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La Prière de Saint Bonaventure après la Communion « Comment ai-je osé m'approcher de Vous, moi qui suis une créature si vile, si souillée et si misérable ! » :

« Seigneur Dieu tout-puissant, mon Créateur et mon Sauveur, comment ai-je osé m'approcher de Vous, moi qui suis une créature si vile, si souillée et si misérable ! Vous, Seigneur, Vous êtes le Dieu des dieux, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, le Centre de tous les biens, de toute honnêteté, de toute beauté et de toute suavité ; Vous êtes une source de splendeur, un principe d'amour, un ardent brasier de charité. Etant ce que Vous êtes, Vous n'avez pas dédaigné de m'appeler à Vous, et je Vous fuis ; Vous prenez soin de moi, et je ne fais nulle attention à Vous; Vous avez toujours Vos regards sur moi, et je Vous oublie ; Vous me donnez de nombreuses récompenses, et je les méprise ; Vous m'aimez enfin, moi qui ne suis que vanité et néant, et je ne fais aucun cas de Vous qui êtes immuable et infini ! Je préfère les bassesses du monde à Votre souveraine bonté, et la créature me touche plus que le Créateur, une misère détestable que la félicité suprême, la servitude que la liberté, et tandis qu'il est écrit : « Les blessures d'un ami sont préférables aux caresses mensongères d'un ennemi » (Prov. 27, 6), je me laisse aller à préférer les blessures trompeuses de celui qui me hait, aux doux embrassements de Celui qui m'aime. Mais ne Vous souvenez, Seigneur, ni de mes péchés, ni de ceux de mes pères, mais seulement des entrailles de Votre miséricorde et des douleurs de Vos blessures. Ne regardez pas ce que j'ai fait contre Vous, mais seulement ce que Vous avez souffert pour moi ; car, Seigneur, si dans ma vie il y a bien des choses qui méritent Votre condamnation, dans la Vôtre il y en a beaucoup qui m'ont mérité le pardon et la miséricorde. Et toutefois, Seigneur, si Vous m'aimez comme Vous le faites paraître, comment Vous éloignez-Vous de moi ? Très-aimable Sauveur, que Votre crainte me soutienne, que Votre amour me donne de l'empressement, que Votre douceur me console. Ah ! Je le confesse, mon Dieu, je suis cet enfant prodigue qui ai dissipé dans la débauche, dans l'amour désordonné de moi-même et de Vos créatures, l'héritage que j'avais reçu de Vous. Mais maintenant j'ai reconnu ma misère et ma pauvreté, j'ai couru, pressé par la faim, me réfugier dans les entrailles paternelles de Votre miséricorde, et je me suis assis à Votre table céleste ; couvrez-moi des regards de Votre bonté, faites luire à mes yeux les rayons secrets de Votre grâce, et rendez-moi participant des fruits et des effets admirables de ce Très-Saint Sacrement. Ce Sacrement, en effet, nous donne la grâce de l'Esprit-Saint ; il efface nos péchés; il remet les dettes que nos crimes nous ont fait contracter ; il augmente en nous la dévotion ; il nous fait goûter la douceur spirituelle à sa source ; il renouvelle nos bons propos et nos désirs ; il unit enfin à l'Epoux céleste l'âme qui le reçoit au-dedans d'elle-même, et se laisse guider, conduire et défendre par son Hôte divin, à travers le chemin difficile de la vie, jusqu’au port si désiré de la gloire. Recevez donc, ô Père miséricordieux, ce fils prodigue qui, plein de confiance en Votre miséricorde, retourne à Votre demeure. Mon Père, je reconnais que j'ai péché contre Vous et que je ne mérite plus d'être appelé Votre fils, pas même Votre mercenaire ; ayez pitié de moi cependant et pardonnez-moi mes fautes. Je Vous en supplie, Seigneur, donnez-moi le vêtement de la charité, l'anneau de la foi vive, la chaussure légère de l'espérance, et faites que je marche sans hésiter dans ce chemin difficile de la vie. Que l'essaim importun des vaines pensées et des vains désirs s'en aille loin de moi ; que je Vous aime, que je Vous cherche, que je n'aime et ne cherche que Vous, mon Seigneur et mon Dieu. Que rien ne me soit doux et agréable, si ce n'est Vous seul. Que Dieu soit tout à moi et que je sois tout à Lui, de telle sorte que mon cœur ne soit plus avec Lui qu'une seule et même chose. Que je ne sache rien, que je n'aime rien, que je ne désire rien que Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié, qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »

Saint Bonaventure (1217-1274)

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Voir également de Saint Bonaventure :
La « Prière d’action de Grâce » de Saint Bonaventure et les « trois Catéchèses du Pape Benoît XVI » sur Saint Bonaventure de Bagnoregio
La Prière « Gouvernez-moi, Ô ma Reine ! » de Saint Bonaventure
La Prière Mariale « Nous Vous louons, Ô Marie ! » de Saint Bonaventure
Le « Salve Regina » de Saint Bonaventure
La Prière de Saint Bonaventure « Ô Seigneur ! De qui as-Tu besoin ? »
La Prière de Saint Bonaventure de Bagnoregio sur la dignité de l'âme « Ô mon âme, loue ton Seigneur »
La Prière de Saint Bonaventure après la Communion « Comment ai-je osé m'approcher de Vous, moi qui suis une créature si vile, si souillée et si misérable ! »
La Prière de Saint Bonaventure « Souvenez-Vous, ô très miséricordieuse Marie, des prières que nous répandons maintenant en Votre présence »
La Prière de Saint Bonaventure « Père, par Votre Fils, accordez-nous les Dons de l'Esprit Septiforme »
La Prière à « Saint Michel Archange » de Saint Bonaventure
La Prière de Saint Bonaventure à Saint Joseph « Délivrez-moi, ô Père nourricier, du Seigneur des armées »
La Prière de Saint Bonaventure « Ô mon âme, souviens-toi de la Sainte Croix »
La Prière de Saint Bonaventure « Ô très Sainte Trinité, je Vous loue, je Vous glorifie et je Vous rends grâce »
La Prière de Saint Bonaventure « Seigneur Dieu, je désire ardemment franchir le seuil de ta Maison pour admirer tes Trésors »