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Cérémonie des Sacres Épiscopaux 2026 de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

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Voici la retransmission vidéo en direct de la « Cérémonie des Sacres Épiscopaux de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X » à Écône le mercredi 1er juillet 2026, présidée par Mgr Alfonso de Galarreta, assisté de Mgr Bernard Fellay, des Quatre futurs Évêques Schreiber, Goldade, Poinsinet de Sivry et Hanappier, la réponse de la FSSPX à la question « Habetis mandatum apostolicum ? », le « Sermon aux Sacres Épiscopaux » de l'Abbé Davide Pagliarani, l’excellente explication pour « Comprendre la Liturgie des Sacres Épiscopaux » de l’Abbé Bernard Jouannic et le « Communiqué à l’issue des Consécrations Épiscopales » du Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X



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La Vidéo de la « Cérémonie des Sacres Épiscopaux de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X » le mercredi 1er juillet 2026 à Écône :





Suivez en direct la Cérémonie des Sacres Épiscopaux au cours de laquelle quatre Prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X recevront la Consécration Épiscopale le mercredi 1er juillet 2026 à Écône.

La Cérémonie est présidée par Son Excellence Mgr Alfonso de Galarreta, Évêque consécrateur, assisté de Son Excellence Mgr Bernard Fellay comme Évêque co-consécrateur.

Les Quatre futurs Évêques sont :
Abbé Pascal Schreiber (Suisse)
Abbé Michael Goldade (Etats-Unis)
Abbé Michel Poinsinet de Sivry (France)
Abbé Marc Hanappier (France)


La réponse de la FSSPX à la question « Habetis mandatum apostolicum ? » de l’Abbé Foucauld Le Roux :


Au cours du rite de la Consécration Épiscopale, le notaire du Consécrateur lit habituellement le Mandat Apostolique.
Lors des Consécrations Épiscopales célébrées à Écône le 1ᵉʳ juillet 2026, M. l'Abbé Foucauld Le Roux, secrétaire général, a donné lecture de la déclaration par laquelle la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X expose les raisons qui justifient ces Consécrations dans les circonstances actuelles de l'Église.


C’est l’Église Catholique et Romaine, toujours fidèle aux saintes Traditions reçues des Apôtres, qui, dans des circonstances tout à fait exceptionnelles, exige que nous pourvoyions au maintien de ces saintes Traditions – c’est-à-dire le Dépôt de la Foi – et prenions les moyens nécessaires pour les transmettre fidèlement à tous les hommes pour le Salut de leur âme.

Étant donné que depuis le Concile Vatican II jusqu’à aujourd’hui, les autorités de l’Église sont animées d’un esprit contraire à celui de la Foi, et agissent contre la sainte Tradition – « ils ne supportent plus la saine Doctrine, détournant l’ouïe de la Vérité, pour se tourner vers des fables », comme le dit Saint Paul à Timothée dans sa seconde Épître (IV, 3-5) –, nous estimons devant Dieu qu’il est un devoir sacré envers la sainte Église et envers les âmes de procéder à la Consécration d’Évêques pleinement fidèles à la sainte Tradition et au Magistère constant de l’Église.

D’autre part, nous entendons partout dans le monde les âmes nous réclamer que, par la prédication de la Vérité et l’administration des Sacrements, leur soit donné le Pain de Vie, qui est le Christ.
C’est pourquoi, ayant pitié de cette foule, nous avons le très grave devoir de transmettre la Grâce Épiscopale à ces chers Prêtres, afin qu’eux-mêmes puissent conférer la Grâce Sacerdotale à de nombreux Clercs formés selon les saintes Traditions de l’Église Catholique.
Et nous estimons que toutes peines et censures qui seraient portées contre cette démarche n’ont aucune valeur.

Conformément à cette exigence impérieuse de l’Église Catholique et Romaine, toujours fidèle, nous choisissons ces quatre Prêtres ici présents comme Évêques auxiliaires de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, dans le seul et unique but de servir la sainte Église Romaine :

- Monsieur l’Abbé Pascal Schreiber, directeur du Séminaire du Sacré-Cœur, à Zaitzkofen, en Allemagne ;

- Monsieur l’Abbé Michael Goldade, directeur du Séminaire Saint-Thomas-d’Aquin, à Dillwyn, aux États-Unis ;

- Monsieur l’Abbé Michel Poinsinet de Sivry, supérieur du district du Benelux ;

- Monsieur l’Abbé Marc Hanappier, professeur au Séminaire Saint-Thomas-d’Aquin, à Dillwyn, aux États-Unis.


La Vidéo du « Sermon aux Sacres Épiscopaux de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X » le mercredi 1er juillet 2026 à Écône de l'Abbé Davide Pagliarani :





Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Messeigneurs, chers confrères, chères sœurs, bien chers fidèles,

Finalement, cette journée est arrivée. Quelle joie de vous voir si nombreux, venus des quatre coins du monde !

Je tiens tout d'abord à remercier la générosité de tous ceux qui ont préparé cette journée, tous ceux qui l'ont préparée matériellement avec dévouement, tous les confrères qui ont préparé les cœurs, les esprits, les intelligences pour cette journée, et vous tous qui avez fait l'effort d'y venir comme des pèlerins, ici, dans cette journée certainement historique.

Une manifestation de foi
Quelle est la signification de cette journée, justement ? Pourquoi sommes-nous ici ? Comment faut-il comprendre ces sacres ?

Ces sacres sont un événement clivant, devant lequel il est impossible de rester indifférent. Qu'est-ce que cela signifie pour nous ?

Tout d'abord, cette cérémonie doit être une manifestation de foi. C'est très important.

Nous ne choisissons pas ce qu'il faut croire ou ne pas croire, nous ne pouvons pas modifier, réinterpréter, reconsidérer, nous ne pouvons pas le faire. Simplement, nous avons le devoir de garder la foi que l'Église a toujours enseignée, nous devons l'aimer, nous devons en vivre et nous devons la transmettre.

Si vraiment on aime Notre-Seigneur, nous avons le devoir de partager ces biens qui nous viennent tout d'abord par la foi. Celui qui n'a pas ce désir de transmettre la foi, c'est le signe que lui-même ne vit plus de la foi. Plus la foi est attaquée, plus elle disparaît, plus ce devoir est pressant, parce que, sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu, il est impossible de bien vivre, il est impossible de se sauver. Et nous prenons aujourd'hui des moyens exceptionnels, proportionnés à cette nécessité.

Un faux dilemme : la foi ou l'Église
Alors, certains pourraient considérer que nous sommes devant un dilemme. Nous choisissons la foi intégrale, mais nous nous séparons de l'Église. Nous serions en train de choisir entre la foi et l'Église. Pour garder la foi, est-ce que nous sommes en train de rompre avec l'Église ?

C'est un faux dilemme.

On appartient à l'Église d'abord par la foi, par la profession intégrale de la foi, par la profession intégrale de la foi de l'Église. De même qu'on appartient à une nation parce qu'on parle la même langue, qu'on partage la même identité, la même culture ; de même qu'on appartient à une famille parce qu'on porte le même nom, qu'on vit dans la même maison ; de même, on appartient à l'Église parce qu'on professe la même foi.

C'est donc un faux dilemme dans lequel nous ne pouvons pas rentrer, parce que nous ne pouvons pas choisir entre la foi et l'Église, personne ne peut choisir. Nous voulons la foi de l'Église pour rester dans l'Église. Nous voulons l'Église par la foi, dans la foi.

C'est très important de comprendre cela, même si, en face de nous, ils ne veulent pas le comprendre. Tout cela, ce n'est pas une opinion, ce n'est pas une sensibilité, une option : c'est une nécessité.

On nous accuse de ne pas aimer le pape, on nous accuse de ne pas le respecter. Mais c'est parce que nous aimons le pape, sincèrement, comme Vicaire du Christ, comme chef de l'Église, que nous ne voulons plus voir le pape humilié à côté de faux pasteurs, représentants de fausses religions. Combien de fois l'avons-nous vu pendant toutes ces années ?

C'est parce que nous aimons le Vicaire du Christ que nous ne voulons plus cette humiliation pour le pape, humiliation qui retombe sur toute l'Église, traitée sur un pied d'égalité avec les fausses religions.

Nous parlons le langage de la foi
Mais alors, nous l'avons expliqué plusieurs fois, tout cela. Nous l'avons expliqué presque dans toutes les langues qui existent sur la face de la terre.

Pourquoi ne sommes-nous pas compris ? Pourquoi, au fond, parlons-nous des langages différents ?

Nous parlons le langage de la foi, nous voulons la foi dans toute sa simplicité, ce n'est pas compliqué. Le Credo n'est pas compliqué, la profession que les futurs évêques viennent de faire, elle n'est pas compliquée, tout le monde peut la comprendre.

Nous parlons le langage de la foi, le langage de la Tradition. Et, en face, nous avons affaire à un langage qui se situe à un autre niveau, qui parle d'autres choses. C'est le langage de l'inclusion, de l'écoute, du dialogue, de l'accompagnement.

Nous voulons la foi. Et après, dans la foi, nous accompagnons les gens. Nous écoutons les gens dans la foi, pour les amener à la foi et pour les convertir.

Pour les convertir, il faut arrêter de parler pour parler, pour accompagner, ça suffit, Ce n'est pas de cela que les hommes ont besoin. Les hommes ont besoin de Notre-Seigneur, et Notre-Seigneur, on le connaît, on y arrive par la foi, et par la foi catholique intégrale, il n'y en a qu'une.

Voilà pourquoi il y a cette difficulté à s'entendre. Nous parlons malheureusement des langages différents, et des langages qui, avec le temps, deviennent de plus en plus, malheureusement, loin l'un de l'autre.

La loi suprême de Dieu : le salut des âmes
Nous vivons ces sacres aussi dans l'espérance.

Nous ne les vivons pas dans la polémique, ni dans la tension, ni dans l'amertume, ni dans le ressentiment. Nous vivons ces sacres dans la joie et dans l'espérance.

Pourquoi ?

En 1988, ceux qui condamnaient la Fraternité prévoyaient sa dissolution. La Providence avait un autre projet. Pourquoi la Providence avait-elle un autre projet ? Votre présence ici aujourd'hui le manifeste. Dieu ne nous a pas abandonnés et Dieu ne va pas nous abandonner. Toutes ces années l'ont montré, et ces sacres le montrent encore.

Mais pourquoi Dieu ne peut-il pas nous abandonner ?

La réponse est très simple. Dieu n'a qu'une idée, n'a qu'un désir, n'a qu'une volonté : c'est de sauver les âmes. S'il y a quelqu'un qui applique à la lettre le principe selon lequel la loi suprême est le salut des âmes, c'est Dieu lui-même. C'est sa loi, et il l'applique à la lettre, toujours.

C'est pour cela que, contre toute imagination, toute prévision humaine, pour sauver les âmes, il a envoyé son Fils. Il a demandé à son Fils de s'incarner et de mourir sur la Croix.

Pourquoi ?

Parce que la loi suprême, la loi de Dieu, est le salut des âmes. C'est pour cela que Dieu ne nous a pas abandonnés et ne va pas nous abandonner, il nous fournira toujours des moyens proportionnés à nos besoins.

Si l'œuvre de la Rédemption peut connaître des obstacles de la part des hommes, jamais elle ne connaîtra d'obstacles de la part de Dieu. Mais plus l'on souffre, plus l'on lutte, plus on essaie de lui être fidèle, plus il est avec nous, il nous le manifeste.

Nous chancelons parfois, nous pouvons avoir des doutes, nous pouvons connaître des découragements. Mais les promesses de Notre-Seigneur sont toutes infaillibles, il les garde toujours. Et aujourd'hui, il nous en donne une preuve.

Si nous continuons à chercher la volonté de Dieu, le bien des âmes, coûte que coûte, rien, jamais, ne nous manquera.

Servir l'Église comme une mère
Mais surtout, ces sacres doivent être compris, vécus, dans un esprit de charité : charité envers les âmes, et charité surtout envers l'Église. Plus les âmes sont déboussolées, désorientées, plus nous devons les chercher, nous devons les soutenir.

Plus l'Église est bafouée, plus l'éclat de sa divinité est obscurci, plus nous devons l'aimer, nous devons la servir, et nous devons être prêts à payer n'importe quel prix pour servir l'Église.

Le plus grand des sacrifices que Dieu puisse nous demander est celui d'être traités comme des rebelles, alors que nous voulons servir et aimer l'Église comme une mère. Quel sacrifice que Dieu nous demande d'être traités comme des rebelles, considérés comme des rebelles !

Nous voulons la servir comme une mère. Une mère en difficulté, accablée, souffrante ; une mère parfois trahie aussi ; une mère qui a besoin, et qui mérite qu'on l'aide, que l'on fasse quelque chose au nom de tout ce qu'elle nous a donné.

Tout ce que nous avons reçu, nous l'avons reçu par l'Église, dans l'Église. La foi que nous voulons témoigner aujourd'hui et de laquelle nous voulons vivre, elle nous vient de l'Église.

C'est au nom de ce que nous avons reçu d'elle, et c'est au nom de ce qu'elle est, l'Épouse du Christ, son Corps mystique, c'est au nom de tout cela que nous devons faire le possible, le plus possible, pour l'aider et la soutenir.

Pourrions-nous rester indifférents, sans rien faire ? « Ce n'est pas notre problème » ? On ne nous demande pas cela. La Fraternité peut-elle rester indifférente ? Non. Ce serait trahir l'Église, ce serait manquer à la charité, nous ne pouvons pas le faire.

Le Très Précieux Sang, remède unique
Il y aura des questions, et la fête d'aujourd'hui, la fête du Très Précieux Sang, providentiellement, exprime et résume parfaitement la signification de ces sacres. Elle nous permet, cette fête, de tout reconduire à un seul point : le Sang de Notre-Seigneur, le Très Précieux Sang de Notre-Seigneur.

Qui ne connaît pas le Très Précieux Sang de Notre-Seigneur, qui ne l'aime pas, qui ne l'adore pas, ne connaît pas Notre-Seigneur, ne connaît pas la Rédemption. Et qui ne connaît pas Notre-Seigneur ne connaît rien, n'a rien compris.

Le Très Précieux Sang est le remède unique, le seul, le premier et le dernier, à tous les maux qui affligent l'humanité.

Pourquoi ?

Parce que tous les maux viennent du péché, et le remède au péché est le Très Précieux Sang de Notre-Seigneur.

L'exaltation de l'homme
Tous les maux viennent du péché, et d'un péché en particulier sur lequel j'attire votre attention. Ce péché est toujours le même, depuis le commencement de l'humanité jusqu'à aujourd'hui : c'est l'exaltation de l'homme. On est saturé, on sature littéralement de cette exaltation de l'homme, partout.

L'homme qui est toute merveille, l'homme qui est parfait, l'homme qui est étonnant, l'homme qui aurait une dignité infinie… Eh bien, tout cela pousse, en réalité, à l'orgueil. Et, à long terme, cela pousse au mépris de Dieu et à l'apostasie, à l'apostasie silencieuse. Elle vient de là.

Et plus on exalte l'homme d'une façon folle, fanatique, plus, en définitive, on l'éloigne de Dieu, et on l'éloigne de sa perfection et de son vrai bien, c'est un désastre. L'homme, plein de droits, plein de soi, incapable de se tourner vers Dieu, incapable de reconnaître qu'il est blessé par le péché et qu'il a besoin de la Rédemption. Il a besoin de Notre-Seigneur, il a besoin de son Très Précieux Sang.

C'est ça, le grand mal d'aujourd'hui, de toute l'histoire : le mal qui englobe tous les autres. Cette peste, c'est un fléau, c'est une idée obsessionnelle qui pénètre, il faut le reconnaître, qui pénètre en profondeur même dans l'Église. Cette peste rend aveugles, elle paralyse les âmes. Ce n'est pas cela qui ramène les âmes à Dieu.

Prêcher la sagesse de la Croix
Eh bien, nous voulons faire quelque chose par ces sacres, nous voulons continuer à prêcher le Très Précieux Sang de Notre-Seigneur, et nous voulons continuer, d'une certaine manière, à le répandre sur les âmes.

C'est dans ce Sang que Notre-Seigneur fonde son Église, la Nouvelle et Éternelle Alliance, il n'y en a qu'une. Celui qui pense qu'il y en a deux, ou qu'il y en a trois, en réalité ne croit plus dans la valeur infinie et unique du Sang de Notre-Seigneur.

En parlant de la valeur du Très Précieux Sang de Notre-Seigneur, nous ne pouvons pas oublier d'où il vient. Il a été formé, produit, fourni dans le sang très pur de Notre-Dame, c'est Notre-Dame qui fournit au Verbe intégralement son humanité, c'est dans son sang très pur, immaculé, que se forme, au moment de l'Incarnation, le Sang de Notre-Seigneur, c'est elle qui l'offre avec Notre-Seigneur pour notre rachat.

C'est elle qui l'offre, c'est elle la première qui le voit sortir des plaies de Notre-Seigneur, elle le voit couler sous le bois de la Croix, c'est elle qui le recueille au pied de la Croix, c'est elle qui le garde encore aujourd'hui à l'autel, c'est elle qui, à la messe, répand les grâces sur les âmes, c'est elle qui en saisit complètement la valeur, et toujours à côté de Notre-Seigneur.

Quel mystère ! Quel mystère, cette association de Notre-Dame à son divin Fils, toujours à son côté !

Voyez comme toute notre foi, notre religion, notre amour tournent autour du Sang de Notre-Seigneur, car tout tourne autour de la Croix.

Voilà, chers confrères qui allez être revêtus de la plénitude du sacerdoce dans quelques instants, de la plénitude du sacerdoce de Notre-Seigneur, voilà, en quelques mots, ce qu'il va falloir défendre, ce qu'il va falloir prêcher.

Quel honneur, et quelle responsabilité !

Prêcher la Rédemption par la parole, et la répandre par les sacrements, prêcher la sagesse de la Croix : scandale pour les Juifs et folie pour les païens. Folie, surtout aujourd'hui, pour un monde apostat qui ne peut pas comprendre, qui ne veut pas comprendre.

Cette sagesse de la Croix, c'est le seul antidote à cet humanisme qui mène à l'indifférence, à l'apostasie. Cet humanisme, vous devez toujours l'avoir dans le collimateur.

Comme des agneaux au milieu des loups
Et quel conseil peut-on vous donner ?

C'est tellement délicat, tellement important, tellement grand, votre mission, ce que vous allez faire, que je préfère laisser la parole à Notre-Seigneur lui-même en citant l'Évangile.

Quel conseil est-ce qu'il vous donne, Notre-Seigneur, aujourd'hui ? Quel conseil donnait Notre-Seigneur aux Apôtres quand il les envoyait prêcher ?

« Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. »

L'agneau : très belle image de Notre-Seigneur, très belle image de l'évêque.

Cela signifie que vous devez prêcher d'abord par l'innocence de votre vie, c'est l'innocence, la pureté de votre vie, de vos mœurs, qui va donner une autorité morale à tout ce que vous allez prêcher.

Être agneau signifie aussi, et surtout, la docilité parfaite, la soumission parfaite à la volonté de Dieu. De même que Notre-Seigneur est constamment soumis à la volonté de son Père, de même, vous, à un titre encore supérieur, plus grand à partir d'aujourd'hui, vous devez toujours chercher sa volonté.

L'Agneau de Dieu et le Lion de Juda
Mais n'oubliez pas une chose : Notre-Seigneur, qui est l'Agneau de Dieu, est aussi le Lion de Juda.

Comment peut-on être agneau et lion ?

C'est que Notre-Seigneur, autant il est docile à la volonté du Père, autant il ne se plie jamais devant l'esprit du monde. Devant servir le Père parfaitement, nécessairement il se heurte contre l'esprit du monde, contre l'esprit du prince de ce monde.

Et de même l'évêque : autant il est docile à la volonté de Dieu, autant il revendique constamment devant le monde les droits de Notre-Seigneur, et non pas les droits de l'homme.

Et un lion ne fuit jamais, un lion ne recule pas et surtout, un lion ne se plie pas. Ne vous pliez jamais devant cet esprit du monde, ne bougez pas, ne reculez pas, le sacre va vous donner une force irrésistible.

Dès aujourd'hui, dans le monde entier, il y a des gens qui vous observent, vous écoutent. Dans trente, quarante ans, ils devront pouvoir dire :

« Ils ne se sont pas pliés. Ils n'ont pas plié les genoux devant cet esprit du monde. Ils ont plié les genoux seulement devant Notre-Seigneur Roi. »

Voilà la plus belle chose qu'on pourra dire de vous à votre mort, le plus beau souvenir que vous puissiez laisser.

La prudence du serpent
Et Notre-Seigneur vous donne un autre conseil :

« Soyez simples comme des colombes et prudents comme des serpents. »

Pourquoi faut-il être comme des serpents ? Pourquoi un évêque doit-il être comme un serpent ?

Cela, c'est pour discerner, saisir, capter la duplicité, l'ambiguïté, la ruse qui sont dans le monde et chez les ennemis de la Croix. Vos pires ennemis ne vont pas vous attaquer frontalement, ils vont essayer de vous faire glisser graduellement dans une perception un peu plus à la page de la foi, de la vie chrétienne, des relations avec le monde, il faut le savoir.

Quand vous sentez ce danger, prenez du recul, priez, observez, prenez conseil, évaluez, restez immobiles avant de réagir, comme un serpent. Quand vous réagirez, quand le Saint-Esprit vous donnera la lumière nécessaire pour agir, faites-le et ne revenez jamais en arrière.

Voilà ce que signifie être comme un serpent : saisir la duplicité, l'ambiguïté, la ruse qui sont dans le monde, et parler, prêcher comme des colombes : simplement, sans duplicité et sans crainte, sans équivoque, sans ambiguïté. La duplicité que vous devez discerner chez les autres ne doit jamais être la vôtre.

Le glaive de la foi
Et que dit encore Jésus ? Que dit Notre-Seigneur ?

« Le frère livrera son frère, le père son enfant, et vous serez haïs de tous à cause de moi, à cause de mon nom. Ne craignez pas tout cela, car il n'y a rien de caché qui ne sera découvert, rien de secret qui ne sera connu. »

Ne craignez pas tout cela, nous dit Notre-Seigneur. Laissez-moi faire, laissez-moi juger, l'interviendrai moi-même quand il le faudra.

Il a un seul souci. Lequel ?

« Tout homme qui me reconnaîtra devant les hommes, je le reconnaîtrai moi aussi devant mon Père qui est dans les cieux. »

Tout homme qui reconnaîtra mes droits, ma divinité, mon Église, ma foi.

« Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre, mais le glaive. »

Ce sont les paroles de Notre-Seigneur qu'il vous adresse à vous en particulier.

Dans quelques instants, lorsque l'évêque consécrateur vous donnera la crosse, Notre-Seigneur vous donnera un glaive : son glaive, le glaive de l'Évangile, le glaive de la foi. C'est par la foi, et seulement par la foi, qu'on peut vaincre le monde, et le monde est déjà vaincu par la foi.

Ce glaive, à partir d'aujourd'hui, vous appartient à un titre spécial, et Dieu va vous donner une force spéciale pour le manier, pour l'utiliser à temps et à contretemps.

« L'homme aura pour ennemis les gens de sa propre maison. »

On ne peut pas être compris par tout le monde, on ne peut pas être d'accord avec tout le monde.

Est-ce que c'est une tragédie, cela ? Est-ce que c'est quelque chose d'incompréhensible ? Non. C'est la loi de l'Évangile, c'est la loi de la Croix.

Voilà les conseils que Notre-Seigneur, à travers l'Évangile, vous donne à vous aujourd'hui.

Saint Cyrille et Mgr Lefebvre
Et, avant de terminer, nous ne pouvons pas oublier aujourd'hui de vous recommander à tous ces milliers de saints évêques qui vous ont précédés dans l'histoire de l'Église.

Nous en évoquerons deux : un qui appartient à l'Antiquité chrétienne, et un qui est beaucoup plus proche de nous.

Le premier est saint Cyrille, saint Cyrille d'Alexandrie.

La liturgie dit de lui la chose la plus belle qu'on puisse dire d'un évêque : zelus fidei sollicitus. Il n'avait qu'un seul souci : c'était la pureté de la foi. Quel beau programme de vie pour un évêque ! Et il est passé à l'histoire comme le grand défenseur de la maternité divine, haï par les hérétiques.

La liturgie ajoute : propter fidem multa perpessus est. Et, à cause de cela, à cause de son souci de la foi, il a beaucoup souffert. Préparez-vous à cela, on ne peut pas défendre la foi intégralement sans souffrir.

Il était accusé de tous les crimes, même après sa mort, il n'a pas eu honte de Notre-Seigneur, il n'a pas eu honte de Notre-Dame.

Un autre évêque, qui est votre modèle, plus proche de nous, pas encore canonisé : Mgr Lefebvre, certainement.

De lui aussi on peut dire : zelus fidei sollicitus et multa perpessus. Il n'avait qu'un seul souci : c'était la foi et, pour cela, il a beaucoup souffert.

Cette foi, il a bien vu comme elle se résume dans la sainte Messe, dans la défense de la sainte Messe, du Très Précieux Sang de Notre-Seigneur. Quelle sagesse !

Comment a-t-il pu, il y a tant d'années, saisir les causes de la crise avec une telle clarté, une telle clairvoyance, une telle force ?

C'est la sagesse de la Croix, la croix qu'il a portée a été la source de sa sagesse. Aujourd'hui, plus que jamais, son esprit est parmi nous, il nous encourage, il prie pour nous, il prie pour vous en particulier, il nous indique le chemin à suivre, guidé par cette sagesse de la Croix.

« Mais le disciple n'est pas supérieur à son maître, il suffit au disciple d'être traité comme son maître. »

Ce sont toujours les paroles de Notre-Seigneur. Or, il y a trente-huit ans, ils ont condamné un saint.

Réjouissez-vous et tressaillez de joie
Faut-il s'attendre à autre chose ? Faut-il avoir peur ? Faut-il s'affoler ?

La question est tellement importante que je laisse encore la parole à Notre-Seigneur lui-même, c'est lui qui vous répond :

« Heureux êtes-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toutes sortes de mal contre vous à cause de moi, à cause de ma royauté, à cause de mes droits, à cause de ma loi, à cause de ma foi, à cause de mes commandements.

Réjouissez-vous, tressaillez de joie, parce que votre récompense est grande dans les cieux. »


Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

Ainsi soit-il.


L’Explication pour « Comprendre la Liturgie des Sacres Épiscopaux » de l’Abbé Bernard Jouannic :


Voici l’excellente explication pour « Comprendre la Liturgie des Sacres Épiscopaux » donnée par Monsieur l’Abbé Bernard Jouannic avec des images des Sacres d'Évêques en 1988 par Mgr Marcel Lefebvre afin d’essayer de mieux comprendre la Cérémonie elle-même, mieux saisir sa richesse et ainsi mieux comprendre ce que l'Église attend d'un Évêque et mieux profiter spirituellement de cette grande Liturgie de la sainte Tradition de l'Église Catholique de Toujours.




00:00 — Introduction
00:43 — Une Liturgie très ancienne, ancrée dans la Tradition
01:58 — La matière et la forme de la Consécration Épiscopale
02:35 — Le déroulement général de la Cérémonie
03:57 — La Procession d'entrée et l’examen des Élus
05:12 — Le début de la Messe
06:12 — Litanie des Saints
07:50 — Imposition des mains
08:27 — Préface consécratoire
09:28 — Onction de la tête
10:15 — Fin de la préface consécratoire
11:04 — Onction des mains
12:23 — Remise des insignes
13:23 — Offrandes
13:48 — Suite et fin de la Messe
14:24 — Intronisation et acclamation

Introduction
Le 1er juillet prochain auront lieu à Écône les Consécrations Épiscopales de Quatre Évêques pour la FSSPX.
Mais si les Abbés Pascal Schreiber, Michael Goldade, Michel de Sivry et Marc Hanappier recevront la plénitude du Sacrement de l'Ordre, dans cette vidéo, nous ne reviendrons pas sur les graves raisons qui autorisent cet acte.
De solides études ont déjà été publiées sur le sujet.

Notre but est ici plus simple : essayer de mieux comprendre la Cérémonie elle-même, mieux saisir sa richesse et ainsi mieux comprendre ce que l'Église attend d'un Évêque et mieux profiter spirituellement de cette grande Liturgie.

Alors voyons ensemble comment se déroule un Sacre Épiscopal selon la Tradition de l'Église.

Une Liturgie très ancienne, ancrée dans la Tradition
La Cérémonie du Sacre Épiscopal est décrite dans un livre liturgique appelé le Pontifical.
C'est le livre qui contient tous les Sacrements, Consécrations et Bénédictions réservés à l'Évêque.

La Liturgie que nous connaissons aujourd'hui, du moins dans le Pontifical traditionnel, est le fruit d'une très longue maturation.
Comme toute la Liturgie Catholique, elle s'est développée progressivement à travers les siècles sous la conduite de l'Esprit-Saint et de la sagesse de l'Église.

L'élément essentiel du Sacre, l'imposition des mains accompagnée d'une prière, remonte directement aux Apôtres.

Dans les Actes des Apôtres, au chapitre 13, on lit probablement une allusion à cette Consécration :
« Séparez-moi Barnabé et Paul pour l'œuvre à laquelle je les destine. »
Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains et les envoyèrent en mission.

Saint Paul rappelle également à Timothée et à Tite la Grâce qu'ils ont reçue par l'imposition des mains.

Puis, dès l'Antiquité, et plus encore au Moyen Âge, l'Église a entouré ce rite essentiel de nombreuses cérémonies secondaires.
Peu à peu, ces cérémonies se développent et s'organisent jusqu'au XIIIᵉ siècle où un Pontifical romain décrit déjà une Cérémonie très proche de celle que nous connaissons aujourd'hui.

La matière et la forme de la Consécration Épiscopale
En 1947, le Pape Pie XII a voulu clarifier certains doutes qui s'étaient élevés au sujet de la matière et de la forme du Sacrement de l'Ordre.

Pour rappel, chaque Sacrement possède une matière et une forme.
La matière, c'est le geste ou l'élément concret du Sacrement, par exemple l'eau versée pour le Baptême.
La forme, ce sont les paroles prononcées.

Pie XII a donc rappelé que, pour la Consécration Épiscopale, la matière est l'imposition des mains par l'Évêque Consécrateur et que la forme est une phrase précise de la préface consécratoire que nous verrons tout à l'heure.

Le déroulement général de la Cérémonie

Comme toutes les Ordinations, le Sacre des Évêques a lieu pendant la Messe.
Cela manifeste le lien très profond entre le Sacerdoce et le Saint-Sacrifice.
Toute la Messe est concélébrée par le Consécrateur et les Consacrés.

Dans la Cérémonie des Ordinations Sacerdotales, la concélébration commence seulement après l'ordination effective, c'est-à-dire lorsque les candidats sont réellement Prêtres.
Ici, comme les futurs Évêques sont déjà Prêtres, ils concélèbrent dès le début de la Messe.

Concrètement, la Cérémonie se déroule en plusieurs grandes étapes.

D'abord, avant même le début de la Messe, a lieu l'examen des futurs Évêques qu'on appelle encore à ce moment-là les Évêques Élus.
Puis, après le Graduel, vient la Consécration Épiscopale elle-même, précédée des Litanies des Saints, comme dans toutes les Ordinations à partir du Sous-Diaconat.
La Messe continue ensuite jusqu'à l'offertoire, où les nouveaux Évêques apportent des offrandes.
Et enfin, après la Bénédiction finale, ont lieu plusieurs cérémonies complémentaires.

Traditionnellement, les Évêques Élus sont assistés de deux autres Évêques qui jouent un rôle de co-consécrateurs et de parrains liturgiques.
C'est une coutume qui remonte au moins au Concile de Nicée, en 325.
Cependant, Pie XII rappelait que cela n'était pas nécessaire à la validité du Sacrement et que certaines circonstances particulières permettaient de s'en dispenser.

La Procession d'entrée et l’examen des Élus
Après la Procession d'entrée commence une Cérémonie très ancienne : l'examen des Élus afin de vérifier leur idonéité.
Pendant longtemps, cette Cérémonie était même séparée du Sacre lui-même.

Durant le haut Moyen Âge, lorsqu'un Évêque était élu en Italie, où les diocèses entretenaient une dépendance plus forte vis-à-vis du Siège apostolique, le Prêtre élu par le clergé et le peuple de son diocèse devait se rendre à Rome avec quelques notables.

Cette délégation présentait au Pape le procès-verbal de l'élection et demandait son approbation ainsi que l'Ordination du candidat.
Le Pape examinait alors le dossier, enquêtait sur les qualités de l'Élu et le consacrait généralement le dimanche suivant.

C'est de cette ancienne pratique que vient le Rite conservé aujourd'hui.
Dans le chœur, les Évêques Élus prennent place, revêtus de la chape, face au maître-autel.
À la demande du Consécrateur, on lit alors le mandat pontifical.
Les Élus prêtent ensuite un serment de fidélité au Saint-Siège.

Puis le Consécrateur leur pose plusieurs questions afin de vérifier leur orthodoxie doctrinale, leur intention droite et leur résolution à vivre les vertus propres à l'Épiscopat.

Le début de la Messe
Une fois cette Cérémonie terminée, la Messe commence avec les prières au bas de l'autel que le Consécrateur et les Élus récitent au maître-autel.

Puis les Évêques Élus se rendent à un autel latéral préparé pour eux.
C'est là qu'ils réciteront les prières de la Messe jusqu'au moment où ils deviendront effectivement Évêques et rejoindront ensuite le maître-autel pour concélébrer à cet autel latéral.
Ils quittent la chape, reçoivent leur Croix pectorale.

Ils modifient aussi la position de leur étole.
Jusque-là portée croisée à la manière des Prêtres, elle est désormais laissée pendante de chaque côté, à la manière des Évêques.

Ensuite, ils revêtent les tunicelles, des ornements allégés rappelant ceux du Diacre et du Sous-Diacre.
C'est un symbole de la plénitude du Sacrement de l'Ordre qu'ils vont recevoir.

Ils récitent alors sur leur autel latéral les premières prières de la Messe jusqu'au Graduel.

Litanie des Saints
Après le Graduel, le Consécrateur prononce l'homélie.
Puis les Évêques Élus viennent s'asseoir face à l'autel.

Le Consécrateur leur adresse alors un bref avertissement leur rappelant leur rôle :
« L’Évêque doit juger, interpréter, consacrer, ordonner, offrir, baptiser et confirmer. »

Puis il invite toute l'assistance des fidèles à prier.
Les Élus se prosternent alors pendant que l'on chante les Litanies des Saints.

Ce geste exprime une profonde adoration et une totale dépendance envers Dieu.
Cet usage remonte au moins au VIIᵉ siècle.

À la fin des Litanies, le Consécrateur bénit les Élus qui sont toujours prosternés.

Imposition des mains
On arrive maintenant au cœur même de la Cérémonie.

Selon un rite venu d'Orient et remontant au moins au Vᵉ siècle, on impose d'abord le Livre des Évangiles sur les épaules des Élus.
Cela rappelle cette parole d'Isaïe :
« L'Esprit du Seigneur est sur moi. »
On maintiendra ce Livre sur leurs épaules jusqu'après l'onction des mains.

Puis vient l'imposition des mains par les Consécrateurs.
C'est cela qui constitue la matière du Sacrement.
Mais attention, les paroles prononcées à ce moment-là ne sont pas encore la forme sacramentelle qui, elle, sera prononcée un peu plus tard.

Préface consécratoire
L'Évêque Consécrateur chante alors cette grande prière de la Préface consécratoire, très ancienne, datant probablement du Vᵉ siècle.
Elle commence par le dialogue solennel que l'on connaît à la Messe avant le Canon.
Dans sa première partie, elle compare les vêtements du Grand Prêtre dans l'Ancien Testament aux vertus que doit posséder l'Évêque.

Puis vient la phrase essentielle du Sacrement, récitée par tous les Évêques Consécrateurs :

Comple in sacerdote tuo ministerii tui summam, et ornamentis totius glorificationis instructum, caelestis unguenti rore sanctifica.

« Remplissez votre Prêtre de la plénitude de votre Ministère et, l'ayant revêtu de tous les ornements de votre gloire, sanctifiez-le par la rosée de votre Onction céleste. »

C'est précisément à cet instant que les Élus deviennent Évêques.

Onction de la tête
Pendant que la schola chante le Veni Creator, le Consécrateur oint alors la tête des nouveaux Évêques avec le Saint-Chrême.
Cette onction représente l'effusion du Saint-Esprit.

Le Consécrateur dit :
« Que, par la Bénédiction céleste, votre tête soit consacrée et ointe dans l'ordre des Pontifes. »

Ce Rite semble remonter au VIIIᵉ siècle et rappelle le Sacre des rois.
Pour éviter que le Saint-Chrême ne coule, on entoure la tête des nouveaux Évêques avec un linge appelé purificatoire.

Fin de la Préface consécratoire
Après l'onction de la tête, le Consécrateur poursuit la Préface consécratoire.
C'est un texte magnifique dans lequel l'Église dresse le portrait du saint Évêque tel qu'elle le désire et le demande à Dieu.

Elle demande :
« Qu'il soit ce serviteur fidèle et prudent établi par Vous, Seigneur, sur votre famille, pour lui distribuer la nourriture au temps opportun, et rendre tous les hommes parfaits.
Qu'infatigable au dehors, il conserve en lui la ferveur de l'esprit ; qu'il haïsse l'orgueil, qu'il aime l'humilité et la vérité, ne la trahissant jamais, sous le choc des louanges ou de la crainte.
Qu'il ne fasse pas des ténèbres de la lumière, et de la lumière des ténèbres.
Qu'il n'appelle pas bien le mal, ni mal le bien.
Qu'il soit au service des sages et des insensés, des savants et des ignorants, afin qu'il fasse du fruit par le progrès de tous »

Voir la Prière pour les Quatre futurs Évêques de la FSSPX sacrés le 1er juillet 2026

Onction des mains
Après une antienne grégorienne évoquant l'huile descendant sur la barbe d'Aaron, le Consécrateur oint les mains des nouveaux Évêques avec le Saint-Chrême.

« Que le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui a bien voulu vous élever à la dignité de l'Épiscopat, vous imprègne de son chrême et de la liqueur de son onction mystérieuse.
Qu'Il vous donne la fécondité spirituelle par l'abondance de ses bénédictions.
Que tout ce que vous bénirez soit béni.
Que tout ce que vous sanctifierez soit sanctifié, et que l'imposition de vos mains consacrées contribue au Salut de tous »


Comme leurs mains devront rester jointes à plat pendant les rites suivants, on les soutient avec une bande de toile.

Remise des insignes
Puis les nouveaux Évêques reçoivent les premiers insignes de leur charge.

Selon un Rite attesté dès le Xᵉ siècle, le Consécrateur remet alors la crosse, symbole de l'autorité et du soutien de la faiblesse humaine.

Une ancienne prière disait autrefois lors de la transmission de la crosse :
« Recevez la crosse, signe du gouvernement sacré, afin que vous affermissiez les faibles, confirmiez ceux qui titubent, corrigiez les vicieux et dirigiez les bons sur la voie du Salut éternel, et que vous ayez le pouvoir d'élever les dignes et de corriger les indignes avec l'aide de Notre-Seigneur. »

Le Consécrateur remet ensuite l'anneau épiscopal, symbole de fidélité inviolable envers l'Église, Épouse de Dieu.

Enfin, il retire le Livre des Évangiles posé ouvert sur les épaules des nouveaux Évêques, leur fait toucher avec leurs mains, puis leur donne le baiser de paix.

Avant de reprendre le cours de la Messe, on purifie ensuite les mains et la tête des nouveaux Évêques, qui ont rejoint leur autel latéral.

Offrandes
Après le chant de l'Évangile par le diacre et du Credo, les nouveaux Évêques offrent à leur Consécrateur deux cierges allumés, deux pains et deux barils de vin.
Ce Rite remonte au XIIᵉ siècle.

Le pain et le vin rappellent évidemment la matière du Sacrifice Eucharistique.
Le nouvel Évêque s'offre ainsi lui-même comme illuminateur et comme Prêtre du peuple Chrétien.

Suite et fin de la Messe
Pendant le reste de la Messe, les nouveaux Évêques concélèbrent sur le côté du maître-autel avec leur Consécrateur.
Ils prononcent avec lui toutes les prières de la Messe, particulièrement celles de la Consécration.

La prière du Hanc Igitur, juste avant la Consécration, est modifiée afin d'orienter spécialement la prière de l'Église vers les nouveaux Évêques.

Après l'Agnus Dei, ils reçoivent la paix de leur Consécrateur puis la transmettent aux Évêques assistants.

Au moment de la Communion, le Consécrateur ne communie qu'avec la moitié de la grande hostie et partage l'autre moitié qu'il donne aux nouveaux Évêques.
De même, ils communient tous dans le même calice.

Intronisation et acclamation
Après la Bénédiction finale de la Messe ont lieu les derniers rites secondaires de la Cérémonie.
Ce sont aussi les plus tardifs puisqu'ils remontent au XIIIᵉ siècle.

Le Consécrateur impose d'abord la mitre aux nouveaux Évêques.
Il demande alors à Dieu qu'ils apparaissent terribles aux adversaires de la Vérité par la force des deux Testaments.

Il leur remet ensuite les gants épiscopaux.
Les mains symbolisant l'action, ces gants représentent la pureté d'intention que doit garder l'Évêque dans tout son agir.

Vient ensuite l'intronisation.
Le Consécrateur et les Évêques assistants conduisent les nouveaux Évêques par les mains et les placent sur le fauteuil situé devant l'autel.

Puis le Consécrateur entonne le grand chant d'action de grâce du Te Deum.
Pendant le chant, les nouveaux Évêques parcourent la foule pour la bénir.
Enfin, de retour dans le chœur, ils donnent leur première Bénédiction pontificale.

Et la Cérémonie se conclut par un signe de reconnaissance.
Les nouveaux Évêques saluent à trois reprises leur Consécrateur avec trois génuflexions en lui souhaitant une longue vie.


Le « Communiqué de la Maison générale à l’issue des Consécrations Épiscopales » de l'Abbé Davide Pagliarani :



En ce 1er juillet 2026, Fête du Très Précieux Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ, au Séminaire Saint-Pie X d’Écône, en Suisse, en présence de M. l’Abbé Davide Pagliarani, Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, et d’un très grand concours de Prêtres, Religieux, Religieuses et Fidèles, S. Exc. Mgr Alfonso de Galarreta, assisté de S. Exc. Mgr Bernard Fellay, a conféré la Consécration Épiscopale à Mgr Pascal Schreiber, Mgr Michael Goldade, Mgr Michel Poinsinet de Sivry et Mgr Marc Hanappier, pour être Évêques auxiliaires de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, sans juridiction.

La Fraternité regrette sincèrement qu’en raison des circonstances exceptionnelles, ces Consécrations aient dû être conférées sans l’autorisation du Saint-Père.
Elle regrette tout particulièrement que le Supérieur général de la Fraternité ne se soit pas vu accorder la possibilité de rencontrer personnellement Sa Sainteté le pape Léon XIV, afin de lui exposer filialement les motifs graves qui rendaient cette Cérémonie nécessaire.

La joie profonde qu’inspirent ces Consécrations Épiscopales ne saurait cependant être assombrie.
En garantissant les moyens nécessaires à la préservation de l’héritage sacré de la Tradition, le don de ces quatre nouveaux Évêques constitue véritablement une très grande Grâce pour la Fraternité elle-même et pour toute l’Église.

La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X s’en réjouit profondément et fait monter vers Dieu une fervente action de grâces, remerciant tout particulièrement la très sainte Vierge Marie d’avoir permis cette transmission de la plénitude du Sacerdoce, pour la plus grande gloire de Dieu, l’honneur de la Sainte Église et le Salut des âmes.

Écône, le 1er juillet 2026


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À propos des Sacres Épiscopaux du 1er juillet 2026 de la FSSPX :
- L'annonce en 2024 de la FSSPX : Nouveaux Évêques sans Mandat Pontifical
- Le Communiqué sur les « Nouvelles Consécrations Épiscopales de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X » le 1er juillet 2026 de l’Abbé Davide Pagliarani
- La « Déclaration de Foi Catholique » adressée à Léon XIV par l’Abbé Davide Pagliarani
- La « Profession de Foi Catholique de la FSSPX » pour éclairer les âmes face aux principales erreurs modernes
- La « Préparation des cœurs aux Consécrations Épiscopales 2026 de la FSSPX » de l’Abbé Davide Pagliarani
- La Prière pour les « Quatre futurs Évêques de la FSSPX » à réciter du 8 mai au 1er juillet 2026
- Le Pèlerinage de Pentecôte Chartres-Paris 2026 de la Tradition « Envoyez des ouvriers à votre moisson ! » du samedi 23 au lundi 25 mai 2026
- Les « Noms des Quatre futurs Évêques de la FSSPX » Sacrés le 1er juillet 2026 à Écône
- Le « Site Internet Officiel » des Sacres Épiscopaux 2026 de la FSSPX
- Le Film « TRADITIO » pour l'amour de l'Église de la FSSPX
- Le Sermon sur l’Excommunication « Tous ceux qui veulent vivre pieusement pour notre Seigneur souffriront la persécution » de Mgr Bernard Fellay
- Le Sermon « Et si Mgr Lefebvre n’avait rien fait... » de l’Abbé Guillaume d’Orsanne
- Le Sermon sur « La Prudence et les Sacres » de l’Abbé Gabriel Billecocq
- Le Sermon sur le « Devoir de résistance de la FSSPX » de l’Abbé Renaud de Sainte Marie
- Le Sermon « Rome est-elle plus à l'aise avec l'Hérésie qu'avec la Tradition ? » de l’Abbé Pablo Bianchetti
- Le Sermon à dix jours des Sacres Épiscopaux de la FSSPX « Serons-nous excommuniés ? » de l’Abbé Denis Puga
- L’Explication pour mieux « Comprendre la Liturgie des Sacres Épiscopaux » de l’Abbé Bernard Jouannic
- La Vidéo de la « Cérémonie des Sacres Épiscopaux 2026 de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X » à Écône le 1er juillet
- La triste Sentence des « Excommunications des 6 Évêques, 733 Prêtres et plus de 600 000 Fidèles de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X » prononcée par le Préfet Tucho du Pape Léon XIV