Sainte « Messe du Dimanche de la Quinquagésime » (Dominica in Quinquagesima) :

2ème classe - Station à Saint-Pierre - Ornements violets
Nous voici à cinquante jours de Pâques. Aussi les chants de la Messe, abandonnant les cris de détresse des deux Dimanches précédents, affirment-ils notre confiance avec un avant-goût de la joie de Pâques. Quant au Bréviaire, il nous présente l'histoire d'Abraham : père du peuple choisi de Dieu, il est une figure du Christ qui, Lui, nous conduit à la véritable terre promise ; et « Père des croyants », il est un modèle de foi pour nous. Après les basiliques de Saint Laurent et de Saint Paul, c'est celle de Saint Pierre qui nous accueille aujourd'hui, en attendant d'inaugurer solennellement le Carême Dimanche prochain dans la Basilique du Saint-Sauveur (Saint-Jean-de-Latran). A cette progression dans la dignité des Basiliques répond la progression des leçons de l'Évangile de ces trois Dimanches : Appel, Enseignement, Illumination ; les trois étapes que doivent franchir les candidats au Baptême. Jésus monte à Jérusalem pour nous racheter par sa Mort et sa Résurrection ; aveuglés par notre péché, nous nous tenons sur le bord de la route, confiants d'être nous aussi guéris et illuminés.


INTROÏT : (Psaume30, 2-4)
Abraham, plein de confiance, quitte tout pour répondre à l'Appel de Dieu :

ESTO mihi in Deum protectórem, et in locum refúgii, ut salvum me fácias : quóniam firmaméntum meum et refúgium meum es tu : et propter nomen tuum dux mihi eris, et enútries me.
Soyez-moi un Dieu protecteur et une maison de refuge, afin que Vous me sauviez. Car Vous êtes ma force et mon refuge, et à cause de votre Nom, Vous serez mon guide et Vous me nourrirez.

Ps. 30, 2 : In te, Dómine, sperávi, non confúndar in ætérnum : in iustítia tua líbera me et éripe me.
Ps. 30, 2 : J’ai espéré en Vous, Seigneur : que je ne sois jamais confondu, dans votre Justice, délivrez-moi et sauvez-moi.

V/. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen (Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme Il était au Commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il)
Puis on répète l'antienne « ESTO » . Cette façon de répéter l'Introït s'observe pendant toute l'année.


COLLECTE :
PRECES nostras, quǽsumus, Dómine, cleménter exáudi : atque, a peccatórum vínculis absolútos, ab omni nos adversitáte custódi. Per Dóminum.
Nous Vous supplions, Seigneur, d’exaucer nos prières avec clémence, et après nous avoir dégagés des liens de nos péchés, gardez-nous de toute adversité.


ÉPITRE : (1 Cor. 13, 1-13)
Avant le début du Carême, Saint Paul nous rappelle notre grand devoir : la Charité toujours et partout. Croyons à cet Amour de Dieu qui veut nous envahir pour nous transformer, nous apprendre à aimer et rayonner autour de nous  :

Léctio Epístolæ beáti Páuli Apóstoli ad Corínthios
Lecture de l’Epître de Saint Paul Apôtre aux Corinthiens

FRATRES : Si linguis hóminum loquar et Angelórum, caritátem autem non hábeam, factus sum velut æs sonans aut cýmbalum tínniens. Et si habúero prophétiam, et nóverim mystéria ómnia et omnem sciéntiam : et si habúero omnem fidem, ita ut montes tránsferam, caritátem autem non habúero, nihil sum. Et si distribúero in cibos páuperum omnes facultátes meas, et si tradídero corpus meum, ita ut árdeam, caritátem autem non habuero, nihil mihi prodest. Cáritas patiens est, benígna est : cáritas non æmulátur, non agit pérperam, non inflátur, non est ambitiósa, non quærit quæ sua sunt, non irritátur, non cógitat malum, non gaudet super iniquitáte, congáudet autem veritáti : ómnia suifert, ómnia credit, ómnia sperat, ómnia sústinet. Cáritas numquam éxcidit : sive prophétiæ evacuabúntur, sive linguæ cessábunt, sive sciéntia destruétur. Ex parte enim cognóscimus, et ex parte prophetámus. Cum autem vénerit quod perféctum est, evacuábitur quod ex parte est. Cum essem párvulus, loquébar ut párvulus, sapiébam ut párvulus, cogitábam ut párvulus. Quando autem factus sum vir, evacuávi quæ erant párvuli. Vidémus nunc per spéculum in ænígmate : tunc autem fácie ad fáciem. Nunc cognósco ex parte : tunc autem cognóscam, sicut et cógnitus sum. Nunc autem manent fides, spes, cáritas, tria hæc : maior autem horum est cáritas.
Mes Frères : Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la Charité, je suis un airain qui résonne ou une cymbale qui retentit. Quand j’aurais le Don de prophétie, que je connaîtrais tous les Mystères, et que je posséderais toute science ; quand j’aurais même toute la Foi, jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas la Charité, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n’ai pas la Charité, tout cela ne me sert de rien La Charité est patiente, Elle est bonne ; la Charité n’est pas envieuse, la Charité n’est point inconsidérée, Elle ne s’enfle point d’orgueil ; Elle ne fait rien d’inconvenant, Elle ne cherche point son intérêt, Elle ne s’irrite point, Elle ne tient pas compte du mal ; Elle ne prend pas plaisir à l’injustice, mais Elle se réjouit de la vérité ; Elle excuse tout, Elle croit tout, Elle espère tout, Elle supporte tout. La Charité ne passera jamais. S’agit-il des prophéties, elles prendront fin ; des langues, elles cesseront ; de la science, elle aura son terme. Car nous ne connaissons qu’en partie, et nous ne prophétisons qu’en partie ; or, quand sera venu ce qui est parfait, ce qui est partiel prendra fin. Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; lorsque je suis devenu homme, j’ai laissé là ce qui était de l’enfant. Maintenant nous voyons dans un miroir, d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à Face ; aujourd’hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme je suis connu. Maintenant ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, la charité ; mais La plus grande des trois c’est la Charité.


GRADUEL : (Psaume 76, 15-16)
Dieu a prouvé son Amour pour son Peuple par ses « Merveilles ». Cet Amour est notre force et notre protection :
TU es Deus qui facis mirabília solus : notam fecísti in géntibus virtútem tuam.
Vous êtes le Dieu qui seul opérez des Merveilles. Vous avez fait connaître parmi les peuples votre Puissance.
V/. Liberásti in bráchio tuo pópulum tuum, fílios Israël et Ioseph.
V/. Vous avez racheté par Votre bras votre Peuple, les fils d’Israël et de Joseph.


TRAIT : (Psaume 99, 2-3)
Notre joie, c'est toujours ce même amour, qui nous a libérés du péché :
IUBILATE Deo, omnis terra : servíte Dómino in lætítia.
Acclamez Dieu, toute la terre : servez le Seigneur avec joie.
V/. Intráte in conspéctu eius in exsultatióne : scitóte, quod Dóminus ipse est Deus.
V/. Entrez en sa Présence avec allégresse ; sachez que c’est le Seigneur qui est Dieu.
V/. Ipse fecit nos, et non ipsi nos : nos autem pópulus eius, et oves páscuæ eius.
V/. C’est Lui qui nous a faits et nous pas nous-mêmes ; mais nous sommes son Peuple et les brebis de son Pâturage.


ÉVANGILE : (Luc 18, 31-43)
'' Première Annonce de la Passion et de la Résurrection : tout notre Carême sera une montée à Jérusalem, où doit être immolé le véritable Agneau Pascal. Comme les Apôtres, nous avons du mal à comprendre un tel Amour. Aussi, avec l'aveugle, demandons à Jésus d'ouvrir nos yeux à la Lumière de la Foi, et de nous délivrer de la captivité du péché et de l'erreur :

+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Lucam
+ Lecture du Saint Evangile selon Saint Luc

IN illo témpore : Assúmpsit Iesus duódecim, et ait illis : Ecce, ascéndimus Ierosólymam, et consummabúntur ómnia, quæ scripta sunt per Prophétas de Fílio hominis. Tradátur enim Géntibus, et illudétur, et flagellábitur, et conspuétur : et postquam flagelláverint, occídent eum, et tértia die resúrget. Et ipsi nihil horum intellexérunt, et erat verbum istud abscónditum ab eis, et non intellegébant quæ dicebántur. Factum est autem, cum appropinquáret Iéricho, cæcus quidam sedébat secus viam, mendícans. Et cum audíret turbam prætereúntem, interrogábat, quid hoc esset. Dixérunt autem ei, quod Iesus Nazarénus transíret. Et clamávit, dicens : Iesu, fili David, miserére mei. Et qui præíbant, increpábant eum, ut tacéret. Ipse vero multo magis clamábat : Fili David, miserére mei. Stans autem Iesus, iussit illum addúci ad se. Et cum appropinquásset, interrogávit illum, dicens : Quid tibi vis fáciam ? At ille dixit : Dómine, ut vídeam. Et Iesus dixit illi : Réspice, fides tua te salvum fecit. Et conféstim vidit, et sequebátur illum, magníficans Deum. Et omnis plebs ut vidit, dedit laudem Deo.
En ce temps-là, prenant auprès de Lui les Douze, Il leur dit : « Voici que nous montons à Jérusalem et que va s’accomplir pour le Fils de l’homme tout ce qui a été écrit par les prophètes. En effet, Il sera livré aux Gentils, sera bafoué, sera outragé, et sera couvert de crachats ; et, après L’avoir flagellé, on Le fera mourir, et Il ressuscitera le Troisième Jour ». Et eux ne comprirent rien à cela ; c’était pour eux un langage caché et ils ne savaient pas ce qui (leur) était dit. Comme Il approchait de Jéricho, il se trouva qu’un aveugle était assis sur le bord du chemin, qui mendiait. Entendant passer la foule, il demanda ce que c’était. On l’informa que c’était Jésus de Nazareth qui passait. Et il s’écria : « Jésus, Fils de David, ayez pitié de moi ! » Ceux qui marchaient devant lui commandèrent avec force de faire silence ; mais il criait beaucoup plus fort : « Fils de David, ayez pitié de moi ! » Jésus, s’étant arrêté, ordonna qu’on le Lui amenât ; et quand il se fut approché, Il lui demanda : « Que veux-tu que je te fasse ? » Il dit : « Seigneur, que je voie ! » Et Jésus lui dit : « Vois ! Ta foi t’a sauvé ». Et à l’instant il vit, et il Le suivait en glorifiant Dieu. Et tout le peuple, à cette vue donna louange à Dieu.


OFFERTOIRE : (Psaume 118, 12-13)
Tous les Commandements se résument dans Celui de l'Amour :
BENEDICTUS es, Dómine, doce me iustificatiónes tuas : in lábiis meis pronuntiávi ómnia iudícia oris tui.
Vous êtes béni, Seigneur, enseignez-moi vos Commandements ; j’ai prononcé de mes lèvres tous les Préceptes de votre Bouche.


SECRÈTE :
HÆC hóstia, Dómine, quǽsumus, emúndet nostra delícta : et, ad sacrifícium celebrándum, subditórum tibi córpora mentésque sanctíficet. Per Dóminum.
Nous Vous en supplions, Seigneur, faites que cette Hostie nous purifie de nos fautes et qu’Elle sanctifie les âmes et les corps de Vos serviteurs pour célébrer ce Sacrifice.


PRÉFACE DE LA SAINTE TRINITÉ :
La Préface suivante est dite :
Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus :
Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre Salut, de Vous rendre Grâces toujours et partout, Seigneur, Père Saint, Dieu Eternel et Tout-Puissant :

Qui cum Unigénito Fílio tuo et Spíritu Sancto unus es Deus, unus es Dóminus : non in uníus singularitáte persónæ, sed in uníus Trinitáte substántiæ.
Avec votre Fils unique, et le Saint-Esprit, Vous êtes un seul Dieu, Un seul Seigneur, non dans l’unité d’une seule personne, mais dans la Trinité d’une seule substance.

Quod enim de tua glória, revelánte te, crédimus, hoc de Fílio tuo, hoc de Spíritu Sancto, sine discretióne sentímus.
Car ce que nous croyons au sujet de votre Gloire, sur la foi de votre Révélation, de votre Fils et du Saint-Esprit, nous le croyons aussi, sans aucune différence.

Ut, in confessióne veræ sempiternǽque Deitátis, et in persónis propríetas, et in esséntia únitas, et in maiestáte adorétur æquálitas.
En sorte que, confessant la vraie et éternelle Divinité, nous adorons et la propriété dans les personnes et l’unité dans l’essence et l’égalité dans la majesté.

Quam laudant Angeli atque Archángeli, Chérubim quoque ac Séraphim, qui non cessant clamáre cotídie, una voce dicéntes :
C’est Elle que louent les Anges et les Archanges, les Chérubins avec les Séraphins, qui ne cessent chaque jour de chanter en disant d’une voix unanime :


COMMUNION : (Ps 77, 29-30)
Comme les Juifs dans leur marche à travers le désert, nous avons pour notre route vers le Ciel un Pain céleste, qui nous réconforte et purifie tous nos désirs :
MANDUCAVERUNT, et saturári sunt nimis, et desidérium eórum áttulit eis Dóminus : non sunt fraudáti a desidério suo.
Ils mangèrent et furent rassasiés à l’excès, et le Seigneur leur accorda ce qu’ils désiraient : ils ne furent point frustrés de leur désir.


POSTCOMMUNION :
L'Eucharistie veut être notre Force contre tout mal, surtout celui de ne pas aimer :
QUǼSUMUS, omnípotens Deus : ut, qui cæléstia aliménta percépimus, per hæc contra ómnia adversa muniámur. Per Dóminum.
Nous Vous en supplions, Dieu Tout Puissant, faites que nous soyons munis contre toute adversité grâce aux célestes Aliments que nous avons reçus.


Voir l’ensemble du déroulement de « l’Ordinaire de la Messe de Saint Pie V » en latin et en français avec des explications selon l’Ordo Missae de 1962 afin de mieux assister au Saint Sacrifice de la Messe