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Sermon sur Fidélité du saint Prophète Daniel à la Loi de Dieu

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Voici la retransmission vidéo et le texte du Sermon sur « La Fidélité du saint Prophète Daniel à la Loi de Dieu » prononcé par Monsieur l’Abbé Philippe Toulza en l'église de Saint Nicolas du Chardonnet à Paris lors de la Sainte Messe du Dix-Septième Dimanche après la Pentecôte le 20 septembre 2026 afin d’exhorter les Fidèles Catholiques à une résistance spirituelle absolue face aux pressions et aux compromissions du monde moderne, en restant infailliblement Fidèles à la Loi de Dieu et à leurs engagements (chrétiens, matrimoniaux, professionnels ou personnels) à l'image du Prophète Daniel qui a refusé de céder aux exigences Païennes de la Babylone antique au péril de sa vie. Le Chrétien d'aujourd'hui est appelé à opposer une fidélité héroïque aux tentations, aux lois contraires à la morale naturelle et surnaturelle (comme l’avortement, l'euthanasie ou le relâchement des mœurs), et à la stigmatisation de la « Babylone nouvelle ». Cette constance inflexible devient alors la condition indispensable pour préserver sa Foi et ses devoirs de Baptisé au milieu d'une société déchristianisée.



Le Sermon sur « La Fidélité du saint Prophète Daniel à la Loi de Dieu » de l’Abbé Philippe Toulza :






Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
Ainsi soit-il.

Mes bien chers frères, il y a 2600 années de cela, à Babylone, un homme, un vieil homme qui avait probablement passé ses 80 années, se leva. La lumière rentrait à flot dans cette ville de Babylone lorsqu'il se mit à genoux en prière, comme il en avait l'habitude. Il se tourna vers l'une des fenêtres qu'il avait aménagées dans sa maison et qui était orientée vers Jérusalem. Car cet homme n'était pas de Babylone, c'était un Juif. Il était là en captivité, comme de nombreux autres Juifs avec lui. Mais lui, il y était depuis longtemps, depuis au moins 70 années qu'il avait passées là. Et la prière qui était la sienne s'orientait vers Jérusalem parce que Jérusalem c'était sa cité, sa cité bien-aimée qu'il ne reverrait plus.
Il se leva donc et se mit en prière vers Jérusalem. Mais sa prière ce matin-là avait une toute autre signification que celle habituelle. Elle était devenue un risque pour lui, le signe d'un danger mortel, la promesse du supplice.
En effet, la veille, le roi de Babylone, qui était Darius à l'époque, avait ordonné qu'on s'orienterait dans un autre sens pour prier. Il avait ordonné que le culte irait à sa personne. Or, les Juifs ne pouvaient pas, en vertu de la Loi divine, se prosterner devant un simple homme. Il leur fallait rester fidèles à leur Dieu seulement. Aussi, cet homme-là était l'un des ministres du roi et il avait été dénoncé par des jaloux qui savaient ses origines juives et sa fidélité. Alors, on l'attendait. Les gardes étaient dehors, se demandant s'ils pourraient l'attraper en flagrant délit de refus d'obéir aux injonctions royales.

Et cet homme-là, qui avait 80 années, évidemment réfléchit et se dit : « Que vais-je faire de ces années qui me restent ? Vais-je m'agenouiller dans un sens et dans l'autre ? » Et il lui revint ses souvenirs anciens, les souvenirs de sa jeunesse, 70 années plus tôt. Il avait déjà connu ce même dilemme lorsque, arrivé jeune à Babylone, la captivité venait d'être réalisée. Arrivé jeune à Babylone, on lui enjoignit de manger des aliments interdits par la loi juive. Et qu'avait-il fait alors ? Il avait refusé, parce que cet homme était Fidèle.

Et puis, un peu plus tard, on lui avait ordonné de se prosterner devant des idoles. C'était un jeune adolescent : 15 ans, 16 ans, la vie devant soi. On vous demande de vous prosterner devant des idoles et peut-être que si vous dites non, assurément, vous allez perdre votre vie, toute celle qui se profile devant vous. Il avait dit Non, et on l'avait jeté dans la fournaise — dans une fournaise à 15 ans — et la fournaise ne l'avait pas touché.
Et cet homme se souvenait de tout cela. Alors, lorsqu'il se fit question de se mettre à genoux comme tous les matins, il le fit. Il n'hésita pas.

Cet homme, sans doute beaucoup d'entre vous l'auront reconnu aujourd'hui. La Liturgie nous en parle. Mes bien chers Frères, c'est pour ça que je me permets de citer son histoire. Elle nous en parle comme en passant, au moment de l'Offertoire, citant son nom. Et ces grands personnages de l'Ancien Testament qui nous reviennent à la mémoire à l'occasion d'un ancien Offertoire, d'une Collecte, d'une Épître, que sais-je : ne les laissons pas passer. Saisissons-les au vol, captons-les à notre attention, remettons-les à notre mémoire, plongeons-les dans notre Foi et aiguisons notre Charité pour en faire des modèles. Et demandons-nous ce que nous pouvons faire, nous qui, quelque part, avons à vivre une situation analogue à la sienne.
Oui, Daniel — car c'était lui — Daniel se mit à genoux et aussitôt les gardes entrèrent, l'attrapèrent et, sur les ordres du roi, il fut jeté non plus dans la fournaise, mais dans la fosse aux lions. Fosse aux lions. À 80 années, les lions avaient faim, ils étaient nombreux, on ne les avait pas nourris. Il était sûr, pensaient ses geôliers, ses bourreaux, qu'il serait dévoré. Alors il fut jeté là toute la nuit. Et toute la nuit, les lions qui avaient faim ne purent pas ouvrir leur gueule. Car, dit la Sainte Écriture, un Ange avait fermé leur gueule et les empêchait de l'ouvrir. Ils lui tournaient peut-être autour, flairant la chair fraîche qu'il fallait avaler. Mais voilà, Dieu avait protégé Daniel.

Alors, mes bien chers Frères, pour la suite des siècles, Daniel sera dans l'Ancien Testament. Que sera-t-il ? Que représente Daniel pour nous ? Chaque grand Prophète représente quelque chose. Et Daniel pour nous, il représente quoi ? Il représente la Fidélité. Il est le grand ancêtre des Martyrs passés à travers tout comme Confesseur de la Foi. Il représente celui qui, face à la pression des rois, face au danger de mort, ne bouge pas. Daniel est d'un métal extraordinaire. Ce métal-là est pur, sans alliage. Il est fait au fourneau d'experts en sidérurgie qui nous ont donné quelque chose qui vient du Ciel. Car Daniel ne tranche jamais autrement que pour la Loi de Dieu. Il n'hésite pas. Son Dieu lui avait été Fidèle. Son Dieu l'avait sauvé de la fournaise. Il le savait et lui n'hésitait pas : « Mon Dieu m'a toujours été Fidèle. Comment pourrais-je me prosterner vers le roi ? Non, je me prosternerai vers Jérusalem, dussé-je être déchiré par la dent des lions. »

Oh, mes bien chers Frères, assis ce matin-là, ce Dimanche, sur ces chaises, nous nous imaginons que la représentation d'une fournaise prochaine ou de la dent des lions est quelque chose d'assez hypothétique. Mais non, c'était un homme fait comme nous, et il y a de quoi frémir, mourir de peur avant même que d'être dévoré par les lions à cette idée. Alors oui, Daniel est devenu le Modèle de la Fidélité, de la Fidélité dans la captivité, car Babylone essayait d'amener ses captifs Juifs aux fausses religions, aux faux principes du monde. Daniel n'a pas eu peur.

Daniel est le modèle de celui qui tient bon dans ses engagements : les engagements de créature vis-à-vis de la Loi Naturelle (les voilà les nôtres), les engagements de Baptisé vis-à-vis de la Loi Chrétienne et Surnaturelle (les voilà encore les nôtres), les engagements de Confirmé, d'apôtre et de soldat du Christ, les engagements de Mariés, les engagements professionnels, les engagements d'amitié. Tous vos engagements, mes bien chers Frères, tous autant que vous êtes ce matin-là, vous avez des engagements. Certains vous sont communs les uns aux autres, d'autres vous sont propres. Et comme Daniel, parfois il vous est difficile de respecter vos engagements car vient la frayeur. Est-ce la frayeur des lions et de la fournaise ? Non. Elle menace, mes bien chers Frères, des Chrétiens qui sont au-delà des mers, dans le Moyen-Orient, dans le Proche-Orient, et qui connaissent cette perspective du Martyre. Et ils ne la connaissent pas seulement, ils la vivent, ils l'expérimentent. Ils passent par le fer, ils passent par la poudre et ils meurent. Il y a encore des Daniels aujourd'hui.

Nous, nous n'en sommes encore pas là. Mais nous avons nos tracasseries, nous avons nos persécutions, nous avons nos petites fournaises, nous avons nos petites dents des lions qui sont la stigmatisation, qui sont l'ostracisme, qui sont la mise à l'écart, qui sont aussi de façon plus générale la difficulté à respecter la Loi de Dieu. Et notre vie à tous, mes bien chers Frères, c'est cette question-là. Elle se résout à cette question-là :
« Serais-je Fidèle à mes engagements ? »

Et ce n'est pas facile d'être fidèle à ses engagements, que ce soient ses engagements de Chrétien, que ce soient ses engagements de Confirmé, Fidèle à la Loi de Dieu, alors que le monde, Babylone nouvelle, nous pousse ailleurs, nous pousse à tout relâcher. Il pousse les jeunes gens à vivre ensemble avant le Mariage. Il pousse les Mariés, quand c'est difficile, à aller voir ailleurs. Il pousse les jeunes filles, quand un enfant est venu et qu'il n'aurait pas dû, à s'en séparer. Il pousse les médecins, afin qu'ils puissent garder leur métier, à pratiquer l'euthanasie. Il pousse les parents à accepter qu'on leur ôte les enfants en jeune âge et qu'ils n'aient plus la main éducatrice sur eux, qui leur revient de droit naturel et surnaturel. Et puis toutes ces forces qui, autour de nous, poussent à quitter nos engagements, à ne pas être Fidèles à la Loi du Bon Dieu, à pécher. Ce sont autant de pressions que nous subissons.

Nous avons besoin de Daniel. Même si nous ne sommes pas dans la perspective de la fournaise et de la dent des lions, nous le regardons parce qu'il est un métal venu d'en Haut, un métal venu du Ciel. Le même métal qui a fait Jésus-Christ, Fidèle entre les Fidèles. Pardonnez-moi, mes bien chers frères, pardonnez-moi... le même métal qui a fait Monseigneur Marcel Lefebvre. La Fidélité quand tout pousse à craquer, à lâcher, à lâcher prise, à vous asseoir, à vous coucher. Et celui qui s'assoit, il est bientôt couché. Et celui qui est couché, il est bientôt mort.

Alors aujourd'hui, eh bien nous nous tournons vers Daniel et nous lui disons — vous savez, parce que c'est un Saint, il est au Martyrologe : « Vous savez, Saint Daniel, vous savez bien que ça ne nous est pas toujours facile à nous de vivre la Fidélité. La Fidélité à nos engagements : nos petits engagements, nos moyens, nos grands. Cette Fidélité, quand nous la mordons, quand nous lui plantons un coup de couteau, nous allons au Confessionnal et là nous déposons nos morsures, nous déposons nos coups de couteau faits à nos engagements au pied du Confessionnal, et nous en sommes mécontents. Nous ne sommes pas satisfaits de ces manques de fidélité car nous voudrions imiter votre métal. Nous voudrions imiter votre Fidélité, votre pureté, vos yeux fixés toujours vers Jérusalem et non pas vers les rois et les grands de ce monde, et non pas vers la Babylone de la révolution, cet esprit de la révolution qui est le même qui a fagoté la France antichrétienne ou l'anti-France, et qui aujourd'hui a pénétré dans l'Église. C'est le même, mes bien chers Frères, c'est la Révolution. Il n'y a pas d'autre force. Ce qui souffle à Vatican II, c'est ce qui souffle dans les écoles anti-Dieu d'aujourd'hui. C'est ce qui souffle, cet esprit, dans les ministères qui veulent du mal lorsqu'ils veulent du mal au Catholicisme ».

Alors, mes bien chers Frères, nous sommes dans la même situation nous aussi, et nous savons que la Fidélité n'est pas toujours facile. Elle est parfois synonyme de nuit : la nuit de Gethsémani, la nuit qui précéda la prière de Daniel. La Fidélité n'est pas synonyme toujours de gloire. Et parmi vous, il y a des âmes obscures vivant dans la solitude, dans l'ombre de leurs appartements, dans l'oubli de leur chambre, et qui restent Fidèles dans des Fidélités héroïques qui ne leur sont pas faciles, afin de fixer les yeux sur le Seigneur, sur Jérusalem. Et parfois elles sont tentées de flancher et elles ont besoin de notre intercession, car nous sommes responsables des Fidélités les uns des autres. C'est pour ça que nous sommes en assemblée le Dimanche. Nous avons besoin de nous serrer les coudes, de ne pas penser qu'à notre Fidélité, mais de prier pour la Fidélité des autres et de ne pas juger trop facilement de l'infidélité des autres. De ne pas être trop sévères dans les jugements que nous portons sur les uns, sur les autres, surtout lorsqu'ils sortent de nos propres Communautés. Ne nous lançons pas dans des invectives, dans des jugements hâtifs parce que nous avons vu un pas de trop à droite, un pas de trop à gauche. Qui sommes-nous pour nous infiltrer dans l'âme des gens ? Regardons notre propre cœur.

Et nous savons très bien que ce n'est pas facile, que cette constance est héroïque et qu'elle ne doit pas être portée comme un fardeau seulement. Non. Car Daniel, rien que le nom dit la joie de l'âme. Jésus-Christ, rien que ce nom dit la splendeur de la Fidélité. Et nous demandons au Seigneur que la Fidélité qui doit être la nôtre, nous ne la pensions pas comme un fardeau qu'on tire, pas seulement comme une Croix qu'on traîne derrière soi, mais comme une joie, comme une source de sanctification, comme l'élaboration progressive vers un métal meilleur.

Que cette Fidélité qui est la nôtre, que nous demandons aujourd'hui, que nous vous demandons, Saint Daniel, vous qui nous écoutez, nous l'espérons, du haut du Ciel aujourd'hui, vous la mêliez de cette douceur que vous avez, qui transparaît dans toutes vos paroles. Empruntez le Livre de ce saint Prophète. Regardez ses prières, écoutez ses injonctions : c'est toujours au fil de la douceur. La même que Jésus-Christ. Pardonnez-moi encore, la même que celle de Monseigneur Lefebvre. Car le métal, lorsqu'il est le plus pur, s'accompagne de cette douceur. Il sait le prix de la souffrance qu'implique la Fidélité.

Oui, nous demandons à Daniel de ne jamais, jamais manger ces aliments qui sont interdits par la Loi, de ne jamais, jamais se prosterner vers les idoles modernes, mais plus simplement aussi d'être de plus en plus Fidèles à tous nos engagements, engagements de Baptisés, de Confirmés, afin que nous puissions un jour entendre cette Parole que Saint Jean met dans la bouche du Saint-Esprit comme une récompense au Livre de l'Apocalypse : « Sois Fidèle. Sois Fidèle comme Daniel jusqu'à la mort et je te donnerai la Couronne de Vie ».

Ainsi soit-il.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Voir la « Prière de repentance » du Prophète Daniel né en l’an 623 avant Jésus-Christ dans le Livre de Daniel IX, 4-10