarras, plus de questions ; et que craignant de s'engager dans un labyrinthe, ils tombent dans un autre, d'où il leur est moins aisé de sortir.
Voilà ce que la raison leur suggérerait ; et quelle conséquence en tireraient-ils, ou devraient-ils en tirer ?
C'est que, pour les déterminer à croire, il suffit que la Religion leur fournisse de puissants motifs, qui leur rendent prudemment et certainement croyables les Vérités qu'il a plu à Dieu de nous révéler.
Or combien leur en fournit-elle ?
Le libertin dira qu'il les examine, ces motifs, et qu'ils ne le convainquent pas ; mais moi je lui réponds : que ce n'est plus alors précisément par imagination qu'il est incrédule, mais par présomption.
Expliquons-nous.
Car il s'agit ici de juger ; il s'agit d'examiner les fondements de notre créance, la supériorité de la Foi au-dessus de toutes les autres Religions, la sainteté de ses Dogmes, la pureté de sa Morale, le miracle de son établissement, tous les caractères qui la distinguent et qui en démontrent la vérité.
Voilà, dis-je, de quoi il est question ; et pour bien assurer là-dessus son jugement, deux choses sont nécessaires : une étude convenable et de bonnes preuves, afin de discerner ce qu'il y a de plus certain et de s'y attacher ; sans cela, entreprendre de décider, c'est ce que j'appelle témérité présomptueuse.
Or, l'expérience ne nous apprend-elle pas quels sont communément ces libertins du siècle qui s'érigent en docteurs de l'impiété ?
En deux mots, gens sans étude et gens sans preuves.
Prenez garde.
Gens sans étude : Je leur demande à quelle école ils ont puisé les lumières dont ils veulent se prévaloir ?
Ne les connait-on pas ?
Ne sait-on pas quel est le plan de leur vie ?
Hommes du monde, les uns plongés dans les affaires du monde et ne remplissant de rien autre chose le cours de leurs années ; les autres libres de tout soin et menant la vie ordinaire du monde : une vie de plaisirs, d'assemblées, de jeux, de spectacles, de bonne chair ; souvent de jeunes personnes et même des personnes du sexe, sans usage et sans réflexion, commençant à paraître dans le monde et n'ayant garde d'employer la fleur de leur âge à de sérieuses et d'ennuyeuses recherches.
Si peut-être il leur est venu dans les mains un de ces ouvrages scandaleux où le poison du libertinage est répandu, c'est là toute leur étude ; c'est tout ce qu'ils savent, et encore ce qu'ils ne savent que très-légèrement, parce qu'ils n'ont ni assez de pénétration pour bien entendre ce qu'ils ont recueilli d'une lecture, ni assez de patience pour le repasser à loisir et le méditer.
Tels sont ces oracles qui prononcent avec tant d'assurance et qui se croient plus en droit de dogmatiser.
Tandis que les défenseurs de la Religion blanchissent dans le travail, s'épuisent de veilles, s'appliquent par état et avec une assiduité fatigante, à parcourir tous les siècles et à remonter jusqu'aux sources : les adversaires qu'on leur oppose, ou qui se présentent contre eux, c'est une cohorte de quelques téméraires, dont toute l'habileté consiste à s'expliquer hardiment et à discourir ; car ils sont abondants en paroles, dit Saint Augustin, superbi et garruli.
Mais combien de fois éprouvons-nous qu'ils n'entendent pas même les termes dont nous nous servons pour les attaquer, ni ceux dont ils se servent pour nous répondre, n'en ayant retenu que la substance, sans en avoir jamais pris le vrai sens ?
De là aussi, gens sans preuves comme ils sont sans étude.
C'est une chose étonnante de voir sur quels fondements ils posent leurs décisions, et à quoi ils s'arrêtent dans une matière où il leur est si important de ne se pas égarer et de prendre toutes leurs sûretés.
Nous avons pour nous, et nous leur produisons le témoignage de toute la nature ; nous les renvoyons à eux-mêmes, à leur propre cœur, à ces remords qui les piquent de temps en temps et qu'ils ne peuvent étouffer.
Nous leur citons les Prophètes, nous faisons parler tous les siècles, et de siècle en siècle, des milliers d'hommes consommés en tout genre de doctrine, et dans la pratique de toutes les vertus.
S'il faut des Miracles, nous ne pouvons suffire à les raconter.
S'il faut des Martyrs, c'est-à-dire des témoins mis à l'épreuve, et aux plus rudes épreuves, par conséquent beaucoup plus irréprochables, nous leur retraçons les plus cruelles scènes, et des fleuves de sang versés pour la Foi.
S'il faut des autorités, nous leur disons d'interroger les nations, les royaumes, le monde entier : nous n'omettons rien pour les réduire.
Mais à quoi servent de si fortes batteries, et que faut-il pour les renverser dans leur esprit ?
Un mot, une mauvaise plaisanterie qu'on a faite en leur présence, un discours impie qu'on a tenu devant eux dans une débauche, le commerce de quelques esprits dangereux et réprouvés de tous les sages, quelques faux raisonnements et quelques subtilités dont ils se laissent éblouir, quelques objections qu'ils forment et qui leur semblent invincibles parce qu'ils ne sont pas assez éclairés pour en remarquer le faible ; un vain arrangement qu'ils imaginent, et selon lequel ils supposent que le monde subsiste et se gouverne ; une envie de se distinguer en ne donnant point dans les crédules opinions du vulgaire, un ascendant qu'ils ont dans des sciences toutes profanes, et qu'ils voudraient avoir jusques dans la science de la Religion, comme si elle était de leur ressort et qu'elle ne fût pas au-dessus de leur portée ; voilà ce qui l'emporte dans leur estime sur une créance commune, universelle, vénérable par son antiquité, par sa perpétuité, par sa sainteté, par tous les caractères de la vérité.
Est-ce là ce que la raison leur enseigne ?
Que ne réfléchissent-ils, et que n'ouvrent ils les yeux ?
Avec le moindre rayon ne conviendront-ils pas que c'est dans eux l'entreprise la moins soutenable de s'établir juges d'une foi ainsi autorisée, et dont ils n'ont qu'une connaissance très-superficielle ?
Ne rougiront-ils pas de s'égaler à de si célèbres personnages qui les ont précédés, et même de se préférer à ces génies du premier ordre ?
Ne se diront-ils pas à eux-mêmes que, de deux partis sur la Religion, il est de la prudence de prendre le plus sûr, et que le plus sûr est incontestablement celui de croire ?
Ne reconnaîtront-ils pas qu'ils ne sont point là-dessus en état de se conduire, qu'au moins ils doivent se comporter à cet égard, avec la même précaution que s'il s'agissait d'une affaire temporelle ?
Que feraient-ils, pour peu que leur fortune ou leur honneur s'y trouvassent intéressés ?
Ils ne s'en rapporteraient pas à leur sens particulier, ni ne feraient point les esprits forts, mais ils demanderaient conseil, mais ils s'adresseraient aux maîtres de l'art, mais ils préféreraient les avis, et toutes choses compensées, ils se rendraient à la pluralité.
Règles de sagesse qu'ils négligent lorsqu'elles leur sont le plus nécessaires.
N'en soyons point surpris, et allons enfin au principe du mal ; c'est que le cœur prévient l'esprit, et que s'ils sont incrédules par présomption, la présomption qui les aveugle leur est inspirée par la passion.
Voici, mes frères, le point capital :
De tout ce qu'il y a de libertins, voici ce qui fait le plus grand nombre.
Si vous guérissiez le cœur de ses inclinations vicieuses, l'esprit serait bientôt guéri de ses erreurs.
Que la Religion change de langage, qu'elle retranche sa morale, ou qu'elle l'adoucisse au gré du libertin, qu'elle ne lui révèle que des vérités sans conséquence, c'est-à-dire, que des vérités qui ne le troublent point, qui ne le gênent point, qui flattent ses désirs, et qui s'accommodent à ses habitudes criminelles : d'incrédule qu'il est, ce sera dans peu l'un des plus zélés partisans de la foi.
Il n'y verra rien que de raisonnable, mais parce qu'elle ne varie jamais, cette Religion toujours la même et toujours sainte, parce qu'elle ne sait point plier ni modérer la sévérité de ses Lois ; parce qu'elle condamne sans ménagement et sans rémission cet amour impur, ces entrevues et ces familiarités, ces excès de bouche, cette vie voluptueuse et licencieuse, ces vues ambitieuses et intéressées, c'est un titre souverain contre elle : il faut l'étouffer, il faut la perdre.
Mais après tout, elle ne demande rien que de juste, elle n'ordonne rien que d'édifiant et de louable ; elle ne défend rien qui ne soit en soi répréhensible et qu'elle n'ait lieu de proscrire.
Inutiles remontrances de la raison ; la passion n'en est pas moins animée ni ne veut pas moins se satisfaire.
La Religion est pour elle un censeur trop importun.
A quelque prix que ce puisse être, elle cherche à s'en défaire, et dans le fond de l'âme elle ne cesse point de crier, comme les Juifs criaient contre le Fils même de Dieu :
Tolle ! Tolle ! (Jean XIX)
Délivrez-nous d'une ennemie si intraitable et si incommode : il n'y a point de paix avec elle.
Et comment faire quelque chose dans le monde ?
Comment s'agrandir, s'enrichir, se réjouir, tandis qu'elle vient incessamment-nous débiter ses maximes et nous intimider par ses menaces ?
Le plus court est de s'affranchir d'une telle servitude, et de secouer un fardeau si pesant : Tolle !
Arrêt que la passion ne se contente pas de porter ; elle agit et elle l'exécute.
Si ce n'est pas d'un premier coup qu'on frappe tout l'édifice, c'est par degrés.
On s'émancipe à railler de quelques pratiques de Religion.
On se licencie sur d'autres articles à les examiner de trop près et avec trop de curiosité, pour ne pas dire de malignité.
On est disposé à écouter tous les doutes qui naissent, et l'on aime à s'y entretenir ; ils croissent, ils se multiplient : on les étend sur tout, et la passion est assez adroite pour les couvrir de spécieuses couleurs, qui les font paraître comme autant de démonstrations.
Où est la Foi ?
Ce n'est plus qu'un bâtiment en ruine : chaque pièce d'un jour à l'autre se dément, et au bout de quelque temps, il reste à peine pierre sur pierre.
Deux conjectures bien sensibles doivent confirmer ce que je dis.
Souvenez-vous, mon cher auditeur, de ces premières années où, prévenu d'un naturel heureux, maître de votre cœur, pur encore et innocent, vous receviez sans résistance une éducation Chrétienne, et vous en pratiquiez les leçons.
Quelle était alors la docilité de votre Foi ?
Vous la confessiez ouvertement, vous étiez rempli, pour nos Mystères, d'un respect religieux ; vous les honoriez, vous les solennisiez avec piété.
Depuis quand avez-vous appris à les contester et à les combattre ?
Vous ne l'ignorez pas.
Le charme de la bagatelle vous a fasciné les yeux ; le feu de la jeunesse s'est allumé : vous avez lâché la bride à toutes vos convoitises, et elles vous ont entraîné de désordres en désordres.
Telle est l'époque du monstrueux changement qui s'est fait en vous au sujet de la Religion, parce qu'elle s'est opposée à vos dérèglements, parce que c'était un frein qui vous retenait : excité par la passion, vous avez pris l'essor et franchi le pas.
Comme l'infidèle Jérusalem, vous avez rompu le joug, ce joug du Seigneur qui vous captivait sous l'obéissance de la Foi : confregisti jugum (Jerem. II) ; vous avez brisé vos liens, ces sacrés liens qui vous tenaient uni à l'Église de Jésus-Christ : Lupi stivincula (Jerem. II) ; vous avez dit : Que sert de tant se gêner et se contraindre ? Je ne puis vivre dans cet esclavage : Dixisti, non serviam (Jerem. II).
Le temps peut-être viendra (autre conjecture), ce temps où les passions amorties laisseront reprendre à la Religion son empire : car c'est ainsi qu'on a vu plus d'une fois des libertins se reconnaître à leur dernière heure : pourquoi ?
Parce que leur cœur n'était plus si fortement attaché aux objets qui les avaient séduits, et dont ils allaient être séparés.
C'est là, c'est au lit de la mort, que, jugeant des choses plus sainement, ils ont rendu à la Religion un hommage qu'ils ne lui eussent jamais refusé, si, pendant la vie, ils avaient mieux usé de leur raison.
S'ensuit-il de là que la Religion soit fondée sur la raison ?
Non, mes frères, mais qu'il est de la raison que nous nous soumettions à la Religion.
Que l'incrédule ne s'attribue donc pas l'avantage d'une raison supérieure, et d'ailleurs qu'il ne se croie pas plus sociable ni plus propre au commerce des hommes, puisque je vais vous montrer combien son incrédulité est contraire à la société humaine, et combien elle doit encore par-là vous être odieuse : c'est la seconde partie.
SECONDE PARTIE
Ça été de tout temps le caractère de l'iniquité, de tomber sans y prendre garde, en de pitoyables contradictions, et de se démentir elle-même :
Mentita est iniquitas sibi (Psal. XXVI)
L'incrédule se vante d'être dans le monde d'un commerce plus aisé et d'une société plus douce et accommodante ; au lieu que le Chrétien, étroitement renfermé dans les observances d'une Loi austère, règle toutes ses démarches, mesure toutes ses paroles, ne se permet rien, ne s'engage à rien où la piété envers Dieu, où la justice, la charité, l'innocence des mœurs, les obligations et les bienséances de l'état puissent être blessées ; et qu'il se tient ainsi dans une réserve qui l'empêche de se communiquer trop au-dehors, et de condescendre à bien des choses où d'autres s'échappent sans peine.
Le libertin se donne une plus libre carrière.
Il sait se conformer aux personnes, se mêler à leurs entretiens, se prêter à leurs divertissements, à leurs desseins, à leurs intrigues ; se tourner en toutes façons selon les lieux, les temps, les occasions ; et de cette sorte il se flatte de mieux concilier les cœurs, et de se rendre plus agréable à tout le monde.
Tel est l'ascendant qu'il croit avoir dans son libertinage, et dont il se glorifie.
Mais moi je soutiens que, dans la société, il n'est point d'homme plus pernicieux, je soutiens que son impiété est la plus dangereuse et la plus mortelle contagion, dont on ait les suites à craindre par rapport à la société.
Je soutiens que, suivant les conséquences naturelles de son impiété, la société humaine ne doit plus être qu'une assemblée d'hommes sans équité, sans bonne foi, sans droiture, sans honneur ; en un mot, qu'une assemblée d'hommes perdus et capables de tous les crimes.
Je pourrais dire, selon le portrait que j'en ai déjà tracé, que la plupart de ces Impies sont au moins très-inutiles dans la société.
A quoi sont-ils bons, et que servent-ils au bien commun ?
Ayant pour principe qu'ils n'ont rien à prétendre dans un autre monde que celui-ci ; qu'après la mort ils seront comme s'ils n'eussent jamais été, et que leur sort doit donc se borner au temps présent, et que ce doit être là tout leur partage :
Quoniam hæc est pars nostra, et hæc est sors (Sap. II)
De cette damnable maxime que concluent-ils, et quelle est la règle de leurs actions ?
C'est de se procurer, autant qu'ils peuvent, toutes leurs aises, et d'en jouir ; c'est de faire leur divinité de leur corps, et de ne rien refuser à leurs sens ; c'est de se dégager de tout embarras et de toute inquiétude sur ce qui ne les touche point ; de ne penser qu'à eux-mêmes, et de n'être nullement en peine comment va tout le reste, pourvu qu'ils aient ce qu'il leur faut.
Car voilà de quelle manière vivent des troupes de libertins ; voilà dans la république leur profession et leur emploi :
Fruamur bonis quæ sunt (Sap. II)
Encore si c'était assez pour eux de ne point faire de bien, et d'être aussi peu utiles qu'ils le sont dans la vie civile ; mais ce que j'ai dit et ce que je reprends, c'est qu'ils sont en état d'y causer des maux infinis.
Et n'en conviennent-t-ils pas eux-mêmes ?
Ne le reconnaissent-ils pas sans le remarquer ?
Ne se condamnent-ils pas par leur propre témoignage ?
En effet, qu'est-ce, à les entendre parler, que la Religion ?
Ce n'est qu'une politique, qu'une invention des hommes pour maintenir l'ordre parmi les peuples, et pour les contenir dans le devoir.
Ils le disent, et de là même je raisonne contre eux, et je tire de leur bouche leur conviction :
Ex ore tuo te judico (Luc XVI)
Car s'il est vrai que les hommes ont jugé qu'il était nécessaire d'imaginer et d'établir une Religion pour le maintien de l'ordre et pour tenir chacun dans le devoir, il est donc vrai que selon le sentiment universel, c'est de la Religion que le bon ordre dépend.
Il est donc vrai que tout ce qu'on appelle devoir ne subsiste dans la pratique, et n'y peut subsister, qu'autant que subsiste la Religion.
Et puisque ce sont des devoirs qui lient la société, puisque c'est l'ordre qui en fait l'assortiment et le bonheur, il est donc vrai que dans la société humaine il n'y a point d'homme plus à redouter qu'un homme sans Religion, puisqu'il n'y a point de désordre qu'il n'en doive attendre, et où son impiété ne le dispose à s'abandonner.
Ceci sans doute est important et mérite une réflexion particulière.
Détrompons-nous, Chrétiens auditeurs, et corrigeons nos idées : on applaudit à l'incrédule, quand, dans une conversation, il débite avec un certain enjouement ses principes, ou que sous des termes couverts, mais plaisants et assaisonnés, il les fait seulement entrevoir.
On le regarde comme un homme de bonne compagnie ; et cet agrément, dont il accompagne ses paroles, plait à l'esprit et amuse.
Mais comment est-ce qu'il doit être regardé ?
Et comment est-ce que je le regarde ?
Je ne feins point de le dire : je le regarde comme un serpent caché sous des fleurs, comme un loup ravissant sous une peau de brebis, comme un perturbateur du repos public, comme un ennemi commun des hommes.
Je n'exagère point, et de tous ces traits je ne crois pas qu’il n’y ait rien à rabattre.
Car avez-vous jamais compris où tend son incrédulité, et à quoi elle peut aboutir ?
Écoutez le Prophète-Roi, il va vous l'apprendre :
L'Impie a dit : Il n'y a point de Dieu
Dixit insipiens, Non est Deus (Psal. XIII)
De là quelles suites ?
C'est une corruption entière et de l’esprit et du cœur :
Corrupti sunt (Psal. XIII)
Ce sont toutes les abominations que la cupidité inspire :
Abominabiles facti sunt in studiis suis (Psal. XIII)
Ce sont les médisances, les suppositions, les calomnies les plus atroces :
Sepulcrum patens est guttur eorum (Psal. XIII)
Ce sont les plus criantes injustices, ses plus noires perfidies, et, si l'occasion y engage, les meurtres et les attentats :
Veloces pedes corum ad effundendum sanguinem (Psal. XIII)
Pourquoi cela ?
C'est que l'Impie n'a point la crainte de Dieu, et que sans la crainte de Dieu il n'y a plus rien qui nous arrête :
Non est timor Dei ante oculos eorum (Psal. XIII)
Ainsi détruisez la Religion parmi les hommes, faites-leur perdre la vue de Dieu, vous renversez tout, et il n'y a point de dommages qui ne doivent suivre : plus de soumission, de subordination, de dépendance ; plus de justice, de charité, de fidélité ; plus de vertu, de pudeur.
Je dois me défier de tout ce que j'aperçois autour de moi, et tous doivent pareillement se défier de moi-même.
Car qui peut me détourner alors de commettre toutes les iniquités et de tout entreprendre ?
Plus de Divinité qui domine !
Donc plus de légitime puissance, plus de loi.
Plus d'autre vie, plus d'éternité bienheureuse on malheureuse !
Donc plus de châtiment, plus de récompense : c'est-à-dire, plus rien qui anime les boucs, plus rien qui intimide les méchants.
Plus de Paradis, plus d'Enfer !
Donc plus d'autres intérêts que ceux de la vie présente ; plus d'autre félicité qu'une félicité temporelle : voilà à tous notre fin dernière ; et pour arriver à ce terme, le seul objet de nos désirs et le centre de nos béatitudes, y aura-t-il une voie, quelque violente et quelque injuste qu'elle soit, que nous ne soyons déterminés à tenter ?
Lois humaines, probité humaine, respects humains, ce seront de faibles barrières à franchir.
Dès qu'il ne s'agira que de se dérober aux poursuites des hommes ; dès qu'il ne sera question que d'une certaine droiture naturelle, on aura bientôt pris son parti, et l'on se mettra bientôt au-dessus de toutes ces considérations.
Combien même y-a-t-il de vices sur lesquels les hommes n'ont rien statué !
Combien de lieux d'asile où ils n'étendent point leur pouvoir !
Combien de moyens pour les séduire et pour se soustraire à leurs coups !
D'ailleurs, vain fantôme, ou nœud bien facile à rompre, que toute vertu qui n'est pas établie sur la vérité de Dieu, sur sa sainteté et sa souveraineté.
Tellement qu'il faut à l'homme, pour le régler, la connaissance d'un Être qui le voit partout, qui l'entend partout, qui le suit partout, qui peut, après la vie, ou le couronner ou le punir, et qui le veut.
Sans cela licence effrénée.
Concevez donc ce que c'est que ces leçons d'impiété que l'incrédule quelquefois ose faire.
Ce sont des leçons d'impudicité, de mauvaise foi, de trahison, de révolte, de larcin, de brigandage, d'empoisonnement, d'assassinat.
Ces expressions font horreur, mais elles n'ont rien d'outré ; et à bien examiner la chose, c'est là que le libertinage se réduit.
On en est si convaincu dans le monde, et dans le monde même le plus profane, que dès qu'on dit qu'un homme n'a point de Religion, il n'y a personne qui ne se tienne en garde contre lui.
En vain observe-t-il quelques dehors ; c'est une probité de philosophe : sous une belle montre de philosophie, rien de plus corrompu que les sages du paganisme : et sous une apparence spécieuse, qu'est-ce que l'impie et l'incrédule ?
Je voudrais vous le faire voir dans toutes les rencontres.
S'il faut contenter son ambition et s'avancer, les brigues, les cabales, toutes les lâchetés ne lui coûteront rien.
S'il faut satisfaire son avarice et s'enrichir, point de droits pour cela qu'il ne viole, et point de fraudes et de concussions qu'il y épargne.
S'il faut accorder à ses sens ce qu'ils demandent, quels excès et quels débordements !
Tels sont communément ces honnêtes libertins du siècle : gens d'honneur, à ce qu'il paraît, ou à ce qu'ils veulent paraître, mais réellement, et dans le fond, n'ayant pas souvent les principes même les plus essentiels de l'humanité.
N'est-ce pas ce qui nous fait dire tous les jours qu'il n'y a plus de Religion, surtout en certaines conditions, où nous voyons des abus et une dépravation de mœurs que l'impiété seule peut produire ?
Nous n'en imaginons point d'autre cause ; et de tout ceci quelle conclusion, sinon qu'il est du bien, et d'un bien général, à quoi nous devons tous concourir, que l'Impie soit proscrit par toutes les lois ; qu'il soit dénoncé à tous les tribunaux, banni des villes, privé de toute fonction, noté et flétri ; que bien loin de prêter l'oreille à ses discours enchanteurs, comme on le fait quelque fois, ou par une curiosité criminelle, ou par une complaisance mal entendue, chacun, dès qu'il commence à s'expliquer, lui doit imposer silence avec zèle, ou se retirer avec indignation ; qu'il faudrait user contre lui des mêmes remèdes dont on use contre une peste et un poison qui se répand ; qu'il faudrait prendre le fer, appliquer le feu, retrancher, couper, brûler : pourquoi ?
Parce que c'est un membre infecté, et dont l'infection peut gâter le reste du corps ; parce que c'est un destructeur de la règle et de la bonne intelligence qui fait la concorde mutuelle et l'union ; parce qu'il ne tient pas à lui et à ses dogmes scandaleux, que tout le gouvernement du monde, que toute son économie ne soient bouleversés et confondus, puisqu'il en renverse les plus solides et même les seuls appuis.
Mais, au contraire, laissez régner la sainte Religion que nous professons, règnent avec elle toutes les vertus, l'humilité, la douceur, la soumission, le travail, la patience, l'amour du prochain, le désintéressement propre.
Tout se soutient, tout demeure dans une sainte harmonie, et tout va avec une parfaite régularité.
C'était le raisonnement des premiers défenseurs de la Foi, entre autres de Tertullien et de Saint Augustin ; c'était le reproche qu'ils faisaient aux Païens.
Vous vous élevez, leur disaient-ils, contre la Religion Chrétienne ; mais ne savez-vous pas qu'il est de votre intérêt qu'il y ait parmi vous des Chrétiens ?
Avez-vous dans vos armées de meilleurs capitaines, de meilleurs soldats ?
C'est que leur Religion leur apprend à mépriser la mort, et qu'ils combattent par devoir de conscience.
Avez-vous sur les sièges de la justice de meilleurs magistrats, de meilleurs juges ?
C'est que leur Religion les dégage de toutes ces vues mercenaires qui peuvent altérer l'intégrité d'un cœur, et qu'elle leur enseigne à rendre à chacun ce qui lui est dû.
Avez-vous dans les affaires de meilleurs Ministres ?
C'est que la Religion leur fait envisager dans leur Ministère une providence éternelle qui les met en œuvre, et qui les emploie à l'exécution de ses desseins.
Avez-vous de meilleurs maîtres pour commander ?
C'est que par l'alliance merveilleuse d'une basse estime d'eux-mêmes avec la grandeur, leur Religion les dépouille de tout l'orgueil humain et de ce faste qui rend la loi des grands si dure et si pesante.
Avez-vous de meilleurs sujets, de meilleurs domestiques pour obéir ?
C'est que leur Religion leur fait respecter, dans les puissances mortelles, une puissance supérieure et divine qu'ils adorent, et d'où vient tout pouvoir légitime et toute juridiction.
Où voyez-vous plus de paix, plus de déférence les uns pour les autres, plus d'ouverture de cœur, de sincérité, d'ingénuité, plus d'inclination à faire du bien, plus de vigilance, d'innocence, de piété ?
Tout cela est fondé sur la Foi de Dieu en qui ils croient, en qui ils espèrent, et qu'ils aiment.
Donc, poursuivait Tertullien, sans entrer maintenant en question avec vous sur la vérité de la Religion que nous vous annonçons, convenez au moins de son utilité.
C'est un point dont vos yeux doivent vous convaincre.
Ainsi parlait ce Père, ainsi avait-il lieu de parler ; et malheur à moi, mes frères, malheur à vous, si nous ne sommes pas tels que nous devons être.
Malheur, si, par une vie indigne de notre profession, nous donnons à l'Impie le plaisir malin de pouvoir dire que lui et nous ne différons que dans la croyance, sans différer dans la conduite.
Saint Pierre recommandait aux fidèles de veiller sur eux-mêmes et de prendre garde à toutes leurs démarches : pourquoi ?
Afin, leur disait-il, de fermer la bouche aux ennemis de notre Foi, et qu'ils ne trouvent rien à reprendre dans nous :
Ut obmut escere faciatis imprudentium hominum ignorantiam (1 Petr. II)
C'est, mes frères, ce que je ne puis trop vous recommander moi-même.
Ne faisons rien perdre à notre Religion de ses avantages ; et en la confessant par nos paroles, ne la discréditons pas par nos actions.
A quelque désordre que nous puissions nous abandonner et de quelque manière que nous nous comportions, elle est toujours sainte en elle-même, toujours irrépréhensible ; mais telle est l'injustice du monde libertin et ignorant, de ne savoir pas, ou plutôt de ne vouloir pas distinguer le Christianisme du mauvais Chrétien, et d'imputer à la Religion ce qui ne doit être imputé qu'à la personne.
Honorons-la, cette Religion qui nous a formés, et voyons enfin comment l'incrédule en secouant le joug de la Foi, bien loin de se rendre plus heureux, se prive du vrai bonheur, non-seulement de la vie future, mais de la vie présente.
TROISIÈME PARTIE
Étrange condition de l'Impie : il veut être heureux en ce monde, mais il ne rencontre dans son chemin que des épines.
Il cherche la paix ; mais il s'écarte de ses voies et ne les connaît pas : voilà le fruit de l'incrédulité :
Contritio et infelicitas in viis eorum, et viam pacis non cognoverunt (Psal. XIII)
Au contraire, disait le saint roi David :
Je me suis souvenu de Dieu, et mon cœur à cette pensée s'est réjoui ; il s'y est reposé tranquillement, et toutes mes peines se sont dissipées : voilà le fruit de la Religion :
Me morfui Dei, et delectatus sum (Psal. LXXVI)
Il est donc certain que l'incrédule, en renonçant à la Religion, renonce à son propre bonheur dès cette vie, puisque rien ne doit plus contribuer au bonheur de la vie que la Religion, et qu'il n'y a que la Religion qui puisse être notre ressource pour nous soutenir dans les maux presque inséparables de chaque état, et pour les adoucir.
N'exagérons rien, mes frères, et pour nous renfermer dans les bornes d'une exacte vérité, examinons ce point solidement et dans le fond.
Qu'est-ce que la vie présente ?
Qui ne le sait pas ?
Qui ne le sent pas ?
C'est un composé de trois choses que le Sage nous a marquées en trois mots :
Ou misères qui nous affligent, afflictio spiritus ;
Ou travaux qui nous fatiguent, labor ;
Ou vanités qui nous ennuient, universa vanitas (Eccle. 1)
Misères qui nous affligent : j'entends toutes les souffrances, toutes les adversités que nous avons à supporter, chagrins, contradictions, pertes, maladies, pauvreté, mépris, humiliations.
Travaux qui nous fatiguent : je veux dire ces mouvements différents, ces occupations pénibles et laborieuses dans l'exercice d'une charge, dans les fonctions d'un emploi, dans la conduite d'un ménage, dans le soin d'une famille, dans toutes les vacations, depuis le plus haut jusqu'au plus bas rang.
Enfin, vanités qui nous ennuient : ce sont les plaisirs même prétendus de la vie, ses passe-temps, ses amusements que l'usage rend insipides, et dont les plus mondains reconnaissent eux-mêmes, et malgré eux, la fausseté.
Considérons tout le système du monde, parcourons toutes les conditions, nous trouverons que tout se réduit là, et que c'est l'idée la plus complète qu'on puisse concevoir des jours de l'homme sur la terre.
Ainsi la plus heureuse situation, ce serait celle où l’homme recevrait avec moins de sentiment, moins de douleur, et même avec paix, toutes les souffrances de la vie ; où il soutiendrait avec courage, et même avec ardeur et avec joie, tous les travaux de la vie ; où méprisant les vaines douceurs de la vie, il nourrirait son esprit d'un aliment beaucoup plus capable de le remplir et de lui procurer un vrai contentement.
Or, tel est ce miracle de la Religion ; en voilà les salutaires effets, quand elle est profondément gravée dans une âme : comment cela ?
Par les grandes et excellentes vues que la Religion nous donne.
Vues les plus propres à nous consoler dans toutes les misères et toutes les infirmités de la vie, à nous animer dans tous les travaux et toutes les fatigues de la vie, à nous détacher des folles et trompeuses vanités de la vie, et à nous faire goûter des biens sans comparaison plus solides et plus conformes à la dignité de notre être.
Développons ceci, et comprenez-le.
Qu'il me soit permis, mes frères, d'ouvrir mon cœur, et de l'épancher en votre présence !
Qu'il me soit permis de vous découvrir les sentiments les plus intimes dont il est touché, surtout à certains moments où la Foi se réveille, et où ses Vérités se montrent dans un plus beau jour.
C'est alors que je ne puis assez bénir mon sort dans la sainte Religion où la Providence m'a fait naître.
Quoi qu'il n'arrive, et de quelques révolutions, de quelques vicissitudes que les choses humaines soient agitées, j'ai dans ma Religion un secours toujours prêt et un puissant appui pour porter tout.
Qu'une affaire me survienne, qu'un mauvais succès me dérange, qu'une confusion m'humilie, qu'une infirmité m'affaiblisse, qu'une douleur me tourmente, j'ai recours à ma Religion, et elle me fait connaître le prix des tribulations et des afflictions temporelles.
La pensée d'un Dieu qui a souffert avant moi et pour moi, d'un Dieu qui m'éprouve pour me corriger, qui me châtie pour me pardonner, qui m'exerce pour me perfectionner ; ce souvenir m'encourage et me fortifie.
Soumis, et du reste sans alarmes au milieu de l’orage, je m'écrie avec l'Apôtre des nations : Patior, sed non confundor (II Tim. 1) ; je souffre, mais je n'en suis point troublé, pourquoi ?
Parce que je sais en qui j'ai mis ma confiance :
Scio enim cui credidi (II Tim. 1)
Si ce sont de rudes occupations qui m'appliquent et ne me laissent aucun repos ; si je suis surchargé, et que pour accomplir les devoirs de mon Ministère, je sois obligé de vivre dans une action continuelle sans soulagement et sans relâche, ma Religion m'apprend quelle en doit être la récompense ; que j'ai sur moi l'œil d'un Maître à qui rien n'écharpe ; qu'Il est également juste et libéral : juste pour rendre à chacun selon son mérite, et libéral pour passer même la mesure, et pour payer au centuple.
Avec une telle assurance, rien ne me coûte.
Plus le poids augmente, plus je m'affermis ; et dans un feu tout nouveau, je dis comme le Docteur des Gentils :
C'est dans ma faiblesse et dans le plus grand accablement, que je reprends des forces, et que je les sens redoubler
Cum infirmor, tunc potens sum (II Cor. XII)
Suis-je privé des plaisirs et des divertissements du monde, soit parce que ma vocation me les interdit, ou parce que j'en ai conçu du dégoût, ma Religion me donne bien d'autres espérances, et me promet bien une autre Félicité.
Elle étale devant mes yeux une Éternité entière ; je me nourris de cette attente, je m'en repais ; c'est tout non entretien, et autant qu'il me devient ordinaire et fréquent, autant me devient-il doux et consolant.
Qu'est-ce pour moi que tout le reste ?
Quoi que ce soit, ce n'est que vanité, ce n'est, selon la parole de Saint Paul, que du fumier qu'on foule aux pieds :
Omnia detrimentum feci, et arbitror ut stercora, ut Christum lucrifaciam (Philipp. III)
Vouloir donc me l'arracher cette Religion, mon unique espoir dans cette terre d'exil, c'est vouloir m'arracher le plus précieux trésor que je possède.
Pour la conserver, que ne ferais-je pas avec la Grâce et par la Grâce de mon Dieu !
A quoi ne m'exposerais-je pas !
Que n'endurerais-je pas !
Qu'elle passe avec moi dans la solitude, la solitude n'aura plus pour moi de rigueurs, et le plus affreux désert me sera un séjour non-seulement supportable, mais agréable.
Qu'elle passe avec moi dans les prisons, les fers les plus pesants me seront légers, et dans la plus sombre nuit des cachots, elle charmera tous mes ennuis.
Quelle nuée de témoins pourrais-je sur cela produire !
Je ferais parler tout ce qu'il y a eu, et tout ce qu'il y a encore d'âmes vraiment et solidement Chrétiennes.
Mais sont-ce là les avantages de l'incrédulité ?
Est-ce là le bonheur de l'Impie ?
II prétend se rendre heureux sans Religion, et, par la plus grossière de toutes les erreurs, il ne voit pas que son irréligion l'expose à mener une vie de trouble, d'inquiétude, de déplaisirs amers, sans nul adoucissement et sans consolation.
Car il a beau se faire un plan de vie où il se livre à lui-même et à tous ses désirs, jamais il ne sera exempt de souffrir, parce que jamais il ne sera à couvert de mille accidents fâcheux qui nous traversent, et de mille événements que toute notre vigilance ne peut prévoir ni éviter.
De quelque précaution qu'il use, et de quelque côté qu'il se tourne, la peine le suivra toujours, puisque c'est la condition de tous les hommes en ce monde, depuis leur naissance jusqu'au jour de leur sépulture :
Jugum grave super filios Adam usque in diem sepul turæ (Eccli. XL)
Si ce n'est pas d'une façon qu'il souffre, ce sera d'une autre, soit dans l'esprit, soit dans les sens, soit dans un emploi onéreux, soit dans une oisiveté languissante, soit dans ses passions même, et jusque dans ses plaisirs ; et quand enfin tout lui réussirait, que tout semblerait concourir à le contenter, il se rongera lui-même, et deviendra lui-même son tourment.
Ainsi sommes-nous faits, et, dans cette vallée de larmes, telle est notre destinée.
Or, supposons le libertin dans une de ces dispositions douloureuses et de ces conjonctures affligeantes.
Qu'il tombe dans l'infortune, que son crédit dépérisse, que ses desseins échouent, qu'un maître l'abandonne, qu'un ennemi le persécute, qu'un concurrent l'emporte sur lui, que son état lui déplaise, que sa santé s'altère, que l'infirmité l'épuise, que cent autres disgrâces dont le détail me conduirait trop loin, et qui ne sont que trop communes, lui arrivent, à qui peut-il avoir recours pour calmer son cœur et pour en modérer les révoltes ?
Sera-ce au Ciel d'où il n'attend rien, et où il n'espère rien ?
Sera-ce au monde, à ce monde intéressé, à ce monde si infidèle et si trompeur, si indifférent et si dur à l'égard d'autrui, surtout à l'égard des malheureux ?
Sera-ce à la fermeté naturelle de son âme ?
Mais cette constance est bientôt déconcertée par les noires tristesses, par les pensées désolantes qui se succèdent les unes aux autres : l'esprit de la meilleure trempe n'y résisterait pas.
Que lui reste-t-il donc ?
Sa peine, et rien de plus.
De là, tantôt c'est une sombre mélancolie qui le dessèche, tantôt c'est un accès de fureur qui le transporte, quelquefois c'est un désespoir qui le saisit ; et combien a-t-on vu de ces sanglantes catastrophes où des Impies, hors d'eux-mêmes et perdus, ont appelé la mort à leur secours, et de leurs mains parricides se sont enfoncé le fer dans le sein !
Ah ! Mon cher frère, c'est ici que je pourrais bien vous demander ce qu'on demandait à David, quoique dans un autre sens :
Ubi est Deus tuus ? (Psal. XLI)
Où est votre Dieu, et pourquoi vous obstinez-vous à Le méconnaître ?
C’est Lui qui vous frappe ; mais le même Dieu qui vous frappe peut vous guérir, et Il le veut.
Du moment que vous Lui rendrez gloire, Il vous rendra la Paix.
D'ennemi et de vengeur, Il sera votre soutien et votre consolateur.
Vous ne Le connaissez pas, mais travaillez à Le connaître, appliquez-vous à Le connaître, cherchez de bonne foi à Le connaître.
Quand Il appela Saul, ce persécuteur de l'Église, Il lui donna ordre d'aller trouver Ananie qui l'instruirait.
Il y a d'habiles et zélés Ministres à qui vous pouvez vous adresser : consultez-les, écoutez-les, soyez dociles à leurs leçons, et déposez les faux préjugés dont vous vous êtes laissé prévenir.
L'esprit du Seigneur descendra, Il vous inspirera, Il vous éclairera, et vous révélera ses adorables Vérités.
Que l'incrédule s'épargnerait ainsi de mauvais jours !
Qu'il établirait le repos de son âme sur un fond solide et durable !
Au milieu de tant de maux dont nous sommes partout assaillis, et dont souvent il est encore plus violemment attaqué que les autres, Dieu répandrait sur lui l'onction de sa Grâce ; et de quoi cette Onction divine ne peut-elle pas amortir le sentiment ?
Mais tandis qu'il sera éloigné de Dieu, ou, si j'ose m'exprimer de la sorte, tandis qu'il sera sans Foi et sans Dieu, il n'aura de support que lui-même c'est-à-dire qu'il n'aura de support que la faiblesse et que le néant.
Aussi ne faut-il point s'étonner que ses maux chaque jour s'aigrissent, bien loin qu'ils lui accordent quelque relâche.
Et que dirai-je des remords de sa conscience, qui viennent d'ailleurs l'agiter, et qui suffiraient pour son supplice ?
Car, outre les afflictions ordinaires où nous sommes tous sujets, je prétends qu'il n'y a point de libertin si déclaré, qui n'ait à soutenir mille combats intérieurs sur son libertinage même et son incrédulité ; ne sachant ce qu'il deviendra après la mort, ni quel sera son partage ; ne pouvant effacer de son esprit les suites terribles de l'incertitude où il vit là-dessus ; cent fois se rassurant, et cent fois retombant dans ses perplexités et ses frayeurs ; portant en tous lieux cette idée qui se réveille à toute occasion, et particulièrement dans le crime ; ne goûtant nulle part un plaisir pur et sans de cruels retours.
Vous, Chrétiens auditeurs, race choisie, comme s'exprime le Prince des Apôtres, nation fidèle, peuple de conquête, jouissez du don que vous avez reçu : c'est le don de la Foi ; mais souvenez-vous toujours (et je ne puis trop vous en avertir) qu'elle ne vous sauvera, cette Foi si sainte, et que vous n'en profiterez qu'autant que vous y répondrez par la sainteté de vos mœurs.
Dès que vous ne serez Chrétiens que de nom, sans l'être de vie et de pratique, n'attendez de votre foi que des reproches et que des arrêts de condamnation.
Au lieu de vous consoler, elle ne servira qu'à vous confondre et qu'à vous troubler.
Puissiez-vous faire valoir un si riche talent, et obtenir, par le bon usage que vous en ferez, la souveraine Béatitude, que je vous souhaite, et où nous conduise, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Ainsi soit-il.
R. P. François de Paule Bretonneau (1660-1741) – « Sermon IV pour le Second Dimanche de l'Avent sur l'incrédulité » dans la Collection intégrale et universelle des orateurs sacrés de Jacques-Paul Migne, tome 41, pages 63-80, aux Ateliers Catholiques du Petit Montrouge, 1854
Voir le Deuxième Dimanche de l'Avent :
- La « Sainte Messe du Deuxième Dimanche de l’Avent » (Vidéo + Textes Liturgiques)
- L’Introït « Populus Sion » du Deuxième Dimanche de l’Avent (Audio + Textes Liturgiques)
- La Prière du Second Dimanche de l'Avent « Et maintenant, je Vous en conjure, ô Père Saint, faites-nous connaître quelles furent Vos raisons dans l'accomplissement de ce Mystère de l’Incarnation » de Saint Thomas de Villeneuve
- La Prière sur l’Épître de Saint Paul aux Romains 15, 4-13 sur la vocation des Gentils « Ô Esprit Saint, faites-nous estimer, comme nous le devons, la Grâce de nôtre vocation » de l’Abbé Nicolas Le Tourneux
- La Prière sur l’Évangile selon Saint Matthieu 11, 2–10 sur Saint Jean-Baptiste « Seigneur, faites-nous comprendre que si c'est Vous qui êtes venu pour Sauver, c'est Vous aussi qui devez venir pour Juger » de l’Abbé Nicolas Le Tourneux
- La Prière tirée des Psaumes pour ceux qui sont dans l'affliction pour le Deuxième Dimanche de l'Avent « Plein de confiance en Votre Sainte Parole, j'ai recours à Vous, dans la nécessité ou je me trouve » du Révérend Père Leonhard Goffiné
- La Prière pour lutter contre l'Ambition criminelle et malheureuse « Ô Seigneur, apprenez-nous à ne plus désirer avec tant d'ardeur ces fausses grandeurs de la terre qui éblouissent ceux qui ne les ont pas et qui font souffrir ceux qui les ont » du Révérend Père Henri Griffet
- La Prière contre le Scandale « Ô Seigneur, inspirez-nous la plus vive horreur du Scandale, péché le plus diabolique » de l’Abbé Claude-François Lambert
- La Prière pour se préparer au Jugement de Dieu « Juge souverain des vivants et des morts, que la Crainte de vos Jugements me pénètre jusques dans la moelle des os » de M. l’Abbé François-Léon Réguis
- La Prière pour le Deuxième Dimanche de l'Avent « Le Temps où nous sommes, Seigneur Jésus, est consacré par votre Église à l'attente de votre Venue » d’Adolphe Baudon de Mony
- La Prière pour le Deuxième Dimanche de l'Avent « Il est temps de se préparer par la Pénitence à recevoir ce grand Mystère d'Amour » de Ludolphe de Saxe le Chartreux
- La Prière pour le Deuxième Dimanche de l'Avent « Ô Jésus notre Sauveur, c'est Vous qui devez venir, nous n'en attendons point d'autre » du R. P. Fyot de Vaugimois
- La Prière pour le Second Dimanche de l'Avent « Ô mon Jésus, préparez-moi à Vous recevoir dans votre Incarnation durant ce Saint Temps de l’Avent » du R. P. Antoine Boissieu
- La Prière du Deuxième Dimanche de l’Avent « Ô Jésus, ô divin Messie, que je suis éloigné des dispositions de votre bienheureux Précurseur ! » de l’Abbé Julien Barbé
- Les Prières et Résolutions pour chaque Jour de la Deuxième Semaine de l’Avent « Donnez-moi, ô mon Dieu, de l'éloignement pour le monde et l'amour de la retraite » de l’Abbé Jean-Baptiste La Sausse
- Toutes les « Prières pour le Temps de l’Avent » (plus d’une centaine)
- La Méditation pour le Deuxième Dimanche de l’Avent sur le Règne d'Amour du Verbe Incarné « Ô Divin Roi, qui venez pour reconquérir Votre héritage sur les puissances de l'Enfer » de l’Abbé de Brandt
- La Méditation du Dimanche de la Deuxième Semaine de l'Avent « La Sainte Trinité décrète que le Fils de Dieu s'Incarnera dans le sein d'une Vierge » du R. P. Dominique Bouix
- Le Sermon pour le Second Dimanche de l'Avent « Aux incrédules Libertins qui s'obstinent contre la Religion et refusent à la Loi évangélique la soumission qui Lui est due » du R-P François de Paule Bretonneau
- Le Sermon pour le Deuxième Dimanche de l’Avent « Saint Jean Baptiste, un Modèle pour l'Avent » de l’Abbé Michel Frament
Voir également du Révérend Père François de Paule Bretonneau :
- La Prière « Quoi que ce soit, partout et en tout, c'est Amour de Dieu » du R-P François de Paule Bretonneau
- La Prière « Seigneur, donnez-nous cette Foi pratique pour nous faire agir » du R-P François de Paule Bretonneau
- La Prière comme Saint Pierre « Vous savez, Seigneur, que je Vous aime » du R-P François de Paule Bretonneau
- La Prière dans la souffrance « Vous, mon Dieu, Vous seul êtes le Dieu de toute consolation » du R-P François de Paule Bretonneau
- La Prière sur la Piété « Ô mon Dieu, aidez-moi par votre Grâce à rendre ma piété plus solide » du R-P François de Paule Bretonneau
- La Prière à Tous les Saints « Ô grands Saints, Vous êtes nos Modèles, soyez nos Protecteurs » du R-P François de Paule Bretonneau
- Le Sermon sur le Jugement Universel « La seule peinture du Jugement Général a touché les âmes les plus endurcies et les a retirées de leurs désordres » du R-P François de Paule Bretonneau
- Le Sermon pour le Second Dimanche de l'Avent « Aux incrédules Libertins qui s'obstinent contre la Religion et refusent à la Loi évangélique la soumission qui Lui est due » du R-P François de Paule Bretonneau
- Le Sermon sur la Nativité de Jésus-Christ « Quia natus est vobis hodie Salvator » du R-P François de Paule Bretonneau
- Le Sermon pour la Fête de la Circoncision de Jésus-Christ « Vocatum est nomen ejus Jesus » du R-P François de Paule Bretonneau