Sainte « Messe du Jour » de la Nativité du Seigneur (Ad tertiam Missam in die Nativitatis Domini) :

1ère classe - Ornements blancs - Station à Sainte-Marie-Majeure
Avec cette Troisième Messe, c'est la Naissance éternelle du Fils de Dieu dans le sein de son Père que l'Église veut célébrer. Aussi les textes continuent-ils de souligner avec émerveillement le paradoxe de l'Incarnation en même temps que le début de notre Rédemption : l'Enfant de Bethléem né de la Vierge Marie est le Fils éternel de Dieu, venu pour nous sauver.


INTROÏT : (Isaïe 9, 6)
Acclamation au Roi nouveau-Né. Il est « l'Ange du grand conseil », c'est-à-dire l'Envoyé du Ciel pour accomplir le Dessein salvifique de Dieu sur l'humanité, portant déjà « sur Son épaule » l'Instrument du Salut : la Croix :

PUER NATUS est nobis, et fílius datus est nobis : cuius impérium super húmerum eius : et vocábitur nomen eius magni consílii Angelus.
Un Enfant nous est né, un Fils nous est donné : la Souveraineté repose sur Son épaule : et on L’appellera le Messager d’en Haut.

Ps. 97, 1 : Cantáte Dómino cánticum novum, quia mirabília fecit.
Ps. 97, 1 : Chantez au Seigneur un chant nouveau, car Il a fait des Merveilles.

V/. Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto, sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen (Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme Il était au Commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il)
Puis on répète l'antienne « PUER NATUS » . Cette façon de répéter l'introït s'observe pendant toute l'année.


COLLECTE :
L’Église demande, dans la Collecte, que la nouvelle Naissance que le Fils éternel de Dieu a daigné prendre dans le temps, ne soit pas privée de son effet, mais qu’elle obtienne notre délivrance. L'obstacle entre Dieu et nous, c'est le péché. Demandons humblement à l'Enfant de la Crèche d'être délivrés d'un tel esclavage :
Concéde, quǽsumus, omnípotens Deus : ut nos Unigéniti tui nova per carnem Natívitas líberet ; quos sub peccáti iugo vetústa sérvitus tenet. Per eúndem Dóminum.
Nous Vous en prions, Dieu Tout Puissant, que Votre Fils éternel, par Sa nouvelle Naissance en notre chair, vienne nous délivrer de l’ancien esclavage qui nous maintient sous le joug du péché.


ÉPITRE : (Saint Paul aux Hébreux 1, 1-12)
En citant plusieurs passages de l'Ancien Testament, Saint Paul veut nous démontrer la Divinité du Christ et Sa supériorité infinie sur les anges. Il est le Fils de Dieu, l'Éternel et l'Immuable :

Lectio Epístolæ beati Páuli Apóstoli ad Hebrǽos
Lecture de l’Epître de Saint Paul Apôtre aux Hébreux

Multifáriam, multísque modis olim Deus loquens pátribus in Prophétis : novíssime diébus istis locútus est nobis in Fílio, quem constítuit herédem universórum, per quem fecit et sǽcula : qui cum sit splendor glóriæ, et figúra substántiæ eius, portánsque ómnia verbo virtútis suæ, purgatiónem peccatórum fáciens, sedet ad déxteram maiestátis in excélsis : tanto mélior Angelis efféctus, quanto differéntius præ illis nomen hereditávit. Cui enim dixit aliquándo Angelórum : Fílius meus es tu, ego hódie génui te ? Et rursum : Ego ero illi in patrem, et ipse erit mihi in fílium ? Et cum íterum introdúcit Primogénitum in orbem terræ, dicit : Et adórent eum omnes Angeli Dei. Et ad Angelos quidem dicit : Qui facit Angelos suos spíritus, et minístros suos flammam ignis. Ad Fílium autem : Thronus tuus, Deus, in sǽculum sǽculi : virga æquitátis, virga regni tui. Dilexísti iustítiam et odísti iniquitátem : proptérea unxit te Deus, Deus tuus, óleo exsultatiónis præ particípibus tuis. Et : Tu in princípio, Dómine, terram fundásti : et ópera mánuum tuárum sunt cæli. Ipsi períbunt, tu autem permanébis ; et omnes ut vestiméntum veteráscent : et velut amíctum mutábis eos, et mutabúntur : tu autem idem ipse es, et anni tui non defícient.
Après avoir, à plusieurs reprises et en diverses manières, parlé autrefois à nos pères par les Prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu’Il a établi Héritier de toutes choses, et par Lequel Il a aussi créé le monde. Ce Fils, qui est le Rayonnement de sa Gloire, l’Empreinte de sa Substance, et qui soutient toutes choses par Sa puissante Parole, après nous avoir purifiés de nos péchés, s’est assis à la Droite de la Majesté Divine au plus Haut des Cieux, d’autant plus Grand que les anges, que le Nom qu’Il possède est plus excellent que le leur. Auquel des anges en effet Dieu a-t-Il jamais dit : « Tu es mon Fils, aujourd’hui je T’ai engendré » ? Et encore « Je serai pour Lui un Père, et Il sera pour moi un Fils » ? Et lorsqu’Il introduit de nouveau dans le monde le Premier-Né, Il dit : « Que tous les anges de Dieu L’adorent ! » De plus, tandis qu’il est dit des anges : « Celui qui fait de Ses anges des vents, et de Ses serviteurs une flamme de feu », Il dit au Fils : « Ton trône, ô Dieu, est Éternel ; le sceptre de ta Royauté est un sceptre de droiture. Tu as aimé la justice et haï l’iniquité ; c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu T’a oint d’une huile d’allégresse au-dessus de tous Tes compagnons ». Et encore : « C’est Toi, Seigneur, qui as au Commencement fondé la terre, et les Cieux sont l’ouvrage de Tes mains ; ils périront, mais Tu demeures ; ils vieilliront tous comme un vêtement ; comme un manteau Tu les rouleras, et ils seront changés ; mais Toi, Tu restes le même, et Tes années ne s’épuiseront point ».


GRADUEL : (Psaume 97, 2-4)
Le Graduel est emprunté au Psaume 97. Le Seigneur a manifesté au monde le Divin Sauveur, et tous les peuples ont participé à cette Révélation. Ce n’est plus la seule Judée qui est invitée à louer Yahweh, qu’au début elle seule connaissait. La nouvelle rédemption doit être universelle, comme a été universel le péché, et devant Dieu ne compteront plus les barrières nationales qui divisent les Hébreux, les Grecs et les Romains ; l’Église sera Une et Catholique, c’est-à-dire Universelle :
Vidérunt omnes fines terræ salutare Dei nostri : iubiláte Deo, omnis terra.
Les extrémités de la terre ont vu le Sauveur envoyé par notre Dieu : terre entière, chante à Dieu ta joie.

V/. Notum fecit Dominus salutare suum : ante conspéctum géntium revelávit iustitiam suam.
V/. Le Seigneur a fait connaître son Œuvre de Salut : devant tous les peuples Il a montré sa Justice.


ALLÉLUIA :
Le Verset alléluiatique est pris dans la Liturgie Byzantine. Aujourd’hui brille pour nous un Jour Saint. Comme de toute éternité le Père engendra son Verbe au sein des splendeurs de sa Sainteté substantielle, ainsi aujourd’hui la Bienheureuse Vierge donne le jour au Rédempteur, qui, par son Incarnation, consacre le monde et sanctifie l’Église. Aujourd’hui une grande Lumière est descendue sur la terre, Lumière non seulement matérielle, mais aussi spirituelle. Jésus-Christ, Lumière de lumière, est venu pour dissiper les ténèbres du monde. Noël est une Fête de Lumière qui vient dissiper les ténèbres du péché :
Allelúia, allelúia.
V/. Dies sanctificátus illúxit nobis : veníte, gentes, et adoráte Dóminum : quia hódie descéndit lux magna super terram. Allelúia.
V/. Un Jour Saint a brillé sur nous : Nations, venez adorer le Seigneur, car aujourd’hui une grande Lumière est descendue sur terre. Alléluia.


ÉVANGILE : (Jean 1, 1-14)
Saint Jean nous parle de la double génération du Verbe, selon Sa nature divine et selon Sa nature humaine, et du choix que nous devons faire entre la Lumière et les ténèbres :

+ Sequéntia sancti Evangélii secundum Joánnem
+ Suite du Saint Évangile selon Saint Jean

In princípio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum, et Deus erat Verbum. Hoc erat in princípio apud Deum. Omnia per ipsum facta sunt : et sine ipso factum est nihil, quod factum est : in ipso vita erat, et vita erat lux hóminum : et lux in ténebris lucet, et ténebræ eam non comprehendérunt. Fuit homo missus a Deo, cui nomen erat Ioánnes. Hic venit in testimónium, ut testimónium perhibéret de lúmine, ut omnes créderent per illum. Non erat ille lux, sed ut testimónium perhibéret de lúmine. Erat lux vera, quæ illúminat omnem hóminem veniéntem in hunc mundum. In mundo erat, et mundus per ipsum factus est, et mundus eum non cognóvit. In própria venit, et sui eum non recepérunt. Quotquot autem recepérunt eum, dedit eis potestátem fílios Dei fíeri, his, qui credunt in nómine eius : qui non ex sanguínibus, neque ex voluntáte carnis, neque ex voluntáte viri, sed ex Deo nati sunt. (Hic genuflectitur) Et Verbum caro factum est, et habitávit in nobis : et vídimus glóriam eius, glóriam quasi Unigéniti a Patre, plenum grátiæ et veritátis.
Au Commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout par Lui a été fait, et sans Lui n’a été fait rien de ce qui existe. En Lui était la Vie, et la Vie était la Lumière des hommes, Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue. Il y eut un homme, envoyé de Dieu ; son nom était Jean. Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous crussent par lui : non que celui-ci fût la Lumière, mais il avait à rendre témoignage à la Lumière. La Lumière, la Vraie, Celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde. Il était dans le monde, et le monde par Lui a été fait, et le monde ne L’a pas connu. Il vint chez Lui, et les Siens ne L’ont pas reçu. Mais quant à tous ceux qui L’ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir Enfants de Dieu, à ceux qui croient en son Nom, qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu sont nés. (ici on fléchit le genou) Et le Verbe s’est fait chair, et Il a habité parmi nous, et nous avons vu sa Gloire, Gloire comme Celle qu’un Fils Unique tient de son Père, tout plein de Grâce et de Vérité.


OFFERTOIRE : (Psaume 88, 12-15)
A l’Offrande, la Sainte Église rappelle à l’Emmanuel que l’univers est son Ouvrage ; car Il a créé toutes choses. Les dons sont offerts, au milieu des nuages de l’encens. La pensée de l’Enfant de la Crèche domine toujours les sentiments de l’Église ; mais ses cantiques insistent sur la Puissance et la Grandeur du Dieu Incarné. « Cet Enfant qui vagit doucement, c'est Lui qui gouverne le monde, c'est Lui qui maîtrise les étoiles..., » (Dom Gérard) :
Tui sunt cæli et tua est terra : orbem terrárum et plenitúdinem eius tu fundásti : iustítia et iudícium præparátio sedis tuæ.
A Vous sont les Cieux, à Vous la terre : c’est Vous qui avez posé les fondations de l’univers, et créé ce qu’il renferme : votre Trône repose sur le droit et la justice.


SECRÈTE :
Obláta, Dómine, múnera, nova Unigéniti tui Nativitáte sanctífica : nosque a peccatórum nostrórum máculis emúnda. Per eúndem Dóminum nostrum.
Sanctifiez ces offrandes, Seigneur, par la nouvelle Naissance de votre Fils unique, et purifiez-nous des souillures de nos péchés.


PRÉFACE DE LA NATIVITÉ :
La Préface suivante est dite :
a) comme Préface propre aux Messes de la Nativité du Seigneur et de son Octave, ainsi qu’à la Fête de la Purification de la Bienheureuse Vierge Marie ;
b) comme Préface du Temps, pendant l’Octave de la Nativité du Seigneur, même aux Messes qui auraient une préface propre, excepté s’il s’agit d’une préface propre d’un mystère ou des Personnes divines ; et du 2 au 5 janvier :
Vere dignum et iustum est, æquum et salutáre, nos tibi semper et ubíque grátias ágere : Dómine, sancte Pater, omnípotens ætérne Deus :
Il est vraiment juste et nécessaire, c’est notre devoir et c’est notre salut, de Vous rendre Grâces toujours et partout, Seigneur, Père Saint, Dieu Éternel et Tout-Puissant :

Quia per incarnáti Verbi mystérium, nova mentis nostræ oculis lux tuæ claritátis infulsit ut, dum visibíliter Deum cognóscimus, per hunc in invisibílium amórem rapiámur.
Car par le Mystère de l’Incarnation du Verbe un nouveau Rayon de Votre splendeur a brillé aux yeux de notre âme afin que, connaissant Dieu sous une forme visible nous soyons ravis par Lui en l’amour des choses invisibles.

Et ídeo cum Angelis et Archángelis, cum Thronis et Dominatiónibus, cumque omni milítia cæléstis exércitus, hymnum glóriæ tuæ cánimus, sine fine dicéntes.
C’est pourquoi, avec les Anges et les Archanges, avec les Trônes et les Dominations, avec la troupe entière de l’armée céleste, nous chantons une hymne à votre Gloire, redisant sans fin.


COMMUNION : (Psaume 97, 3)
Pendant la Communion, le chœur chante le bonheur de la terre qui a vu aujourd’hui son Sauveur, par la Miséricorde du Verbe, devenu visible dans la chair, sans perdre rien de l’éclat de sa Gloire. L’Église ensuite, par la bouche du Prêtre, implore pour Ses enfants, nourris de la Chair de l’Agneau virginal, la participation à l’Immortalité du Christ, qui a daigné leur donner aujourd’hui les prémices d’une Vie toute divine, en prenant Lui-même une Naissance humaine dans Bethléhem. Jésus veut prendre possession de tous les recoins de notre cœur :
Vidérunt omnes fines terræ salutáre Dei nostri.
Les extrémités de la terre ont vu le Sauveur envoyé par notre Dieu.


POSTCOMMUNION :
Præsta, quǽsumus, omnípotens Deus : ut natus hódie Salvátor mundi, sicut divínæ nobis generatiónis est auctor ; ita et immortalitátis sit ipse largítor : Qui tecum vivit et regnat.
Dieu Tout Puissant, le Sauveur du monde, qui est né aujourd’hui, nous a fait naître à la Vie divine. Faites, nous Vous en prions, qu’Il nous accorde aussi le Don de l’Immortalité.


À cette Messe, on omet le dernier Évangile



Voir l’ensemble du déroulement de « l’Ordinaire de la Messe de Saint Pie V » en latin et en français avec des explications selon l’Ordo Missae de 1962 afin de mieux assister au Saint Sacrifice de la Messe