Sainte Messe du Vingt-Deuxième Dimanche après la Pentecôte (Dominica Vigesima Secunda post Pentecosten) :


2ème classe - Ornements Verts

Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.

Le dépouillement de la nature, le retour du froid, le souvenir de nos Défunts et de notre propre misère, tout pourrait nous porter à une certaine mélancolie (Introït). Notre appel vers Dieu, qui veut être notre refuge (Collecte), ne doit en être que plus pressant. Car Dieu, qui nous purifie et nous sanctifie, achèvera en nous Son œuvre (Épître) si nous ne résistons pas à sa Grâce. Demandons la Grâce de pouvoir discerner ce qui est à César et ce qui est à Dieu. Croyons qu'à travers notre fidélité humble et patiente à tous nos devoirs quotidiens, Dieu agit et ravive en nous son Image.


INTROÏT : (Psaume 129, 3-4)
La conscience de la multitude de nos péchés loin de nous décourager, doit, nous inspirer une confiance encore plus grande envers la Divine Miséricorde :

Si iniquitátes observáveris, Dómine : Dómine, quis sustinébit ? quia apud te propitiátio est, Deus Israël.
Si Vous demandez un compte rigoureux des iniquités, Seigneur ; Seigneur, qui pourra soutenir votre Jugement ? Mais Vous aimez à pardonner, ô Dieu d’Israël.

Ps. 129, 1-2 : De profúndis clamávi ad te, Dómine : Dómine, exáudi vocem meam.
Ps. 129, 1-2 : Des profondeurs de ma misère, j’ai crié vers Vous, Seigneur ; Seigneur, exaucez ma voix.

V/. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen (Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme Il était au Commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il)

Puis on répète l'antienne « Si iniquitates observaveris, Domine » . Cette façon de répéter l'Introït s'observe pendant toute l'année.


COLLECTE :
Tout vient de Dieu : Il est l'unique Source de toutes les Grâces dont nous avons besoin en cette vie :
Deus, refúgium nostrum et virtus : adésto piis Ecclésiæ tuæ précibus, auctor ipse pietátis, et præsta ; ut, quod fidéliter pétimus, efficáciter consequámur. Per Dóminum.
Ô Dieu, notre Refuge et notre Force, écoutez favorablement les pieuses supplications de votre Église, vous l’Auteur même de toute pitié, et faites que nous obtenions sûrement ce que nous demandons avec Foi.


ÉPÎTRE : de Saint Paul aux Philippiens 1, 6-11
Saint Paul prie pour que grandisse en nous la charité et la connaissance de Dieu. Parce que l'amour a besoin d'être éclairé et guidé par la Foi  :

Léctio Epístolæ beáti Pauli Apóstoli ad Philippénses
Lecture de l’Épître du Bienheureux Apôtre Paul aux Philippiens

Fratres : Confídimus in Dómino Iesu, quia, qui cœpit in vobis opus bonum, perfíciet usque in diem Christi Iesu. Sicut est mihi iustum hoc sentíre pro ómnibus vobis : eo quod hábeam vos in corde, et in vínculis meis, etin defensióne, et confirmatióne Evangélii, sócios gáudii mei omnes vos esse. Testis enim mihi est Deus, quómodo cúpiam omnes vos in viscéribus Iesu Christi. Et hoc oro, ut cáritas vestra magis ac magis abúndet in sciéntia et in omni sensu : ut probétis potióra, ut sitis sincéri et sine offénsa in diem Christi, repléti fructu iustítiæ per Iesum Christum, in glóriam et laudem Dei.
Mes frères, j’ai confiance que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la perfectionnera jusqu’au jour du Christ Jésus. Et il est juste que j’aie ce sentiment de vous tous, parce que je vous ai dans mon cœur, vous qui, soit dans mes liens, soit dans la défense et l’affermissement de l’Évangile, participez tous à ma joie. Car Dieu m’est témoin combien je vous chéris tous dans les entrailles de Jésus-Christ. Et ce que je demande, c’est que votre charité abonde de plus en plus en connaissance et en toute intelligence, pour apprécier ce qui est meilleur, afin que vous soyez purs et irrépréhensibles pour le jour du Christ, étant remplis du fruit de justice par Jésus-Christ, pour la gloire et la louange de Dieu.


GRADUEL : (Psaume 132, 1-2)
L'huile descendant de la tête d'Aaron le grand prêtre est une image de la Charité qui se répand du Christ sur son Corps mystique qu'est l'Eglise  :
Ecce, quam bonum et quam iucúndum, habitáre fratres in unum !
Qu’il est bon, qu’il est doux pour des frères de vivre unis ensemble !
V/. Sicut unguéntum in cápite, quod descéndit in barbam, barbam Aaron.
V/. Comme le parfum répandu sur la tête d’Aaron, qui descendit sur sa barbe et sur son visage.


ALLÉLUIA : (Psaume 113, 11)
Le verset alléluiatique est emprunté au Psaume 113. Qui sont ceux qui mettent leur confiance non en eux-mêmes, non dans les trompeuses promesses humaines, mais dans le Seigneur ? Ce sont précisément les sages, ceux qui connaissent le néant des choses créées et la suprême Bonté de Dieu. Ce sont les âmes pénétrées d’un intime sentiment de la souveraine transcendance de Dieu : Voilà la Crainte de Dieu, fruit de la Présence du Saint-Esprit dans l’âme du Juste. Ces âmes ne sont certainement pas frustrées dans leur attente, puisque la mesure selon laquelle Dieu se donne aux âmes est celle de leur Foi en Lui  :
Allelúia, allelúia.
V/. Qui timent Dóminum sperent in eo : adiútor et protéctor eórum est. Allelúia.
V/. Que ceux qui craignent le Seigneur mettent en Lui leur Espérance, Il est leur Soutien et leur Protecteur. Alléluia.


ÉVANGILE : (selon Saint Matthieu 22, 15-21)
Jésus déjoue les pièges des pharisiens : Il nous enseigne que nos devoirs envers Dieu et envers l'État se distinguent sans s'opposer. Rendons à ce dernier ce qu'il demande légitimement sans oublier la Primauté de Dieu :

+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Matthǽum
+ Suite du Saint Évangile selon Saint Matthieu

In illo témpore : Abeúntes pharisǽi consílium iniérunt, ut cáperent Iesum in sermóne. Et mittunt ei discípulos suos cum Herodiánis, dicéntes : Magíster, scimus, quia verax es et viam Dei in veritáte doces, et non est tibi cura de áliquo : non enim réspicis persónam hóminum : dic ergo nobis, quid tibi vidétur, licet censum dare Cǽsari, an non ? Cógnita autem Iesus nequítia eórum, ait : Quid me tentátis, hypócritæ ? Osténdite mihi numísma census. At illi obtulérunt ei denárium. Et ait illis Iesus : Cuius est imágo hæc et superscríptio ? Dicunt ei : Cǽsaris. Tunc ait illis : Réddite ergo, quæ sunt Cǽsaris, Cǽsari ; et, quæ sunt Dei, Deo.
En ce temps-là, les pharisiens, s’étant retirés, tinrent conseil sur le moyen de surprendre Jésus dans ses Paroles. Et ils Lui envoyèrent leurs disciples avec les hérodiens, qui Lui dirent : Maître, nous savons que Vous êtes Véridique, et que Vous enseignez la Voie de Dieu dans la Vérité, sans Vous inquiéter de personne, car Vous ne regardez pas la condition des hommes. Dites-nous ce qu’il Vous en semble : Est-il permis de payer le tribut à César ou non ? Mais Jésus, connaissant leur malice, dit : Pourquoi me tentez-vous, hypocrites ? Montrez-moi la monnaie du tribut. Et ils Lui présentèrent un denier. Et Jésus leur dit : De qui est cette image et cette inscription ? Ils lui dirent : De César. Alors Il leur dit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.


OFFERTOIRE : (Esther 14, 12-13)
L’Église fait siennes les paroles de la reine Esther avant de s'approcher du Trône royal :
Recordáre mei, Dómine, omni potentátui dóminans : et da sermónem rectum in os meum, ut pláceant verba mea in conspéctu príncipis.
Souvenez-Vous de moi, Seigneur, Vous qui dominez toute puissance terrestre, et mettez sur mes lèvres un langage plein de droiture, en sorte que mes paroles, prononcées en présence de Celui qui est le Principe de toutes choses Lui soient agréables.


SECRÈTE :
La Secrète implore, conformément au caractère grave de la Messe, le pardon des péchés et la protection contre tous les maux :
Da, miséricors Deus : ut hæc salutáris oblátio et a própriis nos reátibus indesinénter expédiat, et ab ómnibus tueátur advérsis. Per Dóminum.
Faites, ô Dieu de Miséricorde, que cette oblation Salutaire nous délivre sans cesse de nos propres fautes et nous protège contre toute adversité.


PRÉFACE de la SAINTE TRINITÉ :
La Préface suivante est dite :

Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine sancte, Pater omnípotens, ætérne Deus.
Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre Salut, de Vous rendre grâces toujours et partout, Seigneur, Père Saint, Dieu Éternel et Tout-Puissant.
Qui cum Unigénito Fílio tuo et Spíritu Sancto unus es Deus, unus es Dóminus : non in uníus singularitáte persónæ, sed in uníus Trinitáte substántiæ.
Avec votre Fils Unique, et le Saint-Esprit, Vous êtes un seul Dieu, Un seul Seigneur, non dans l’unité d’une seule personne, mais dans la Trinité d’une seule substance.
Quod enim de tua glória, revelánte te, crédimus, hoc de Fílio tuo, hoc de Spíritu Sancto, sine discretióne sentímus.
Car ce que nous croyons au sujet de votre Gloire, sur la foi de votre Révélation, de votre Fils et du Saint-Esprit, nous le croyons aussi, sans aucune différence.
Ut, in confessióne veræ sempiternǽque Deitátis, et in persónis propríetas, et in esséntia únitas, et in maiestáte adorétur æquálitas.
En sorte que, confessant la vraie et éternelle Divinité, nous adorons et la propriété dans les Personnes et l’Unité dans l’essence et l’égalité dans la Majesté.
Quam laudant Angeli atque Archángeli, Chérubim quoque ac Séraphim, qui non cessant clamáre cotídie, una voce dicéntes :
C’est Elle que louent les Anges et les Archanges, les Chérubins avec les Séraphins, qui ne cessent chaque jour de chanter en disant d’une voix unanime :


COMMUNION : (Psaume 16, 6)
L’Antienne de la Communion nous donne à remarquer, pour nous porter à les imiter, la persévérance et l’instance des supplications de la Sainte Église :
Ego clamávi, quóniam exaudísti me, Deus : inclína aurem tuam et exáudi verba mea.
J’ai crié vers Vous, ô Dieu, parce que Vous m’avez exaucé ; inclinez Votre oreille vers moi et écoutez mes paroles.


POSTCOMMUNION :
En instituant l'Eucharistie, Jésus Lui-même a voulu venir en aide à notre faiblesse :
Súmpsimus, Dómine, sacri dona mystérii, humíliter deprecántes : ut, quæ in tui commemoratiónem nos fácere præcepísti, in nostræ profíciant infirmitátis auxílium : Qui vivis et regnas.
Nous avons reçu, Seigneur, les dons propres à ces Saints Mystères en Vous demandant humblement de faire servir de secours à notre faiblesse le Sacrifice que Vous nous avez prescrit d’offrir en mémoire de Vous.


Voir l’ensemble du déroulement de « l’Ordinaire de la Messe de Saint Pie V » en latin et en français avec des explications selon l’Ordo Missae de 1962 afin de mieux assister au Saint Sacrifice de la Messe


Dieu-et-Cesar-Matthieu-XXII-15-21.jpg

Voir également sur la question piège des Pharisiens et des Hérodiens à Notre Seigneur Jésus-Christ :
- La Prière sur la Primauté de Dieu (Matthieu 22, 15-21) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô Jésus, confirmez-moi dans l'obéissance à votre Loi Sainte et aux Préceptes de votre Église »
- La Méditation sur l'obligation de payer le tribut à César « Divin Jésus, remplissez-moi de l'Esprit de Prudence, afin que j'évite les pièges du monde et de l'enfer » de Monsieur l’Abbé de Brandt