Sainte « Messe de la Solennité de la Fête-Dieu ou de la Fête du Très Saint Corps du Christ » (In Festo Sanctissimi Corporis Christi) :

1re classe - Ornements Blancs
Cette Messe, composée par Saint Thomas d'Aquin, est d'une grande richesse doctrinale. « Ce sont des textes qui font vibrer les cordes du cœur pour exprimer la louange et la gratitude au Très Saint-Sacrement, alors que l'intelligence, pénétrant avec émerveillement dans le Mystère, reconnaît dans l'Eucharistie la Présence vivante et véritable de Jésus, de son Sacrifice d'amour qui nous réconcilie avec le Père et nous donne le Salut » (Benoît XVI)


INTROÏT : (Psaume 80, 17)
La fleur du froment et le miel sont deux images de l'Amour et de la Douceur du Christ qui se donne à nous dans l'Eucharistie :

CIBAVIT eos ex ádipe fruménti, allelúia : et de petra, melle saturávit eos, allelúia, allelúia, allelúia.
Il les a nourris de la fleur du froment, et Il les a rassasiés du miel sorti du rocher, alléluia, alléluia, alléluia.

Ps. 80, 2 : Exsultáte Deo, adiutóri nostro : iubiláte Deo Iacob.
Ps. 80, 2 : Exultez en Dieu notre Protecteur : jubilez en l’honneur du Dieu de Jacob.

V/. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen (Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme Il était au Commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il)
Puis on répète l'antienne « CIBAVIT » . Cette façon de répéter l'Introït s'observe pendant toute l'année.


COLLECTE :
Le Saint Sacrifice de la Messe est un « mémorial » de la Passion et de l'Amour de notre Sauveur, et Il rend présent son Sacrifice sur la Croix pour nous en communiquer les fruits :
Deus, qui nobis sub Sacraménto mirábili passiónis tuæ memóriam reliquísti : tríbue, quǽsumus, ita nos Córporis et Sánguinis tui sacra mystéria venerári ; ut redemptiónis tuæ fructum in nobis iúgiter sentiámus : Qui vivis et regnas.
Dieu, Vous nous avez laissé sous un Sacrement admirable le mémorial de votre Passion : accordez-nous, nous Vous en prions, de vénérer les Mystères sacrés de votre Corps et de votre Sang ; de manière à ressentir toujours en nous le fruit de votre Rédemption.


ÉPITRE : (1. Cor. 11, 23-29)
Saint Paul nous demande instamment de nous examiner avant de nous approcher de la Sainte Table : « Le Christ veut faire en nous Sa demeure. Pour cela, il nous faut faire tout ce qui est en notre pouvoir pour Le recevoir dans un cœur pur, en retrouvant sans cesse, par le Sacrement du Pardon, la pureté que le péché a entachée. En effet le péché, surtout le péché grave, s'oppose à l'action de la Grâce Eucharistique en nous » (Benoît XVI)  :

Léctio Epístolæ beáti Pauli Apóstoli ad Corinthios
Lecture de l’Épître de Saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Fratres : Ego enim accépi a Dómino quod et trádidí vobis, quóniam Dóminus Iesus, in qua nocte tradebátur, accépit panem, et grátias agens fregit, et dixit : Accípite, et manducáte : hoc est corpus meum, quod pro vobis tradétur : hoc fácite in meam commemoratiónem. Simíliter ei cálicem, postquam cenávit, dicens : Hic calix novum Testaméntum est in meo sánguine. Hoc fácite, quotiescúmque bibétis, in meam commemoratiónem. Quotiescúmque enim manducábitis panem hunc et cálicem bibétis, mortem Dómini annuntiábitis, donec véniat. Itaque quicúmque manducáverit panem hunc vel bíberit cálicem Dómini indígne, reus erit córporis et sánguinis Dómini. Probet autem seípsum homo : et sic de pane illo e dat et de calice bibat. Qui enim mánducat et bibit indígne, iudícium sibi mánducat et bibit : non diiúdicans corpus Dómini.
Mes frères : j’ai appris du Seigneur ce que je vous ai moi-même transmis : que le Seigneur Jésus, la nuit où Il était livré, prit du pain, et après avoir rendu grâces, le rompit, et dit : Prenez et mangez ; Ceci est mon Corps, qui sera livré pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. Il prit de même le calice, après avoir soupé, en disant : Ce Calice est la Nouvelle Alliance en mon Sang ; faites ceci en mémoire de moi, toutes les fois que vous en boirez. Car toutes les fois que vous mangerez ce Pain, et que vous boirez ce Calice, vous annoncerez la Mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’Il vienne. C’est pourquoi quiconque mangera ce Pain ou boira le Calice du Seigneur indignement, sera coupable envers le Corps et le Sang du Seigneur. Que l’homme s’éprouve donc lui-même, et qu’ainsi il mange de ce Pain et boive de ce Calice. Car celui qui mange et boit indignement, mange et boit sa condamnation, ne discernant pas le Corps du Seigneur.


GRADUEL : (Psaume 144, 15-16)
« Puisque le Verbe dit : Ceci est mon Corps, donnons notre assentiment, croyons et considérons-Le de nos yeux spirituels » (Saint Jean Chrysostome)  :
Oculi ómnium in te sperant, Dómine : et tu das illis escam in témpore opportúno.
Les yeux de tous, Seigneur, espèrent tournés vers Vous : et Vous leur donnez leur nourriture, en son temps.
V/. Aperis tu manum tuam : et imples omne animal benedictióne.
V/. Vous ouvrez Votre main : et Vous comblez de Bénédiction tout ce qui a vie.


ALLÉLUIA : (Jean 6, 56-57)
Allelúia, allelúia.
V/. Caro mea vere est cibus, et sanguis meus vere est potus : qui mandúcat meam carnem et bibit meum sánguinem, in me manet et ego in eo.
V/. Ma Chair est vraiment une nourriture, et mon Sang est vraiment un breuvage ; celui qui mange ma Chair et boit mon Sang demeure en moi et moi en lui.


SÉQUENCE : « Lauda Sion Salvatorem » (Saint Thomas d’Aquin)
Cette poésie dogmatique contient toute la doctrine de l'Eucharistie. L'Eglise, la véritable Sion, chante avec enthousiasme son amour pour le Pain vivant et vivifiant.
Lauda, Sion, Salvatórem, lauda ducem et pastórem in hymnis et cánticis.
Loue, Sion, ton Sauveur, loue ton Chef et ton Pasteur, par des hymnes et des cantiques.
Quantum potes, tantum aude : quia maior omni laude, nec laudáre súffícis.
Autant que tu le peux, ose Le chanter, car Il dépasse toute louange, et tu ne suffis pas à Le louer.
Laudis thema speciális, panis vivus et vitális hódie propónitur.
Le sujet spécial de louange, c’est le Pain vivant et vivifiant, qui nous est proposé aujourd’hui.
Quem in sacræ mensa cenæ turbæ fratrum duodénæ datum non ambígitur.
Le Pain qu’au Repas de la Sainte Cène, aux douze, ses frères, Jésus donna réellement.
Sit laus plena, sit sonóra, sit iucúnda, sit decóra mentis iubilátio.
Que la louange soit pleine et vivante ; qu’elle soit joyeuse et magnifique, la jubilation de l’âme.
Dies enim sollémnis agitur, in qua mensæ prima recólitur huius institútio.
Car c’est aujourd’hui la Solennité, qui rappelle la Première Institution de la Cène.
In hac mensa novi Regis, novum Pascha novæ legis Phase vetus términat.
A cette Table du nouveau Roi, la nouvelle Pâque de la nouvelle Loi met fin à la Pâque antique.
Vetustátem nóvitas, umbram fugat véritas, noctem lux elíminat.
Au rite ancien succède le Nouveau, la Vérité chasse l’ombre, la Lumière dissipe la nuit.
Quod in cœna Christus gessit, faciéndum hoc expréssit in sui memóriam.
Ce que le Christ accomplit à la Cène, Il a ordonné de Le faire en mémoire de Lui.
Docti sacris institútis, panem, vinum in salútis consecrámus hóstiam.
Instruits par Ses ordres saints, nous consacrons le pain et le vin en l’Hostie du Salut.
Dogma datur Christiánis, quod in carnem transit panis et vinum in sánguinem.
C’est une Vérité proposée aux Chrétiens, que le pain devient la Chair et le vin le Sang du Christ.
Quod non capis, quod non vides, animosa fírmat fides, præter rerum órdinem.
Sans comprendre et sans voir, la foi vive l’atteste contre l’ordre habituel des choses.
Sub divérsis speciébus, signis tantum, et non rebus, latent res exímiæ.
Sous des espèces diverses, simples apparences et non réalités, se cachent des Réalités sublimes.
Caro cibus, sanguis potus : manet tamen Christus totus sub utráque spécie.
La Chair est nourriture, le Sang breuvage : cependant le Christ demeure tout entier, sous l’une et l’autre Espèce.
A suménte non concísus, non confráctus, non divísus : ínteger accípitur.
On Le reçoit sans Le diviser, ni Le briser, ni Le rompre : Il est reçu tout entier.
Sumit unus, sumunt mille : quantum isti, tantum ille : nec sumptus consúmitur.
Un seul Le reçoit, mille Le reçoivent : celui-là autant que ceux-ci : on s’en nourrit sans Le consumer.
Sumunt boni, sumunt mali sorte tamen inæquáli, vitæ vel intéritus.
Les bons Le reçoivent, les méchants aussi : mais que leur sort est différent, c’est la Vie ou c’est la mort !
Mors est malis, vita bonis : vide, paris sumptiónis quam sit dispar éxitus.
Mort pour les méchants, Vie pour les bons ; voyez combien du même Festin, différente est l’issue.
Fracto demum sacraménto, ne vacílles, sed meménto, tantum esse sub fragménto, quantum toto tégitur.
Si l’on divise la Sainte Hostie, n’hésitez pas, mais souvenez-vous qu’Il est autant sous chaque Parcelle que dans le Tout.
Nulla rei fit scissúra : signi tantum fit fractúra : qua nec status nec statúra signáti minúitur.
Du Corps divin nulle brisure : seul, le signe est rompu ; ni l’état, ni la grandeur de la Réalité signifiée n’est diminuée.
Ecce panis Angelórum, factus cibus viatórum : vere panis filiórum, non mitténdus cánibus.
Voici le Pain des Anges devenu l’aliment des hommes voyageurs : c’est vraiment le Pain des enfants, qui ne doit pas être jeté aux chiens.
In figúris præsignátur, cum Isaac immolátur : agnus paschæ deputátur : datur manna pátribus.
D’avance Il est désigné par des figures, l’immolation d’Isaac, l’Agneau Pascal, la manne donnée à nos pères.
Bone pastor, panis vere, Iesu, nostri miserére : tu nos pasce, nos tuére : tu nos bona fac vidére in terra vivéntium.
Bon Pasteur, Pain véritable, Jésus, ayez pitié de nous : Nourrissez-nous, gardez-nous, faites-nous jouir des vrais biens, dans la terre des vivants.
Tu, qui cuncta scis et vales : qui nos pascis hic mortáles : tuos ibi commensáles, coherédes et sodáles fac sanctórum cívium. Amen. Allelúia
Vous qui savez et pouvez tout, qui nous nourrissez en cette vie mortelle : faites de nous là-haut les commensaux, les cohéritiers et les compagnons des Saints du Ciel, ainsi soit-il. Alléluia.


ÉVANGILE : (Jean 6, 56-59)
« Mon désir est de vous communiquer ma Vie divine, nous dit Jésus. Moi, je tiens mon être, ma vie, tout, de mon Père, et je ne vis que pour Lui. Je désire d’un désir intense que, vous aussi, tenant tout de moi, vous ne viviez que pour moi. Votre vie corporelle se soutient et se développe par la nourriture : je veux être l'aliment de votre âme, pour entretenir et développer sa vie, qui est moi-même. Celui qui me mange vit de ma Vie ; je possède la plénitude de la Grâce et j'en fais participer ceux auxquels je me donne en nourriture » (Bx Columba Marmion) :

+ Sequéntia sancti Evangélii secúndum Ioánnem
+ Suite du Saint Évangile selon Saint Jean

In illo témpore : Dixit Iesus turbis Iudæórum : Caro mea vere est cibus et sanguis meus vere est potus. Qui mandúcat meam carnem et bibit meum sánguinem, in me manet et ego in illo. Sicu misit me vivens Pater, et ego vivo propter Patrem : et qui mandúcat me, et ipse vivet propter me. Hic est panis, qui de cælo descéndit. Non sicut manducavérunt patres vestri manna, et mórtui sunt. Qui manducat hunc panem, vivet in ætérnum.
En ce temps-là : Jésus, dit aux Juifs : Ma Chair est vraiment une nourriture, et mon Sang est vraiment un breuvage. Celui qui mange ma Chair et boit mon Sang demeure en moi, et moi en lui. Comme le Père qui m’a envoyé est vivant, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange vivra aussi par moi. C’est ici le Pain qui est descendu du Ciel. Ce n’est pas comme la manne que vos pères ont mangée, après quoi ils sont morts. Celui qui mange ce Pain vivra éternellement.


OFFERTOIRE : (Lévitique 21, 6)
Le pain et l'encens que le Prêtre offre sont des signes du don de notre cœur et de nos prières :
Sacerdótes Dómini incénsum et panes ófferunt Deo : et deo sancti erunt Deo suo, et non pólluent nomen eius, allelúia.
Les Prêtres du Seigneur offrent à Dieu l’encens et les pains : c’est pourquoi ils se conserveront Saints pour leur Dieu, et ils ne souilleront point son Nom, alléluia.


SECRÈTE :
Le Prêtre demande pour l’Église, dans la Secrète, l’unité et la paix qui sont la Grâce spéciale du divin Sacrement, comme l’enseignent les Pères d’après la composition même des Dons sacrés formés des grains nombreux du froment ou de la vigne réunis sous la meule ou le pressoir :
Ecclésiæ tuæ, quǽsumus, Dómine, unitátis et pacis propítius dona concéde : quæ sub oblátis munéribus mýstice designántur. Per Dóminum nostrum.
Nous Vous en supplions, Seigneur, accordez dans votre Bonté à votre Église les Dons de l’unité et de la paix : que figurent mystiquement les matières offertes en ce Sacrifice.


PRÉFACE du SAINT-SACREMENT :
La Préface suivante est dite le Jeudi Saint, à la Fête-Dieu, ainsi qu’aux Messes votives du Saint-Sacrement et Celles dites en réparation des injures faites au Sacrement de l’Eucharistie :

Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus : per Christum Dóminum nostrum, verum æternúmque Pontíficem, et solum sine peccáti mácula Sacerdótem.
Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre salut, de Vous rendre grâces toujours et partout, Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant : par le Christ notre Seigneur, le véritable et l’éternel Pontife, et le seul Prêtre que n’atteigne la souillure d’aucun péché.
Qui in novíssima cena formam sacrifícii perénnis instítuens, hóstiam se tibi primum óbtulit, et primus dócuit offérri. Cuius carne pro nobis, immoláta dum páscimur, roborámur, et fuso sánguine dum potámur, ablúimur.
Qui, instituant à la dernière Cène le rite du Sacrifice qui ne doit plus cesser, s’offrit Lui-même à Vous et nous initia Lui-même à cette offrande ; sa Chair immolée pour nous, quand nous La mangeons, nous fortifie, et son Sang pour nous répandu, quand nous Le buvons, nous purifie.
Et ídeo cum Angelis et Archángelis, cum Thronis et Dominatiónibus, cumque omni milítia cæléstis exércitus, hymnum glóriæ tuæ cánimus, sine fine dicéntes
C’est pourquoi, avec les Anges et les Archanges, avec les Trônes et les Dominations, avec la troupe entière de l’armée céleste, nous chantons une hymne à votre Gloire, redisant sans fin


COMMUNION : (1. Cor. 11, 26-27)
« Nous ne sommes pas dignes d'un tel Don ; mais une chose est d'y prendre part indignement en état de faute grave, une autre est de ne pas en être dignes. Tous nous en sommes indignes ; mais c'est Jésus qui nous invite, c'est Lui qui Le désire. Soyons donc humbles et recevons-Le d'un cœur rempli d'amour » (Saint Padre Pio) :
Quotiescúmque manducábitis panem hunc et cálicem bibétis, mortem Dómini annuntiábitis, donec véniat : itaque quicúmque manducáverit panem vel bíberit calicem Dómini indígne, reus erit córporis et sánguinis Dómini, allelúia.
Toutes les fois que vous mangerez ce Pain, et que vous boirez ce Calice, vous annoncerez la Mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’Il vienne : c’est pourquoi quiconque mangera ce Pain ou boira le Calice du Seigneur indignement, sera coupable d’avoir profané le Corps et le Sang du Seigneur, alléluia.


POSTCOMMUNION :
« Le but de la Communion est l'assimilation de ma vie à Celle de Jésus, ma transformation et ma conformation à Celui qui est Amour vivant » (Benoît XVI) :
Fac nos, quǽsumus, Dómine, divinitátis tuæ sempitérna fruitióne repléri : quam pretiósi Corporis et Sanguinis tui temporalis percéptio præfigúrat : Qui vivis…
Nous Vous en supplions, Seigneur, faites que nous soyons rassasiés par la jouissance éternelle de Votre divinité : jouissance dont la réception dans le temps, de votre précieux Corps et de votre Sang, nous est une figure à l’avance.


Voir l’ensemble du déroulement de « l’Ordinaire de la Messe de Saint Pie V » en latin et en français avec des explications selon l’Ordo Missae de 1962 afin de mieux assister au Saint Sacrifice de la Messe