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La Prière de M. l'abbé Pierre-Joseph César Bulo vers Dieu pendant les insomnies si pénibles d'une nuit toujours si longue quand elle a la souffrance pour inséparable compagne « Mon Dieu, je suis saisi de crainte à l'entrée de cette nuit » :

« Mon Dieu, je suis saisi de crainte à l'entrée de cette nuit qui sera pour moi la pénible continuation de mes grandes souffrances ; je dois m'attendre à ce que mes paupières ne se fermeront pas pour me laisser goûter le bienfaisant sommeil qui me serait si nécessaire pour ranimer mes forces épuisées. Qui veillera auprès de moi pour verser quelque consolation sur mon âme affligée ? Qui me tiendra compagnie pendant que tout dormira autour de moi et semblera me délaisser ? Ce sera Vous, mon bon Père ! Qui prêtera une oreille compatissante aux gémissements que m'arracheront mes douleurs ? Vous encore, ô le Meilleur de mes amis ! Qui apportera quelque adoucissement à mes maux ? Toujours Vous, charitable et puissant Médecin de nos corps comme de nos âmes, oui, toujours Vous ! A cette douce pensée je reprends courage, car je sens déjà en moi la salutaire opération de votre Grâce ; non, Vous ne m'avez pas oublié dans ma détresse, je ne serai pas seul avec moi-même et mes douleurs : je Vous remercie de tant de bonté, et me confie entièrement en Votre paternelle sollicitude ; vous allégerez par pitié le pesant fardeau de ma croix, car Vous daignerez en prendre sur Vous la plus lourde partie par Votre assistance. Je voudrais cependant, ô Jésus, être plus généreux et plus fort pour la porter seul par amour et par reconnaissance pour Vous qui avez bien voulu subir autrefois Vous-même, pour mon salut éternel, la plus cruelle, la plus horrible des nuits : en comparaison de ces longues heures où la méchanceté des hommes et de l'enfer Vous a abreuvé des plus sanglants outrages, la nuit qui commence, ne sera encore pour moi, malgré tous mes maux, qu'une sorte de rafraîchissement et de douceur ; car je ne serai pas encore puni en proportion de mes iniquités. Loin donc de mes lèvres toute plainte, tout murmure ; je Vous offre tout ce que je souffre en esprit d'expiation pour la multitude des offenses que j'ai commises contre Vous : seulement alors que l'intensité de mon supplice menacera de vaincre ma volonté de Vous rester parfaitement soumis, veuillez me faire sentir la toute puissante Vertu de votre Secours, afin que, remportant la victoire sur les révoltes de ma mauvaise nature, je puisse mériter de Vous entendre m'adresser au fond de mon âme ces réjouissantes Paroles : « Ayez confiance, mon fils : vous êtes le béni de mon Père.... je serai votre Récompense très-grande »

Ainsi soit-il.


Abbé Pierre-Joseph César Bulo (1818-1871) - « Le Chrétien souffrant » dirigé et sanctifié dans la maladie et les infirmités ; Manuel d'instructions, de prières et de lectures pieuses dans ces heures d'épreuves, pages 108-111, chez H. Dessain, 1866


Voir également de l’Abbé Pierre-Joseph César Bulo :
- La Prière du matin pour une personne malade de M. l'abbé Bulo « Seigneur, je Vous offre toutes mes souffrances dès l'aube du jour »
- La Prière du soir pour une personne malade de M. l'abbé Bulo « Pendant ce jour qui finit, Seigneur, je Vous remercie de votre Secours dans mes souffrances »
- La Prière d’un malade insomniaque de M. l'abbé Pierre-Joseph César Bulo « Mon Dieu, je suis saisi de crainte à l'entrée de cette nuit »